BNP Paribas étend son partenariat avec Mistral AI, avec une dimension conseil
Les spécialistes de l'éditeur seront désormais intégrés aux équipes de développement de projets IA de la banque, en vertu d'un droit de tirage figurant dans l'extension du contrat signé par BNP Paribas.
PublicitéLa première banque française, BNP Paribas, conforte ce qu'elle présente comme une relation partenariale avec l'éditeur Mistral AI, dont elle est par ailleurs actionnaire depuis 2023. Dans les faits, le nouveau contrat comporte trois volets : l'accès aux modèles de Mistral évidemment - ce que prévoyait déjà un précédent accord signé en juillet 2024 -, l'accès aux logiciels de Mistral permettant d'exploiter ces modèles (notamment AI Studio, lancé en octobre dernier), mais aussi du conseil technologique, avec des data scientists et ingénieurs de l'éditeur appelés à rejoindre ses équipes de développement, au sein des différentes entités de la banque. Marc Camus, le DSI groupe de BNP Paribas, parle ainsi d'un « droit de tirage » s'étalant sur toute la durée du contrat. Le montant de ce nouveau contrat, d'une durée de trois ans, n'a pas été précisé par le groupe bancaire.

Marc Camus, le DSI groupe de BNP Paribas depuis avril 2025. (Photo : Thomas Léaud)
« Nous sommes convaincus que, pour bénéficier pleinement de l'IA, nous avons besoin de transformer nos processus, reprend Marc Camus. Nous allons effectuer ce travail en partie avec les équipes de Mistral. » Du côté de la banque de détail, Sophie Heller, directrice de la transformation, indique notamment cibler les processus dits KYC (Know your customer) et les optimisations de processus de bout en bout. Ainsi, chez Fortis, la banque belge de détail du groupe, deux premiers agents ont été développés sous forme de PoC avec la technologie Mistral : le premier pour préremplir des informations clients, le second pour appliquer des contrôles avant intégration dans le back-office. « Les résultats sont très prometteurs, en termes de qualité, de vitesse et de diminution des efforts demandés aux clients, assure la responsable. Même si réinventer les processus avec les LLM n'est pas un dogme en interne. » Comme l'indique Charles Holive, chief AI officer de la banque d'investissement (CIB, Corporate and Institutional Banking), il s'agit de repenser l'architecture des processus en les décomposant en micro-tâches, puis de trouver, pour chacune d'entre elles, « l'intelligence qui constitue la meilleure option, et Mistral en est un bon exemple. »
Petits modèles, petits prix
Si BNP Paribas travaille avec d'autres acteurs du marché sur ce sujet de l'IA générative (Microsoft, OpenAI et Google), l'accord avec le Français apparaît comme une option privilégiée pour les déploiements on-premise, au sein des datacenters du groupe, adaptés aux données sensibles en termes de sécurité et de conformité, et pour l'accès à des modèles de plus petite taille. Un point clef pour maîtriser les coûts et l'empreinte environnementale des usages. « La qualité du modèle ne fait pas tout, dit Charles Holive. De la même façon que vous avez différents niveaux d'employés, vous allez avoir différents niveaux de tokens. » D'autant que, comme le dit Corentin Petit, le directeur de l'équipe solutions de Mistral, « les plus petits modèles sont plus facilement adaptables à des besoins spécifiques ».
PublicitéLe contrat passé entre Mistral et BNP Paribas est symbolique de l'évolution prise par l'éditeur français, tournée vers l'accompagnement de grandes organisations dans l'implémentation de ses technologies. Selon Corentin Petit, plus d'une centaine de contrats de ce type ont déjà été signés par la société fondée en 2023 par Timothée Lacroix, Guillaume Lample et Arthur Mensch. Et l'équipe solutions compte déjà quelque 250 personnes.
Article rédigé par
Reynald Fléchaux, Rédacteur en chef CIO
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