L'Ugap désormais comptable de l'indépendance numérique
Le nouveau contrat de la centrale d'achat passé avec l'État intègre des objectifs relatifs à la souveraineté numérique. L'Ugap déploie un assistant basé sur Mistral pour guider les acheteurs publics vers les offres répondant à ces critères.
PublicitéPressé d'accélérer la mise en oeuvre de sa stratégie d'indépendance numérique de l'État, le gouvernement confie à l'Ugap, un objectif de « valorisation des solutions françaises et européennes dans les marchés publics », selon le ministre chargé de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, qui assure la tutelle de la centrale d'achat public aux côtés du ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray. Le suivi de cet objectif sera assuré par un indicateur dédié, en cours de définition au sein d'un groupe de travail commun à l'Ugap et à la DAE (Direction des achats de l'État).
Dans son contrat d'objectifs et de performance (COP) sur la période 2026-2028, l'Ugap devra renforcer sa contribution « aux enjeux de souveraineté, notamment dans le domaine numérique, en soutenant les filières françaises et européennes et en aidant les acheteurs publics à identifier, maîtriser et réduire leurs dépendances critiques », écrivent les deux ministres en avant-propos de ce document. D'ici au premier semestre 2027, la centrale d'achat s'attachera à cartographier les segments prioritaires devant intégrer ces enjeux de souveraineté et de réduction des dépendances directement dans la conception des marchés.
Mistral pour mettre en avant les offres souveraines
La démarche doit prendre en compte « l'origine des entreprises, les lieux de fabrication, la composition capitalistique des entreprises », précise le COP. « Dans le champ spécifique du numérique, l'Ugap portera une attention particulière aux enjeux d'hébergement, de traitement et de protection des données en application des dispositions de la loi SREN et aux enjeux de réduction des dépendances technologiques, et mettra en évidence les solutions innovantes issues de l'écosystème français et européen », ajoute le document. Rappelons que, via un décret d'application paru le 14 avril dernier, l'article 31 de cette loi précise notamment que les administrations de l'État, certains opérateurs et groupements d'intérêt public doivent recourir à des services cloud certifiés SecNumCloud pour leurs données sensibles.
Le contrat passé par l'Ugap avec l'État prévoit encore que le site web de la centrale d'achat propose, dès le second semestre de cette année, des outils « favorisant la mise en avant et la promotion commerciale des biens et services mis en vente correspondant à des solutions souveraines nationales ou européennes ». Un chemin dans lequel l'Ugap s'est déjà récemment engagé : pour simplifier la lisibilité de de son marché multiéditeurs, qui en recense plus de 2300, la centrale d'achat déploie un assistant basé sur un modèle de Mistral AI permettant de formuler un besoin en langage naturel et de recevoir une liste de propositions, couplées à un indice de confiance, matérialisant le caractère plus ou moins souverain des offres.
PublicitéOracle privé d'extensions de périmètre
Avant même la signature de ce contrat d'objectifs et de performance, l'Ugap a également lancé la révision de son contrat avec Oracle, révision qui interdira toute extension de périmètre sur les offres de l'éditeur américain. Ce futur marché, tourné uniquement vers la maintenance de l'existant, devrait voir le jour en mars prochain ou six mois plus tard, expliquait récemment dans nos colonnes Frédéric Trinquecoste, le directeur des achats IT de l'Ugap. L'informatique - toutes composantes confondues - pèse 41% des 6,4 Md€ de dépenses qui sont passées par la centrale d'achat l'an dernier.
Article rédigé par
Reynald Fléchaux, Rédacteur en chef CIO
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