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Walter Arnaud devient Dinum ; l'Etat accélère dans la création de l'Ariane

Walter Arnaud devient Dinum ; l'Etat accélère dans la création de l'Ariane
De gauche à droite : Walter Arnaud, nouveau Directeur interministériel du numérique, et Pierre Bouillon, nouveau délégué interministériel de la transformation publique. (Photo : D.R.)

Les deux chargés de mission, censés repenser les rôles de la Dinum et de la DITP, en prennent la tête, suite au conseil des ministres du 10 juin. Le signe de la volonté du gouvernement d'accélérer dans la reprise en main de la stratégie numérique de l'Etat.

PublicitéLe gouvernement presse le pas dans la reprise en main de sa politique numérique. Alors qu'ils devaient jusqu'alors conduire de simples missions de préfiguration de deux directions clefs pour celle-ci, Walter Arnaud et Pierre Bouillon vont en prendre la direction, devenant respectivement Dinum (Directeur interministériel de l'Etat) et délégué interministériel de la transformation publique. Les deux directions qu'ils viennent coiffer, la Dinum et la DITP, sont présentées, aux côtés de l'Anssi, comme le socle de la future architecture pilotant la stratégie numérique de l'État.

Jusqu'alors adjoint au directeur de l'industrie de défense à la direction générale de l'armement (DGA), Walter Arnaud prendra la tête de la DSI de l'Etat à compter du 24 juin, selon un décret publié le 10 juin. Il y remplace Stéphanie Schaer qui occupait ce poste depuis septembre 2022. Le bilan de cette dernière restera marqué par des avancées sur les communs numériques (notamment avec LaSuite, une alternative Open Source à Microsoft Office, ou avec la création d'un consortium européen sur ce sujet, l'Edic Digital Commons), mais aussi par l'incapacité chronique de la Dinum à réellement imposer des choix d'architecture et de méthodologie aux divers ministères et administrations. Comme l'a encore montré, récemment, les dérives du projet XPN - Scribe au ministère de l'Intérieur. Dans un post LinkedIn, le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, souligne que la vocation de la Dinum est de devenir une « véritable CTO de l'Etat ». Et y associe quelques priorités : « standards communs, socle technique, cohérence des investissements, réduction des dépendances technologiques. » Autant de domaines sur lesquels l'action de la Dinum reste, pour l'heure, assez incantatoire.

La Dinum devient l'Ariane, architecte des choix technologiques de l'Etat

De son côté, Pierre Bouillon, ex- directeur de cabinet de Clara Chappaz, quand elle était ministre chargée de l'IA et du numérique, et depuis chargé de mission IA à la mairie de Paris, prend la tête de la DITP à compter du 24 juin. L'énarque y remplace Thierry Lambert, un inspecteur des finances qui occupait ce poste depuis près de 7 ans.

La future stratégie numérique de l'Etat ne se traduira pas par une fusion de la Dinum (environ 230 agents) et de la DITP (180 personnes, consultants y compris), même si le Premier ministre avait bien annoncé, le 30 avril, un mariage des deux directions. D'un côté, la DSI de l'Etat doit évoluer vers une future Autorité nationale du numérique et de l'intelligence artificielle de l'État (Ariane), jouant un rôle d'architecte dans les choix technologiques. De l'autre, la direction chargée de la transformation publique est appelée à devenir une Direction des services publics, focalisée sur la qualité du service rendu aux usagers, intégrant au passage certaines missions relevant jusqu'à présent de la Dinum.

PublicitéVers une Anssi repensée ?

Pour l'instant, le gouvernement ne donne pas d'indication précise sur l'évolution de son bras armé dans la cyber, l'Agence nationale pour la sécurité des systèmes d'information (Anssi), récemment sous le feu des critiques suite aux cyberattaques ayant frappé des administrations comme la DGFiP ou l'ANTS. Lors de leur audition devant une commission de l'Assemblée nationale, fin mai, les ministres Anne Le Hénanff (IA et Numérique) et David Amiel (Action et comptes publics) avaient confirmé que cette entité avait vocation à jouer un rôle dans la remise en cohérence des pratiques des différents ministères. « Depuis des décennies, les systèmes d'information des ministères ont fonctionné en silos, avec une relative autonomie pour le développement et la protection cyber, avait rappelé Anne Le Hénanff. Aujourd'hui, au regard du nombre d'attaques et en tenant compte de leur qualité [...], le Premier ministre a décidé de ramener une cohérence sous son contrôle qui impliquera et l'Anssi, et la Dinum et la DITP. »

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