Pour Wired, la France est à la pointe de la volonté d'indépendance tech de l'Europe
D'après le magazine Wired, la France est l'instigatrice de l'initiative européenne visant à renforcer sa souveraineté technologique, motivée par le retour de Donald Trump au pouvoir.
PublicitéLa France apparaît désormais comme le pays le plus avancé dans la construction d'alternatives numériques souveraines, selon les médias américains. Des administrations publiques aux collectivités locales, l'Hexagone multiplie les initiatives pour remplacer les outils de Microsoft, Zoom ou Google par des solutions françaises, européennes ou open source.
Chef de file européen de l'émancipation numérique
Dans un article consacré aux tensions croissantes entre l'Europe et les géants américains du numérique, le magazine américain Wired présente l'Hexagone comme le moteur du mouvement continental visant à réduire la dépendance aux plateformes de la Silicon Valley.
D'après le média américain, qui a notamment interviewé Stéphanie Schaer, la directrice interministérielle du numérique, cette accélération s'explique notamment par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et par les tensions géopolitiques qui en découlent. La dépendance aux technologies américaines suscite de nouvelles inquiétudes en Europe, autant sur la protection des données que sur la capacité des États-Unis à se servir de sa mainmise sur les infrastructures numériques pour peser sur les décisions européennes.
Dans ce contexte, la France apparaît comme le laboratoire le plus offensif de la réplique du Vieux Continent. L'État français a officiellement engagé une transition visant à réduire l'usage des plateformes américaines dans les administrations publiques. D'ici 2027, plusieurs services devront progressivement abandonner des outils comme Microsoft Teams ou Zoom au profit de solutions françaises, européennes ou open source.
Cette stratégie est d'ailleurs déjà en cours de déploiement. Plus de 40 000 fonctionnaires utilisent désormais Visio, une plateforme de visioconférence développée en France. Le gouvernement mise également sur LaSuite, un ensemble d'outils collaboratifs offrant une alternative à Office 365 et porté par la Dinum, la Direction interministérielle du numérique.
L'objectif n'est pas seulement technologique. Pour les autorités françaises, l'enjeu concerne aussi la maîtrise des données sensibles. Les données les plus sensibles des administrations doivent être hébergées en France auprès d'opérateurs certifiés par l'Anssi, l'agence nationale chargée des sujets de cybersécurité. Conformément à cette démarche, le décret d'application très attendu de l'article 31 de la loi SREN - publié mi-avril -, relatif à l'hébergement de données sensibles dans le cloud, impose un hébergement SecNumCloud à un nombre grandissant services de l'Etat.
PublicitéUne dynamique qui sert d'exemple
Vu des États-Unis, cette stratégie française fait désormais figure d'exemple en Europe. Wired souligne que plusieurs pays européens suivent la même direction, notamment les Pays-Bas, le Danemark ou l'Allemagne. En décembre dernier, huit États européens ont également annoncé un partenariat destiné à renforcer leur souveraineté technologique.
Malgré cette dynamique, l'Europe reste encore largement dépendante des Big Tech américaines. Plus de 80% des dépenses logicielles européennes profitent toujours à des entreprises américaines d'après le rapport « European Software and cyber dependencies » du Parlement Européen.
Article rédigé par
Hanna Elgodjam, Journaliste
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