Pour soigner sa gestion de brevets, Roche prescrit de l'agentique
Pour faire face à une gestion de brevets de plus en plus nombreux, le laboratoire pharmaceutique suisse Roche ont développé une plateforme agentique et un modèle de fondation pour doper la gestion de brevets.
PublicitéDans l'industrie pharmaceutique, la propriété intellectuelle est un enjeu stratégique, sensible et complexe. Le laboratoire suisse Roche déposent environ 700 brevets auprès de l'Office européen des brevets (OEB). Un volume qui ne fait que croître chaque année. À cela s'ajoute la perspective du grand « précipice des brevets » (patent cliff) de 2030. En effet, dans le monde, près de 200 brevets tomberont d'ici 4 ans avec à la clé, une chute potentielle de revenus estimée à un total supérieur à 200 Md€.
Pour accélérer et optimiser ce suivi stratégique des brevets qui repose en grande partie sur de la recherche et de l'analyse de documents légaux en général à partir de simples mots clés, a conçu avec Dataiku, éditeur d'outils d'automatisation de processus par RPA et IA, un modèle fondation et une plateforme d'IA agentique appelée Themis PatAI, mutualisée et accessible à tous les juristes du groupe via une interface unique. Le projet a été développé dès le départ en collaboration avec les juristes spécialistes des brevets de l'entreprise avec les outils de low code de Dataiku, et même avec des citizen developpers du groupe pour enrichir les agents.
Un modèle fondation et une plateforme agentique
Le projet avait pour objectif de « fournir aux conseils en propriété industrielle une interface unique et intuitive pour chaque question de recherche, capable de sélectionner automatiquement la méthode d'analyse appropriée et de préserver le contexte lors des questions de suivi », comme le précise le communiqué. L'industriel avait en effet déjà développé depuis 2021 plusieurs outils de GenAI au service de la recherche en propriété industrielle. Mais face à cette accumulation d'outils, les juristes avaient de plus en plus de difficultés à accéder à ceux dont ils avaient besoin, devaient souvent envoyer la même requête à différents outils et enfin devaient reconstituer manuellement le contexte global de l'affaire traitée. Autre défaut de ces systèmes IA, ils utilisaient des méthodes hétérogènes. Enfin, toute cette complexité a empêché l'entreprise de maintenir une gouvernance et un contrôle cohérents des dossiers les plus sensibles. Résultat : les équipes juridiques devaient régulièrement faire appel à des consultants externes pour sortir de cette complexité.
Autant de raisons qui ont conduit Roche à travailler sur son modèle de fondation et sa plateforme agentique afin de disposer d'un espace unifié qui regroupe l'ensemble des fonctions d'IA spécialisées dans le traitement des brevets. Aujourd'hui, lorsqu'un juriste envoie une requête, la solution peut en appeler au RAG, à la recherche plein texte et au deep search (tâches de recherche complexes réalisées en autonomie par le modèle d'IA) pour investiguer les connaissances sur le domaine via le modèle de fondation préentraîné sur les bases de connaissance de Roche. La plateforme Dataiku choisit automatiquement la meilleure des trois méthodes en fonction de la requête, en conservant le contexte tout au long de l'opération. Enfin, les contrôles d'accès, la traçabilité ou la gouvernance ont été embarqués dans le système dès sa conception.
PublicitéPlus de 320 000 euros économisés
Selon l'éditeur, le système traite une centaine de requêtes hebdomadaires et le laboratoire Roche estiment économiser par ce biais entre 375 000 et 475 000 $ (320 000 et 400 000 euros) en conseil spécialisé. L'industriel compte donc étendre l'utilisation de la plateforme de 80 à 250 avocats et assistants juridiques.
Article rédigé par
Emmanuelle Delsol, Journaliste
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