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Airbus fait atterrir son deuxième supercalculateur à Hambourg

Airbus fait atterrir son deuxième supercalculateur à Hambourg
Le supercalculateur Sequana HX3000 de Bull, au cœur des deux datacenters modulaires d'Airbus sur ses sites de Toulouse et d'Hambourg. (Photo : Airbus)

L'industriel aéronautique a mis en service depuis le 1er janvier 2026 sur son site de Hambourg son deuxième supercalculateur Bull Sequana HX3000. Remplaçant ceux de HPE, ils répondent aux besoins d'Airbus en simulation aérodynamique, aéro-acoustique, mécanique des structures et de propulsion.

PublicitéAprès avoir fait confiance à HPE pour ses deux systèmes HPC (dont il est client depuis 24 ans), l'industriel aéronautique a changé son fusil d'épaule en 2024 pour se tourner vers le Français Eviden Bull. Le contrat signé à l'époque - pour 5 ans - prévoyait la livraison de deux supercalculateurs, pour remplacer ceux installés sur ses deux sites de Toulouse et de Hambourg. Si la mise en service du premier a eu lieu en décembre 2025, on était sans nouvelle de l'installation sur le site allemand, qui vient finalement d'être annoncée. Si Bull n'a communiqué l'information que le 19 mai, la livraison de ce deuxième supercalculateur de classe exascale Sequana HX3000 a en réalité eu lieu le 1er janvier dernier, nous a indiqué une porte-parole de l'avionneur. Soit presque en même temps que le premier. La fourniture de ces systèmes Bull s'appuie sur un modèle de HPC as a service pour un prix global de 100 M€.

Le Sequana HX3000 de Bull (lancés en 2022) est une plateforme modulaire et ouverte, capable d'atteindre jusqu'à 1 Exaflops en double précision pour les simulations scientifiques, et jusqu'à 10 Exaflops en demi-précision pour les workloads IA. Il affiche une densité de calcul de 1,6 Pflops par mètre carré, jusqu'à six fois supérieure à celle de son prédécesseur, le XH2000. Son programme OpenSequana permet d'intégrer les puces (CPU, GPU, voire QPU pour le quantique) des principaux fournisseurs : AMD, Intel, Nvidia, ainsi que le processeur français SiPearl. Pour la configuration d'Airbus, ce sont des lames de calcul dotées de processeurs Epyc AMD (Genoa et Turin) et de GPU Nvidia, qui ont été retenues. Interrogés sur des précisions techniques complémentaires, ni Airbus ni Bull n'ont été en mesure de répondre à nos questions. En novembre dernier, Eviden avait lancé le Sequana XH3500, successeur direct du XH3000, offrant 80% de puissance électrique supplémentaire et 30% de capacité de refroidissement en plus par mètre carré, dans le même encombrement. Selon notre confrère britannique The Register, les Sequana HX3000 d'Airbus s'appuient sur une infrastructure de stockage IBM et ses appliances Storage Scale System, ainsi qu'une interconnexion InfiniBand NDR (Next Data Rate) Nvidia supportant jusqu'à 400 Gbps par port. L'efficacité énergétique du système est optimisée avec les technologies de refroidissement liquide direct à eau tiède dont l'échange thermique permet de chauffer des bâtiments voisins.

Des débouchés en jumeaux numérique, algorithmes quantiques et IA

Par rapport aux précédents modèles de HPE, les deux nouveaux systèmes HPC, préintégrés dans des datacenters modulaires (dans l'usine de Bull à Angers) décuplent les capacités du groupe industriel pour ses besoins de calcul et de simulation. Conçues pour fonctionner comme un seul système, leurs charges de travail sont pour autant indépendantes, même si un planificateur de tâches sélectionne un site ou l'autre en fonction des ressources disponibles. « La plateforme associe une partition de plusieurs centaines de milliers de coeurs CPU, permettant ainsi de tripler la capacité de calcul par rapport à l'infrastructure précédente », indique la porte-parole d'Airbus. Ces environnements répondront en particulier aux besoins en simulation de conception aérodynamique, aéroacoustique (cockpit, fuselage, cabine, etc.), mécanique des structures, et propulsion.

PublicitéSelon The Register, le groupe compte aussi exploiter son nouveau système HPC pour ses projets de jumeaux numériques « grâce auxquels les hélicoptères et autres aéronefs qu'il développe seront non seulement conçus à l'aide du système, mais dont la cellule entière sera également simulée sur ordinateur [...] L'un des outils qu'il est susceptible d'utiliser est le logiciel de dynamique des fluides computationnelle (CFD) CODA, développé conjointement par le Centre aérospatial allemand (DLR), l'Office national de l'aéronautique et de l'espace (ONERA) et Airbus lui-même. » L'avionneur envisagerait par ailleurs de s'appuyer aussi sur Bull pour développer des algorithmes quantiques et IA.

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