Stratégie

Open source : la première réponse de l'Europe à la dépendance numérique

Open source : la première réponse de l'Europe à la dépendance numérique
Avec l’open source, l’Europe veut limiter sa dépendance à la technologie américaine, qui représente une dépense de 264 Md€ par an, selon une étude. (Crédit : Guillaume Périgois/Unsplash)

La future stratégie European open digital ecosystem traduit une prise de conscience à Bruxelles : la souveraineté numérique passe par la maîtrise des services cloud et du logiciel. Si l'open source apparait comme un levier crédible, son efficacité dépendra de la capacité de l'UE à structurer et financer durablement son écosystème.

PublicitéLe 6 janvier 2026, la Commission européenne a lancé un « Call for Evidence » (appel à commentaires), premier pas vers une stratégie européenne open source. Bruxelles s'inquiète d'une dépendance technologique qui conduit à la hausse des prix des logiciels et services cloud, impactant la santé des entreprises utilisatrices ainsi que le développement du secteur numérique européen, d'après l'étude Asterès sur la dépendance technologique au software et cloud services américains.

L'initiative European open digital ecosystem, complétant le Cloud and AI Development Act, est attendue au premier trimestre 2026. Bien que l'UE possède l'un des plus grands écosystèmes de communautés de développeurs open source, ce sont surtout les géants hors UE qui bénéficient de la valeur ajoutée. Un modèle déséquilibré.

La consultation publique ouverte par Bruxelles se déroule jusqu'au 3 février 2026. Elle s'adresse notamment aux contributeurs individuels, administrations publiques ou encore institutions de recherches et les invite à donner leur avis pour mieux identifier les obstacles à l'adoption de l'open source. L'appel à commentaires a déjà suscité un engouement majeur, avec environ 370 réponses en moins d'une semaine. Parmi les questions, la Commission s'intéresse aux forces et faiblesses du secteur ou encore aux mesures pouvant être mises en place pour soutenir le développement de l'open source. La démarche traduit le changement de cap de l'Union européenne dans son approche de l'open source, afin d'en faire un levier économique et d'assurer sa souveraineté numérique.

Nouveau pilier de la souveraineté numérique européenne

La Commission européenne s'était déjà penchée sur une telle stratégie et avait notamment élaboré une première version en 2020, à la suite de discussions à Bruxelles. Une première ébauche à laquelle elle n'avait pas donné suite, car d'une part, elle ne se basait que sur l'adoption de l'open source en interne (au sein même de la Commission), et non pas sur une politique industrielle, et d'autre part, « le contexte international a eu le temps d'évoluer suscitant un sentiment d'urgence dans la mise au point de la stratégie », confie Stéfane Fermigier, co-président du CNLL (Conseil National du Logiciel Libre qui représente la filiale du logiciel libre en France). Si cette ébauche est maintenant obsolète, elle a néanmoins permis de prendre conscience des besoins essentiels à la viabilité d'une stratégie de l'open source. Dans ce contexte, le CNLL espère que l'open source devienne enfin un instrument de souveraineté industrielle : « nous appelons à ce que la nouvelle initiative opère ce basculement », insiste le CNLL.

La Commission admet que ses programmes de financement actuels, tels que Next Generation Internet, RISC-V et GenAI4EU, ne sont pas suffisants, et prévoit donc d'encourager les acteurs à contribuer activement aux communautés open source et à soutenir les entreprises spécialisées. D'après l'OSSRA (Open Source Security and Risk Analysis), entre 70 et 90% des logiciels modernes sont basés sur des éléments open source.

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