L'Etat sur Linux ? La Dinum rejoue le numéro du village gaulois
Avec Securix et Bureautix, la Direction interministérielle du numérique veut basculer d'ici fin de l'année ses 250 PC sur NixOS. En espérant faire tache d'huile au sein de l'administration d'Etat, au sein de laquelle coexistent d'autres initiatives sur le poste de travail Linux.
PublicitéUne migration de l'Etat vers des postes de travail Linux ? Ne nous emballons pas ! Dans une conférence vendredi dernier, la Direction interministérielle du numérique (Dinum) est revenue sur son annonce de poste de travail sous Linux, qui concerne non pas les 2,6 millions d'agents de la fonction publique d'Etat mais, plus modestement, ses 250 agents, qui doivent basculer vers l'OS libre d'ici la fin de l'année. « Ce projet a débuté il y a un an plutôt sur des travaux autour du poste des administrateurs techniques, avec une initiative appelée Securix basée sur la distribution Linux NixOS », raconte Florian Delezenne, responsable du département Opérateur de produits interministériels de la Dinum. Au total, une quarantaine de postes d'administrateurs système, ceux qui opèrent les produits interministériels de la Dinum (comme FranceConnect ou Tchap), ont basculé vers l'OS libre, avec une gestion de parc reposant entièrement sur du code.
C'est ce galop d'essai qui a donné naissance à un second test sur la même base technique, Bureautix, voué à des usages plus standards. « Nous avons commencé par examiner le premier ressenti des utilisateurs auprès de 5 personnes avant, dans une seconde phase, d'étendre l'expérimentation sur la base du volontariat », reprend Florian Delezenne. A ce jour, en plus de la quarantaine de postes sur Securix, une trentaine tourne sur Bureautix. S'y ajoute une cinquantaine de PC tournant sur une autre souche Linux, fruit d'un test précédent.
Gendarmerie et DGFiP en pointe
C'est ce périmètre qui doit être étendu aux 250 agents de la Dinum d'ici la fin de l'année. Selon la DSI de l'Etat, les difficultés de cette migration seraient faibles au sein de cette administration, qui exploitent uniquement des clients Web. « Nous avons connu quelques problèmes sur une application de partage de fichiers chiffrés, mais nous avons réussi à adapter NixOS à ce besoin », assure Florian Delezenne, pour qui les problématiques de compatibilité se manifestent surtout sur des parcs où cohabitent machines sous Linux et sous Windows. « Le défi consiste à réaliser la migration du parc dans un délai raisonnable pour ne pas rester trop longtemps dans cette forme d'entre-deux », ajoute-t-il.
En parallèle de cette migration interne à la Dinum, la DSI de l'Etat a, dans le cadre de son séminaire interministériel du 8 avril dernier, lancé un groupe de travail sur le sujet, autour de sa mission logiciel libre s'appuyant sur des référents dans les différents ministères. « Un des axes prioritaires de 2026 repose justement sur l'adoption de Linux au sein de l'Etat », signale Florian Delezenne. Sachant que d'autres administrations - en particulier la DGFiP et la Gendarmerie - ont d'ores et déjà largement avancé sur le sujet.
PublicitéPlan de réduction des dépendances à la fin de l'été
« Nous essayons de rassembler tous les précurseurs et trouver d'autres administrations qui souhaiteraient adhérer à ces travaux et d'évaluer comment les généraliser à l'ensemble de la sphère publique », résume Florian Delezenne. Comme l'explique Jérémie Vallet, adjoint à la Directrice interministérielle du numérique, une des ambitions de cette migration vers Linux consiste aussi à allonger la durée de vie des machines. Au-delà de l'impact de l'OS sur ce sujet, l'adjoint de Stéphanie Schaer précise que cet aspect sera aussi abordé via un autre chantier : l'emploi de matériels reconditionnés, via un marché dédié qui doit être prochainement notifié par le ministère de la Justice.
La vocation du séminaire du 8 avril consistait à imaginer un plan de réduction progressif des dépendances numériques de l'Etat. « Mais aussi à travailler sur des sujets précis, pour associer pilotage structuré et avancées concrètes », détaille Jérémie Vallet. Notamment autour de sept groupes de travail, installés dans la durée : suite collaborative, IA, matériel, bases de données, virtualisation/exploitation et, donc, poste de travail. Le plan interministériel de réduction des dépendances est attendu pour la fin de l'été.
Article rédigé par
Reynald Fléchaux, Rédacteur en chef CIO
Suivez l'auteur sur Twitter
Commentaire
INFORMATION
Vous devez être connecté à votre compte CIO pour poster un commentaire.
Cliquez ici pour vous connecter
Pas encore inscrit ? s'inscrire