Stratégie

L'Etat généralise trois outils de GenAI à tous ses agents

L'Etat généralise trois outils de GenAI à tous ses agents
Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel (ici lors d’un sommet Je choisis la French Tech), décide de généraliser trois outils pour tenter de juguler le Shadow IA. (Photo : D.R.)

Via un plan annoncé ce jour, le gouvernement généralise trois solutions d'IA générative couvrant des usages standards, comme la synthèse, la rédaction ou la transcription. Un million d'agents sont concernés.

PublicitéUn assistant généraliste (L'Assistant), un outil de transcription (Transcripts) et une solution de traduction (DiploIA, issue du quai d'Orsay). Via un plan annoncé ce jour par le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, le gouvernement va généraliser à l'ensemble de son million d'agents connectés au Réseau interministériel de l'Etat (RIE) trois outils généralistes de GenAI essentiels.

Alimenté par les modèles de Mistral, l'Assistant IA, dont le nom a été raccourci en l'Assistant, faisait l'objet d'une expérimentation auprès de 10 000 agents depuis l'automne 2025. Sa généralisation à la sphère publique d'Etat, ainsi qu'aux 800 000 enseignants, coûtera 700 000 euros en additionnant les coûts d'accès aux modèles de Mistral et en infrastructures labellisées SecNumCloud, chez Outscale, selon le cabinet du ministre. De son côté, DiploIA, en usage auprès de 13 000 agents du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères depuis la mi-2025, s'ouvre désormais à l'interministériel.

La Dinum (Direction interministérielle du numérique) aura pour mission de maintenir et faire évoluer l'Assistant et Transcripts, sur son budget propre. Le cabinet du ministre assure que la mutualisation des modèles et de la puissance de calcul dans ce cadre débouchera sur une importante rationalisation des coûts. La feuille de route des évolutions sera établie conjointement avec les ministères utilisateurs. De son côté, DiploIA restera piloté par le Quai d'Orsay, qui en financera la maintenance.

Une négociation avec les syndicats du public

Selon le cabinet du ministre, cette généralisation de l'Assistant, qui vise en particulier à diminuer le Shadow IA, s'appuie sur une évaluation indépendante, qui a notamment mis en évidence des gains de temps sur des tâches classiques (+12% sur la rédaction ; +16% sur la synthèse). « Mais, sur des expertises métier très spécifiques, un assistant ne suffit pas, précise le cabinet. La stratégie de l'Etat consiste alors à développer des outils spécialisés au plus près des métiers. »

Au-delà des outils eux-mêmes, le plan de David Amiel, qui se veut « systémique », selon son cabinet, se penche également sur les volets relatifs aux usages, à l'organisation de l'administration ou encore au dialogue social. Le gouvernement prévoit ainsi l'ouverture d'une négociation avec les syndicats sur les usages de l'IA, afin d'aboutir à un accord cadre sur le sujet. « Une première ébauche a été rédigée et les négociations débuteront le 18 juin », fait savoir le cabinet de David Amiel, qui vise un accord à l'automne avec les représentants du personnel.

Vocabulaire et méthode inspirés par l'armée

Si le budget total du plan, baptisé l'IA dans l'Etat, n'a pas été dévoilé, l'ensemble sera placé sous la direction de ce que le cabinet, recyclant une énième fois le lexique militaire, qualifie d'état-major de l'IA. Concrètement, un trio composé de la DITP (Direction interministérielle de la transformation publique), de la DGAFP (Direction générale de l'administration et de la fonction publique) et de la Dinum, elle-même en pleine transformation pour devenir une autorité, l'Ariane, bientôt dirigée par un ingénieur de l'armement, Walter Arnaud. « Cet état-major aura aussi pour rôle d'approfondir les liens avec le monde de la recherche, avec les acteurs privés et les collectivités », souligne le cabinet du ministre.

PublicitéSi le profil du nouveau Dinum peut surprendre, il trouve sa justification dans le parallèle que dresse David Amiel entre la commande publique en numérique (4,3 Md€ par an sur le périmètre de l'État) et la base industrielle et technologique de défense (BITD), regroupant l'ensemble des entreprises qui contribuent à concevoir et à produire les équipements pour les armées. Un dispositif dont la DGA est précisément le pivot. L'objectif du ministre consiste en effet à bâtir, avec des partenaires privés, un équivalent pour le numérique, soit une BITN, une base industrielle et technologique pour le numérique.

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