France Télévisions infogère l'ensemble de ses clouds et datacenters
Le groupe audiovisuel a quitté Econocom pour Sopra Steria dans le cadre d'un contrat d'infogérance porté par le dispositif de mutualisation de ressources de l'audiovisuel TAP. Il confie la gestion de ses clouds publics, de son cloud maison et de ses datacenters à l'ESN, sous contrôle de ses équipes.
PublicitéDepuis l'an dernier, le groupe France Télévisions a confié l'infogérance de son infrastructure à Sopra Steria pour 4 ans (plus un an renouvelable). Un contrat de plusieurs dizaines de millions d'euros qui couvre les environnements AWS, GCP et Azure, mais aussi le cloud Kubernetes interne, ainsi que les datacenters en propre du groupe. Le contrat a fait l'objet d'un appel d'offres européen au travers de l'initiative TAP (Technologies audiovisuel public), créée en 2018 et qui mutualise les ressources technologiques pour FranceTV, Radio France, Ina, Arte, TV5 Monde, France Medias Monde, RTBF (environ 130 M€ d'achats communs chaque année). Ce contrat d'infogérance sera donc maintenu, que le rapprochement entre FranceTV, Radio France et l'Ina se concrétise ou non. Radio France est engagé depuis le début de l'année dans la même migration, mais avec un périmètre moindre.
Sopra Steria a pris la main sur l'infrastructure de France Télévisions en janvier 2025, début d'une période de réversibilité qui s'est terminée en juillet. Le groupe audiovisuel a fonctionné en double run jusqu'à l'été avec son ancien prestataire, Econocom, en place depuis 2018. « Nous avons environ 13 000 incidents au total par an, et la qualité [de gestion des incidents] n'a pas baissé » avec Sopra Steria, indique Heikel Manai, directeur de l'IT et des infrastructures de France Télévisions. 8 sociétés ont été considérées dans l'appel d'offres avant la constitution d'une short list de trois acteurs, Sopra Steria, Capgemini et Thalès. Equivalents du point de vue de l'offre technique, comme le précise Heikel Manai, ils ont été départagés par le prix de la prestation.
Hyperscalers, cloud maison et datacenters en propre
Sopra Steria est chargé des niveaux 0 à 2 d'assistance. « Sur le réseau, par exemple, ils ont une quinzaine de personnes mobilisées 24h/7j, précise Heikel Manai. Cela concerne 160 points en France métropolitaine et outremer, mais aussi nos implantations à l'étranger, en Italie, aux Etats-Unis, etc. En revanche, j'ai tenu à garder en interne le niveau 3 d'expertise sur toute l'infrastructure ». La supervision de celle-ci est organisée en lignes de services avec, par exemple, des équipes pour l'outremer, les datacenters, l'audio-vidéo et pour les verticales techniques comme VMware, Windows, l'administration de système Linux ou le cloud (GCP pour la data, AWS pour le IaaS et les média, Azure pour Office 365).

« Sopra Steria gère les niveaux 0 à 2 d'assistance, mais j'ai tenu à garder en interne le niveau 3 d'expertise sur toute l'infrastructure », dit Heikel Manai, directeur de l'IT et des infrastructures de France Télévisions.
Outre les hyperscalers, le contrat couvre aussi le cloud maison de France Télévisions et ses datacenters. Arrivé dans le groupe en 2023, Heikel Manai a en effet développé et déployé depuis 2 ans un cloud en propre, appelé Alix, sur une base open source Kubernetes. « C'est un cloud open source portable en quelque sorte, créé from scratch, que j'héberge où je le souhaite, décrit-il. Sur AWS, sur GCP, mais aussi chez Scaleway avec qui nous travaillons sur le sujet depuis l'an dernier. Via Alix, je propose ainsi des machines virtuelles, ce qui finalement concurrence VMware ».
PublicitéUne organisation en miroir avec l'infogéreur
Sopra Steria opère tous ces clouds, mais également les datacenters en propre du groupe. « Nous sommes obligés d'avoir nos propres datacenters pour le réseau destiné à la diffusion télévisuelle, et j'en profite pour y héberger aussi du SI, précise Heikel Manai. À cet effet, nous avons signé depuis deux ans deux contrats d'hébergement avec Data4 et Thésée ». Des achats conjoints, là aussi, avec d'autres sociétés de l'audiovisuel public, en l'occurrence Radio France, France Médias Monde et TV5 Monde.
En matière d'organisation, « j'ai fait en sorte que Sopra Steria soit le miroir de FranceTV », précise le directeur de l'IT et des infrastructures de France Télévisions. « J'ai par exemple deux personnes en interne - un référent et un team leader - qui pilotent la ligne de service outremer, avec des personnes de Sopra Steria. » Mais Heikel Manai a aussi dû réduire les coûts, car ses équipes ont absorbé, avec cette nouvelle configuration, une augmentation de leur périmètre de 30 à 35% à isobudget. Elles n'avaient en effet jusque là pas la charge d'une observation des infrastructures 24h/7j, sur un mode Follow the sun.
Pour ces questions de coût, Heikel Manai a créé 3 zones d'activité, avec des référents. La zone A pour Paris ; la zone B avec les sites jusqu'à 2 heures de Paris, en incluant Rennes et Sophia Antipolis ; et la zone C pour le nearshore. À cela s'ajoute le centre de service de Sopra Steria, à Katowicze en Pologne. « Cette réorganisation m'a permis de gagner 30% sur les coûts, insiste Heikel Manai. Nous avons mis en place une gestion du changement, car avant les prestataires [Econocom] étaient sur place en permanence, mais aujourd'hui, nous avons un référent par ligne de service en contact avec les équipes de Sopra Steria. Et tout se passe très bien de cette façon. »
Article rédigé par
Emmanuelle Delsol, Journaliste
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