Projets

Comment Spirit Airlines a migré son SAP vers S/4 Hana

Comment Spirit Airlines a migré son SAP vers S/4 Hana
Pani Pothur, architecte SAP BI chez Spirit Airlines, plaide : « Plus vous personnalisez, plus vous vous éloignez des bonnes pratiques ».

Spirit Airlines, une compagnie aérienne américaine low-cost, a expliqué comment elle était passée du système ECC de SAP à S/4HANA dans le cloud public, et quels les avantages elle espère en retirer plus tard cette année.

PublicitéLa compagnie aérienne américaine Spirit Airlines a entamé sa migration de l'ancien ERP de SAP (ECC, ERP Central Component) à S/4HANA dans le cloud public. Pour cela, elle a dû relever certains défis, notamment du point de vue utilisateurs, car les deux systèmes sont très différents l'un de l'autre. Si S/4Hana compte aujourd'hui plus de 10 000 clients, il est difficile de distinguer les clients du cloud public, des clients sur site, SAP ne faisant pas de ventilation. Mais pour l'instant, seule une petite minorité a annoncé publiquement son choix pour la version SaaS du système ERP de nouvelle génération du fournisseur, en lieu et place de la version sur site ou d'un cloud privé à locataire unique. Il est donc très intéressant de connaître le point de vue d'un client qui migre vers la version cloud public de S/4, d'autant que SAP continue à inciter ses clients migrer dans son cloud chaque fois que c'est possible. 

Lors de la conférence SAP Sapphire organisée du 7 au 9 mai à Orlando, la Spirit Airlines a évoqué très directement les challenges posés par la version cloud public de S/4HANA, insistant en particulier sur la gestion du changement et l'intégration de logiciels tiers, mais aussi sur les avantages de la modernisation des processus et l'entrée dans un monde sans personnalisation. Alors, pourquoi ce choix de S/4HANA dans le cloud public ? La compagnie aérienne est cliente de SAP depuis longtemps et utilise depuis 2013 la version ECC originale, qui n'a bénéficié d'aucune mise à niveau. Sachant que le support de SAP ERP Central Component serait abandonné en 2025 par l'éditeur, la compagnie aérienne a décidé de prendre les devants. Plusieurs raisons l'ont incité à migrer sur S/4HANA dans le cloud : d'abord, un allègement de la charge de maintenance de son IT, ensuite, une rationalisation de son reporting financier et, enfin, la possibilité de s'éloigner de processus métiers hautement personnalisés pour adopter de bonnes pratiques. « Plus vous personnalisez, plus vous vous éloignez des bonnes pratiques. Ce n'est pas parce que c'est bon pour l'utilisateur que ce sont les meilleures pratiques », a expliqué Pani Pothur, architecte SAP BI chez Spirit Airlines, lors d'une session en petits groupes. Par exemple, l'un des bénéfices qu'a déjà tiré la compagnie aérienne de sa migration, c'est qu'elle a réduit ses centres de coûts de plus de 600 à plus de 150, et qu'elle a consolidé ses codes de facturation, passant de 20 à 1.

Les leçons apprises

Sur le plan technique, Spirit a été confrontée au manque d'intégration de certains logiciels tiers dont elle dépendait, comme OpenText pour la facturation et un plug-in Excel appelé Z Options. Après avoir constaté que les capacités de facturation de S/4 ne seraient probablement pas à l'échelle de la compagnie, celle-ci a également décidé d'acquérir SAP Ariba en complément. Elle a opté pour la solution SaaS du fait de son intégration naturelle avec S/4. « L'un des principaux conseils que je donnerais, c'est de prendre votre temps », a déclaré M. Pothur, « car l'architecture du cloud public S/4HANA est complètement différente. Il faudra donc faire preuve de diligence raisonnable avant de commencer votre migration, car il faut se concentrer sur toutes les applications tierces et les intégrations quand on travaille dans le cloud public S/4HANA ». Celui-ci a également encouragé les clients à mettre de l'ordre dans leurs données. « Il est très important de nettoyer au préalable ses données maitres et de ne pas importer les déchets dans le nouveau système », a-t-il ajouté.

Publicité En terme d'apprentissage, Pani Pothur admet que Sprit aurait pu prendre plus de temps. « Il faut y consacrer du temps », a-t-il reconnu. « Le processus est totalement différent de celui de votre ancien système. Il faut appliquer les meilleures pratiques. Il est important de faire en sorte de consacrer suffisamment de temps pour former tout le monde ». Spirit a appris cette leçon trop tard, l'obligeant à retarder la date de mise en oeuvre du S/4 après avoir compris qu'elle ne serait pas prête. « Nous avons entamé notre migration l'an dernier, mais, au regard de tous les enseignements que nous avons tiré de cette expérience, nous avons dû faire une pause de quelques mois et revoir notre stratégie », a reconnu Pani Pothur. Désormais, la compagnie aérienne a fixé la mise en service de son cloud public S/4 pour octobre prochain.

Les avantages

Pour ce qui est des avantages du passage au cloud public S/4HANA, M. Pothur a identifié plusieurs sources d'efficacité potentielle dont il espère bien profiter un peu plus tard cette année. Premièrement, l'ancien système ECC nécessitait beaucoup de travail manuel pour produire les rapports financiers. Comme le S/4 repose sur le magasin de données in-memory HANA, les données sont traitées dans un laps de temps plus proche du temps réel, si bien que le service financier pourra clôturer les compte à l'avance. Le passage au cloud public S/4 réduit également les tâches de maintenance des services IT. « La maintenance, les mises à niveau et toutes les autres tâches prennent beaucoup de temps », a déclaré M. Pothur. Cette mobilisation des ressources a également des répercussions sur le coût total de propriété de l'entreprise. « Le passage au cloud va certainement vous faire gagner du temps dans ces domaines et donc contribuer à réduire vos coûts, car tout sera pris en charge par SAP », a-t-il ajouté. Enfin, Pani Pothur voulait améliorer l'accès mobile des salariés au système ERP quand ils sont en déplacement, et en la matière, les capacités mobiles d'Ariba apportent aussi un vrai plus pour l'entreprise.

Scott Carey, Computerworld UK (adaptation Jean Elyan)

Partager cet article

Commentaire

Avatar
Envoyer
Ecrire un commentaire...

INFORMATION

Vous devez être connecté à votre compte CIO pour poster un commentaire.

Cliquez ici pour vous connecter
Pas encore inscrit ? s'inscrire

    Publicité

    Abonnez-vous à la newsletter CIO

    Recevez notre newsletter tous les lundis et jeudis

    La question du moment
    Les collaborateurs peuvent-ils communiquer entre eux via des moyens dédiés à l’usage professionnel sur smartphones ?