L'ERP traditionnel va s'éteindre, mais son remplaçant tarde à se dessiner
Une étude montre que le modèle de l'ERP traditionnel a du plomb dans l'aile. Cela ne signifie pas pour autant que la plupart des décideurs imaginent rompre avec les grands éditeurs du domaine.
PublicitéEnviron 7 dirigeants d'entreprise sur 10 sont convaincus que les ERP traditionnels ne constituent plus l'avenir des systèmes d'information, selon une étude menée par le cabinet Censuswide auprès de 4 295 directeurs financiers, RSSI, DSI et Pdg d'entreprises dans le monde entier. Réalisée pour le compte de Rimini Street, l'enquête montre que 36% des répondants anticipent des ERP devenus obsolètes et remplacés par un modèle best-of-breed, reposant sur une architecture composable à base d'API. Autrement dit, une sérieuse remise en cause des monolithes que constituent les ERP de SAP, Oracle ou Microsoft.
En cause notamment selon le cabinet spécialiste de la tierce maintenance des systèmes Oracle ou SAP : les budgets engloutis par les ERP traditionnels. Dans l'étude, si 97% des dirigeants expliquent que les progiciels intégrés répondent à la plupart de leurs attentes business, ils estiment qu'en moyenne 39% de leur budget IT est consommé par l'ERP. « Il n'est pas surprenant que 36% des dirigeants considèrent les coûts élevés de maintenance et d'exploitation comme des obstacles au financement de l'innovation », écrivent les auteurs de l'étude.
Mais cette remise en cause du modèle de l'ERP n'est pas unanime. Loin s'en faut. 30% des répondants estiment ainsi que l'évolution de ces systèmes passera par des améliorations incrémentales. Tandis que 33% des décideurs misent plutôt sur un ERP agentique, où des agents IA viendraient prendre des décisions et accomplir des actions de façon autonome. Un virage que dessinent déjà les grands éditeurs du secteur dans leur roadmap.
Conserver ECC 6 et en réduire le rôle ?
Rappelons que la base installée SAP, de loin la plus importante parmi les grandes organisations, est aujourd'hui engagée dans une migration vers la dernière génération de progiciel de l'éditeur, S/4 Hana ; une opération dictée par la fin de la maintenance de la version précédente, ECC 6. La plupart d'entre elles ont aujourd'hui amorcé ce virage, même si 60% connaissent dépassements de budget et dérapages de calendrier sur ce projet, selon une autre étude. Mais quelques autres ont pris la tangente. Citons notamment le groupe Kingfisher (à la tête d'enseignes comme Castorama ou Brico Dépôt) ou la mairie de Paris. Une voie que prône Rimini Street, qui via un accord avec ServiceNow pour fournir des agents à des fins de modernisation de processus, entend proposer une mécanique différente d'évolution des ERP SAP, au sein de laquelle les systèmes ECC sont peu à peu confinés à un rôle de bases d'enregistrement.
PublicitéCette réduction du rôle des grands éditeurs d'ERP est appuyée par l'étude de Censuswide. Les dirigeants s'y montrent insatisfaits des conséquences de leur dépendance vis-à-vis des fournisseurs pour les principaux composants logiciels faisant tourner leur organisation : 35% d'entre eux citent cette dépendance, associée à une flexibilité limitée et à des mises à niveau et migrations forcées, parmi les contraintes les plus frustrantes en matière de SI.
Article rédigé par
Reynald Fléchaux, Rédacteur en chef CIO
Suivez l'auteur sur Twitter
Commentaire
INFORMATION
Vous devez être connecté à votre compte CIO pour poster un commentaire.
Cliquez ici pour vous connecter
Pas encore inscrit ? s'inscrire