Etude : les deepfakes ont coûté 863 millions d'euros en 2025
Les progrès constants de l'IA et la facilité d'accès à ses outils simplifient la réalisation de fraudes par deepfake. Selon une étude réalisée par l'éditeur Surfshark, le cumul des pertes associées à ces arnaques dopées à l'IA a dépassé 1,33 Md€ depuis 2023.
PublicitéDepuis l'apparition d'outils comme les éditeurs vidéo par IA Veo de Google ou Sora d'OpenAI, puissants et simples à utiliser par tout un chacun, le phénomène des deepfakes vidéo prend de plus en plus d'ampleur. Il en va de même avec le son ou les images. Résultat, la fraude par deepfake est de plus en plus courante : entretiens d'embauche pour des postes à distance avec de faux candidats très convaincants principalement dans le secteur IT, mouvements financiers illégaux profitant de l'usurpation d'identité d'un dirigeant ou d'un salarié, contournement de systèmes de vérification biométrique comme la reconnaissance d'empreintes digitales, la reconnaissance faciale ou vocale, etc.
Une étude basée sur la recension de cas de deepfakes (lire encadré méthodologie), réalisée par le fournisseur de solutions de sécurité Surfshark, estime les pertes cumulées en 2025 associées à ce type de fraude à 863 M€ (1 Md$) contre 110 M€ (130 M$) entre 2019 et 2023. Une autre étude menée par Signicat, fournisseur d'une solution de vérification d'identité numérique, affirme que le coût des attaques par deepfake a fait un bond de 2000% depuis 2023 et l'arrivée de la GenAI, et de 200% depuis 2024. « Il ne s'agit plus de fraude isolée, mais d'industrialisation de la manipulation », commente Maud Fraison Lepetit, responsable France de Surfshark, dans un communiqué.
Arnaque au recrutement et transferts d'argent frauduleux
Les deepfakes servent entre autres à duper les processus de recrutement. Les fraudeurs utilisent l'IA pour créer des identités fictives, rédiger de faux CV et lettres de motivation, et même réaliser des entretiens d'embauche grâce à des flux vidéo ou audio altérés. Ces faux candidats infiltrant les organisations auraient fait perdre plus de 765 M€ (886 M$) aux organisations en 2025, selon Surfshark. A ces arnaques à l'embauche s'ajoutent les transferts d'argent frauduleux par vol de l'identité d'un chef d'entreprise. Une version IA de la fraude au président. L'étude recense 8 cas de ce type en 2025, ayant entraîné une perte de plus de 77 M€ (90 M$) et 6 cas en 2024 ayant coûté 109 M€ (126 M$) aux victimes. Un seul cas a été identifié en 2023. Les deepfakes rendent également de plus en plus inopérants les systèmes de vérification biométrique. Le détournement de ces dispositifs de sécurité a coûté 118 M€ en 2024. L'étude n'a repéré aucun cas avant cette date.
À chaque avancée de l'IA, les escroqueries par deepfake deviennent de plus en plus sophistiquées. D'après Surfshark, la facilité d'accès à ces outils dopés à l'IA diminue le coût de la réalisation d'une fraude, rendant ainsi leur mise en oeuvre plus aisée. Selon l'étude de l'éditeur de sécurité, avant 2018, la création d'une vidéo deepfake demandait des compétences particulières et coûtait entre 255 € (300 $) et 17 000 € (20 000 $) par minute. Aujourd'hui, la technologie est accessible à tous et ne coûte que quelques euros par minute, ce qui en fait un véritable outil de fraude de masse.
Article rédigé par
Hanna Elgodjam, Journaliste
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