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Rapport Attali : le numérique en première ligne pour la croissance par l'innovationEdition du 23/01/2008 - par Bertrand Lemaire Les TIC sont au premier plan des propositions de la Commission pour la libération de la croissance française : infrastructures, formation... et logiciel libre, au grand désespoir de l'Afdel. Jacques Attali a remis au Président de la République, ce matin 23 janvier 2008, le rapport « 300 décisions pour changer la France » avant de le présenter à la presse au théâtre du Rond Point des Champs Elysées. Le numérique est aux premières loges des propositions, aussi bien en terme d'infrastructures que de formation ou de développement du logiciel libre. « La France connaît un retard sur le numérique qui nous coûte 0,4 à 0,7% de PIB », a ainsi martelé Jacques Attali. Le rapport est issu du travail d'une commission de 45 membres dont un certain nombre de personnes bien connues des informaticiens : Mario Monti (ancien commissaire européen à la concurrence, ayant amorcé les poursuites européennes contre Microsoft), Pierre Nanterme (président du Syntec, responsables du secteur services financiers chez Accenture), Geoffroy Roux de Beyzieux (fondateur de The Phone House, président du club Croissance Plus), Luc-François Salvador (PDG de Sogeti, groupe Capgemini), Jean-Noël Tronc (Conseiller Technique au Cabinet du Premier ministre sous Lionel Jospin), Michel de Virville (secrétaire général du groupe Renault et instigateur du « contrat de mission »)... Jacques Attali a mis clairement les points sur les i dès le démarrage de sa présentation : « notre rapport est libre, pas libéral. (...) Nos propositions sont équilibrées entre libéralisme et sécurité. Il est toujours possible de ne garder que sa partie droite mais... sans nous ! (...) Nous voulons lutter contre tous les privilèges et les rentes pour un idéal de justice et de liberté. Nous voulons une croissance au service des plus fragiles avant tout. (...) Ce rapport n'a pas à être étudié car c'est déjà une étude : on ne peut que l'appliquer ou le mettre au placard. (...) Il est important de faire vite, d'appliquer les mesures de manière simultanée et globalement. » Plusieurs mesures proposées auront sans doute un impact sur les informaticiens mais en tant que salariés ordinaires, notamment ce qui concerne l'évolution du droit du travail (la rupture négociée du contrat de travail...) et la facilitation de l'immigration qualifiée (comme des développeurs d'Europe de l'Est). Il en est de même de la modification des règles sur la distribution (suppression des oligopoles, libéralisation des implantations...) et sur la concurrence (« La rente prélevée par des acteurs dominants dans des secteurs à la concurrence insuffisante constitue un frein important à la croissance, une taxe sur les consommateurs » a indiqué Mario Monti, qui avait jadis initié les poursuites européennes contre Microsoft). D'autres propositions ont un impact très spécifique sur le secteur des TIC.
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