L'Open World Forum, plus grande manifestation de son genre consacrée au Libre en Europe, se tient à Paris du 22 au 24 septembre 2011. Le ministre Eric Besson l'a inauguré.
« La contribution de l'Open Source à la révolution numérique est des plus importantes » a constaté Eric Besson en ouvrant la quatrième édition de l'Open World Forum, le 22 septembre 2011 à l'Eurosite George V à Paris. Le Ministre délégué en charge de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique a ainsi cité les logiciels libres que tout à chacun utilise quotidiennement : OpenOffice, Firefox, ou même VLC (« meilleure application multimedia au monde issue d'un travail de l'Ecole Centrale de Paris » selon le ministre)... Sans oublier le système d'exploitation Androïd qui équipe la majorité des smartphones en étant basé sur un noyau Linux.
Les deux co-présidents de cette manifestation, Louis Montagne et Jean-Pierre Laisné,ont renchéri : « il serait aujourd'hui impossible aux entreprises de se passer du logiciel libre qui a trouvé sa place partout, jusqu'en embarqué dans les automobiles ». Ce constat est un truisme mais mérite malgré tout d'être rappelé.
La manifestation accueille plus de 2000 visiteurs d'une quarantaine de nationalités. Elle propose des interventions de plus de 200 experts grâce au travail d'une trentaine de responsables de « tracks » thématiques.
Eric Besson s'est refusé à opposer le monde du Libre et celui du Propriétaire, préférant leur concurrence et la complémentarité issue de leurs différences. Par contre, il a semblé attaché à l'adoption de formats ouverts, garants de l'interopérabilité et de la concurrence. Interopérabilité et portabilité seront au coeur des appels d'offres publics pour la création de clouds et la place du logiciel libre devrait donc y être prépondérante.
L'ouverture des formats est liée, dans le discours ministériel, à celle des données. Pour l'Etat, une telle double ouverture sert à la fois les citoyens et les entreprises capables de créer des services utiles à la population à moindre frais. Selon une étude de l'Union Européenne citée par le ministre, le patrimoine en logiciels libres existant à ce jour représente 130 000 années.hommes de travail pouvant être valorisées 12 milliards d'euros.
Le ministre avait à peine terminé son discours que l'APRIL (Association Pour la Recherche en Informatique Libre) publiait un communiqué pour le commenter. Selon l'association, la concurrence tant désirée entre Libre et Propriétaire est aujourd'hui faussée et ce club attend que le ministre tienne ses engagements antérieurs, notamment en termes de lutte contre la vente liée matériel-logiciels.
Une réponse virulente
Si le vice-président de la région Ile-de-France en charge des nouvelles technologies, Jean-Paul Planchou, s'est contenté de rappeler le rôle important du logiciel libre dans le marché et dans le dynamisme des entreprises régionales dans le secteur des TIC, l'adjoint au maire de Paris en charge de l'innovation, Jean-Louis Missika, a, lui, fustigé la politique gouvernementale. Selon lui, si 25% de la croissance européenne est liée au Numérique, le gouvernement auquel appartient Eric Besson fait tout pour la brider. Ainsi, il a dénoncé la multiplication des taxes frappant le secteur depuis 2007, à raison d'une nouvelle par an. Il a également dénoncé l'insécurité fiscale des entreprises innovantes qui voient leurs charges changer au fil de la « rigueur » mal ciblée. Celle-ci, selon l'élu parisien, frapperait ainsi les deux piliers de l'avenir : l'école et l'innovation.