Un directeur français pour le consortium européen des communs numériques
Issu de l'Agence nationale de la cohésion territoriale, Laurent Rojey prend la tête de la structure européenne vouée au développement de composants Open Source.
PublicitéOfficiellement lancé à La Haye en décembre dernier, le consortium européen chargé de développer des communs numériques (EDIC Digital Commons ou DC) est dirigé depuis le 1er avril par Laurent Rojey, chargé du démarrage de ce projet visant à offrir aux Etats membres des composants Open Source et infrastructures numériques servant d'alternatives aux grands acteurs du marché. Ex-directeur général adjoint des affaires numériques à l'Agence nationale de la cohésion territoriale (ANCT), Laurent Rojey aura pour missions de constituer une équipe, d'élaborer le programme des travaux et de rassembler les États membres, entreprises et communautés Open Source, selon un communiqué de la Direction interministérielle du numérique (Dinum). Pendant près de 9 ans, Laurent Rojey a également été directeur adjoint puis directeur du volet numérique du programme d'investissements d'avenir.
Basé à Paris, l'EDIC Digital Commons a été initié par cinq pays : France, Allemagne, Pays Bas, Italie et Luxembourg. D'autres Etats membres ont, pour l'instant, le statut d'observateurs (Slovénie, Pologne, Hongrie, Danemark, Autriche, Finlande et Flandre belge). Le consortium est présidé par le DSI du gouvernement des Pays-Bas (Art de Blaauw) et possède deux vice-présidents issus de ses pays fondateurs : Luise Hölscher (secrétaire d'État au ministère fédéral de la Transformation numérique et de la modernisation de l'administration en Allemagne) et Serafino Sorrenti (RSSI de la Présidence du Conseil des ministres italien).
Un fonds européen des technologies souveraines
Visant à renforcer la souveraineté numérique en coordonnant les efforts nationaux pour « développer des solutions numériques ouvertes, interopérables et réutilisables », selon la Commission européenne, l'EDIC DC doit concrètement servir d'incubateur de projets - notamment pour des composants de LaSuite, suite collaborative Open Source née au sein de la Dinum - et de guichet unique pour accéder à des financements. Dans son communiqué, la DSI de l'Etat français insiste sur deux premières initiatives de l'Edic : le « défi 100 jours », visant à créer des composants Open Source souverains et interopérables, et un projet pilote de Fonds européen de technologie souveraine (EU STF), développé en collaboration avec l'Agence allemande du même nom, afin d'étendre l'expérience de cette dernière au niveau de l'Union.
80% de la dépense part aux Etats-Unis
L'EDIC est un instrument juridique relevant du programme d'action pour la décennie numérique (Digital Decade) de la Commission. Selon cette dernière, il « permet aux États membres de développer et d'exploiter conjointement des infrastructures numériques transfrontières dotées d'une gouvernance partagée et d'une stabilité à long terme ». Pour l'Union, il s'agit surtout de réduire la dépendance à des acteurs extra-européens, qui imposent de plus en plus leurs choix politiques et économiques. Rappelons qu'une étude d'Asterès, menée pour le Cigref, a estimé, en avril 2025, que 80% des dépenses en logiciel et cloud des entreprises et administrations européennes vont à des entreprises américaines. Soit un total de 265 Md€ par an.
PublicitéDans le cadre du programme Digital Decade, plusieurs autres EDIC (pour European Digital Infrastructure Consortium) ont déjà vu le jour dans des domaines tels que l'entraînement des modèles d'IA sur les langues européennes (ALT-EDIC), les jumeaux numériques (CitiVERSE) pour les villes ou encore les infrastructures de Blockchain (Europeum-EDIC).
Article rédigé par
Reynald Fléchaux, Rédacteur en chef CIO
Suivez l'auteur sur Twitter
Commentaire
INFORMATION
Vous devez être connecté à votre compte CIO pour poster un commentaire.
Cliquez ici pour vous connecter
Pas encore inscrit ? s'inscrire