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Photoroom industrialise la création et l'édition d'images avec l'IA

Photoroom industrialise la création et l'édition d'images avec l'IA
Eliot Andres, co-fondateur de Photoroom à l'occasion d'une visite des datacenters Equinix à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 4 juin,. (Photo H.E.)

La start-up française Photoroom, spécialisée dans la création et l'édition d'images marketing, propose un studio photo mobile dopé à l'IA, utilisé par plus de 200 millions de personnes. Aujourd'hui, elle veut produire à grande échelle des images générées par l'IA tout en optimisant les capacités GPU nécessaires.

PublicitéRépondre aux besoins réels de ses utilisateurs tout en développant une capacité d'innovation capable de suivre le rythme effréné de l'IA. Pour Eliot Andrès, co-fondateur de Photoroom, rencontré lors de la visite de datacenters Equinix à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 4 juin, c'est l'équation à résoudre pour développer sa startup de création et d'édition d'images. Pour lui, il ne s'agit plus seulement d'améliorer les performances de ses modèles, mais de les rendre fiables et rentables à grande échelle.

Du détourage photo au studio virtuel

À l'origine de l'application, un constat très concret : créer une belle image pour vendre un produit est souvent une tâche longue, coûteuse et techniquement complexe. Les équipes fondatrices de la jeune pousse étaient parties d'un problème simple rencontré par de nombreux utilisateurs : le détourage manuel des photos, une opération répétitive qui nécessitait d'utiliser des logiciels difficiles à maîtriser.

Lancée en 2019, Photoroom s'est progressivement éloignée du simple outil de retouche pour devenir une plateforme complète de création visuelle. Un mini studio déjà utilisé par 200 millions de personnes. L'IA intégrée à l'application détecte automatiquement les objets et les personnes, génère des arrière-plans ou améliore la qualité. Des caractéristiques qui répondent à un besoin croissant des plateformes de e-commerce. D'après un rapport du réseau international de directeur marketing, CMO Council, 87% des consommateurs déclarent que les images jouent un rôle crucial dans leurs décisions d'achat sur Internet. « Nos clients ne veulent plus simplement savoir si un modèle est capable de générer une belle image. Ils veulent savoir si cette technologie va améliorer leurs résultats business », explique Eliot Andres.

L'écoute des utilisateurs comme moteur d'innovation

Pour lui, le développement d'une entreprise spécialisée dans l'IA ne repose pas uniquement sur la performance des modèles. La différence se joue dans la capacité à écouter les usages et à adapter rapidement la technologie en fonction. Il cite notamment un épisode baptisé en interne la « pet groomer revolution ». Des utilisateurs spécialisés dans le toilettage pour animaux utilisaient Photoroom pour mettre en scène les photos de leurs clients à quatre pattes, en changeant les arrière-plans pour créer des images amusantes.

Dans une mise à jour de la solution, l'IA conservait systématiquement la table de toilettage alors que les utilisateurs souhaitaient pouvoir modifier l'ensemble du décor. La réaction a été immédiate sur les réseaux sociaux. « En quelques jours, nous avons pu corriger le modèle pour qu'il ne garde plus cette table. C'est un exemple de petits ajustements que l'on peut faire directement dans l'IA, pas seulement dans le produit », raconte Eliot Andrès. Cette capacité d'itération rapide constitue, à ses yeux, un avantage majeur pour les entreprises nées avec l'IA.

PublicitéGPU : le défi de l'industrialisation de l'IA

Dans un secteur où les modèles d'IA évoluent chaque semaine, Photoroom refuse de choisir entre construire ses propres modèles et utiliser ceux développés par d'autres acteurs. « Aujourd'hui, il faut probablement faire les deux. Si vous ne faites que créer des modèles, quelqu'un d'autre s'accapera la valeur créée auprès du client. Mais si vous utilisez uniquement les modèles des autres, vos concurrents peuvent faire exactement la même chose que vous », analyse Eliot Andrès. Avec cette approche hybride, l'application de suivre les avancées de l'IA tout en répondant aux besoins métiers.

Bien que l'IA génère des images en quelques secondes, son utilisation à grande échelle soulève d'importants défis en matière d'infrastructure. Eliot Andrès insiste ainsi sur un sujet devenu central : l'accès aux capacités de calcul. Si la création d'images semble instantanée pour l'utilisateur, elle repose sur des infrastructures GPU dont la disponibilité est devenue un enjeu stratégique. « C'est un peu comme gérer un supermarché : vous devez prévoir combien de caisses seront nécessaires, mais vous ne savez jamais exactement combien de clients vont arriver », explique le co-fondateur de la jeune pousse.

Arbitrer en fonction des ressources disponibles

Selon lui, le marché a profondément changé. Là où les entreprises pouvaient auparavant adapter relativement facilement leurs ressources à la demande, elles doivent désormais réserver certaines capacités plusieurs mois, voire plusieurs années à l'avance. Cela contraint à anticiper la croissance de l'activité sans pour autant immobiliser des ressources trop coûteuses. La difficulté est renforcée par le développement des activités B2B de Photoroom. Lorsque des plateformes ou marketplaces utilisent ses modèles, elles exigent des garanties de disponibilité et de performance.

Pour absorber ces variations de charge, l'entreprise doit arbitrer en permanence entre qualité de service, coût d'exploitation et allocation des GPU. Certaines stratégies consistent par exemple à prioriser les utilisateurs payants ou à dégrader temporairement certains services gratuits lorsque les ressources deviennent limitées. En étant hébergé dans des datacenters comme ceux d'Equinix, la start-up dispose par ailleurs de capacités de calcul en France, à la fois pour servir les clients européens avec une latence réduite et pour bénéficier d'une électricité moins carbonée que dans d'autres régions du monde où sont traditionnellement hébergés les GPU.

La prochaine étape pour Photoroom, c'est l'industrialisation de l'exploitation d'IA intégrée aux processus métiers. Ses clients attendent désormais des modèles personnalisables, capables de produire des résultats fiables. Une boutique de vêtements en ligne partira par exemple de la simple photo d'un produit pour générer différentes mises en scène : faire apparaître le vêtement porté par un mannequin, modifier l'environnement ou créer plusieurs visuels adaptés à différents marchés, le tout sans organiser de shooting photo.

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