Stratégie

Gaia-X : place aux projets concrets

Gaia-X : place aux projets concrets
Ulrich Ahle (CEO de Gaia-X) et Martine Gouriet (membre du conseil d'administration de Gaia-X et directrice des usages numériques d'EDF) ont ouvert la 6ème plénière du hub français de Gaia-X, organisée à Bercy le 8 mars 2024. (crédit : D.F.)

Après les discussions sur les grands principes, place aux premiers projets. Avec le lancement d'espaces d'échanges de données réunissant des filières entières.

PublicitéLancée il y a bientôt 4 ans (juin 2020), l'initiative Gaia-X visant à fédérer des projets d'échanges standardisés et sécurisés de données multi-secteurs et cloud/edge (industrie, finance, services, agriculture, média...) sort-elle enfin de l'ornière ? Longtemps cantonnée à la définition de grands principes et règles de fonctionnement (les fameuses policy rules), l'organisme a revu en France sa gouvernance, confiée très récemment à Mines Telecom. Avec l'objectif avoué de donner une existence tangible aux projets après de longs mois de travaux en coulisses. Il était temps. « Gaia-X c'est à la fois un parcours de santé et un chemin de croix », résume sous couvert d'anonymat un participant. « L'enjeu est de passer à la phase opérationnelle pour le marché et de rendre les projets fonctionnels », a lancé Amandine Reix, sous-directrice du spatial, de l'électronique et du logiciel au service de l'économie numérique à la direction générale des entreprises rattachée à Bercy, en ouverture de session de la 6ème plénière du Hub France Gaia-X, qui se tenait le 8 mars.

La naissance de plateformes d'échange de données verticales

Parmi les projets sortis de terre mis en avant lors de cette plénière, on trouve Data4Industry-X, une solution d'échange de données et de confiance pour l'industrie avec de premiers cas d'usage dans l'industrie automobile et le nucléaire. Un projet qui a bénéficié du soutien de Gaia-X et qui s'est monté avec Schneider Electric, le CEA, Valeo, Dawex et Prosyst (collecte de données en environnement industriel). D'autres projets de ce type ont également vu le jour, comme Agdatahub (agriculture), Enoa-X (transport et tourisme), Omega-X (énergie), Prometheus-X (éducation et compétences)...


De gauche à droite, Vincent Charvillat (directeur général adjoint de Mines Telecom) et Jean-Claude Laroche (président du Cigref) lors de la plénière du Hub France Gaia-X. (Crédit : D.F.)

Invité à prendre la parole lors de cette session plénière du Hub France Gaia-X, le président du Cigref, Jean-Claude Laroche, a livré sa vision de l'évolution de Gaia-X : « Nous sommes montés en maturité et nous sommes passés d'un stade où nous avons essayé de définir un cadre de normes et des labels, à un stade où maintenant il faut implémenter et tester les briques technologiques. Nous n'aurons pas d'interopérabilité si nous ne travaillons pas sur les architectures de nos systèmes d'information en distinguant les couches d'infrastructures, applicatives et data ».

Airbus : fédérer une chaine de 15 000 fournisseurs

Parmi les différents témoignages de cette session, soulignons celui d'Airbus, qui fait face à deux défis majeurs, à savoir une aviation complètement décarbonée à horizon 2050 et l'augmentation des cadences de production. Dans ce cadre, l'avionneur affiche ses besoins de connecter plus efficacement ses partenaires et prestataires pour s'appuyer sur un écosystème collaboratif efficace. Le groupe repose en effet sur une chaine d'approvisionnement géante de plus de 15 000 fournisseurs à l'échelle mondiale, chaine qui ne doit jamais être rompu. Cela concerne aussi les liens avec ses 450 compagnies aériennes, l'objectif étant de maintenir un service de données d'exploitation efficace et fonctionnel dans toutes les conditions.

Publicité« Nous croyons fortement en Gaia-X pour sa capacité à fédérer l'ensemble des initiatives autour des data space qui existent dans tous les pays d'Europe », a lancé Frédéric Sutter, directeur de Skywise chez Airbus. Un défi d'importance qui ressort également du côté du géant industriel Schneider Electric. Parmi les cas d'usage chez ce dernier, celui lié au cycle de vie du produit pour des contrôles qualité et de traçabilité sur les composants, matériaux et produits, a indiqué Jean-Pascal Riss, directeur de la stratégie de Schneider Electric. Ce qui n'est pas nécessairement simple dans un groupe de cette taille. L'industriel compte bien sur Gaia-X pour y parvenir : « là où on pêche, c'est surtout dans la capacité à embarquer l'ensemble de notre écosystème. Pour cela, on a besoin d'espaces de données numériques pour partager de la donnée de façon équilibrée, efficace et en réelle confiance », poursuit Jean-Pascal Riss.

Pour passer à l'échelle en termes d'interopérabilité et d'échanges de données fiables et sécurisées, une initiative comme Gaia-X semble indispensable aux yeux de Manuel Mateo Goyet, chef d'unité cloud et software au sein de la direction générale CNECT de la commission européenne : « il y a 10 à 15 ans, le mot d'ordre était API, mais cela ne marche plus dans des systèmes complexes, avec des dizaines d'intervenants », souligne-t-il.

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