France Télévisions s'est doté de son propre réseau fibre en un an
Accompagné par 3 opérateurs, le groupe audiovisuel s'est doté en moins d'un an d'un réseau fibre optique dans toute la métropole, adapté aux nouveaux besoins et usages et résilient.
PublicitéÉpreuve des Municipales réussie pour la nouvelle infrastructure haut débit de France Télévisions en métropole. Les deux weekends d'élections du mois de mars ont servi de stress test à cette dernière, tout juste mise en service par le groupe audiovisuel. Elle a tenu le choc de la sollicitation intense durant ce type d'événement (information continue, directs dans toute la France, augmentation du volume diffusé et de l'audience, etc.) et d'une activité très régionalisée.
« Nous venons de finaliser la mise en service d'un nouveau réseau haut débit structuré autour d'une infrastructure fibre optique WDM [multiplexage en longueur d'onde, NDLR] reliant nos 24 régions à nos datacenters », explique le directeur de l'IT et des infrastructures du groupe, Heikel Manaï, dans une publication Linkedin. Les 24 antennes régionales et les quelque 160 points de présence de France Télévisions en métropole au total, étaient reliés jusqu'en 2024 via un réseau MPLS opéré par Orange. Le groupe a décidé de construire avec Colt, Orange et SFR, son propre réseau de fibre optique. « Il relie chaque région France Télévisions à chacun de nos deux datacenters, précise Heikel Manaï à CIO. Rennes a par exemple, un lien Orange avec un de nos deux datacenters et un lien Colt avec le second. De plus, chaque lien passe par des chemins, des villes différents. » Les bureaux locaux sont quant à eu xreliés aux régions par une infrastructure SD-Wan. Et contrairement au réseau MPLS, la nouvelle infrastructure a été conçue et déployée par les équipes de France Télévisions qui l'opèrent en intégralité.
Un projet de moins d'un an
« Les débits vont de 10 à 400 Gb/s, ajoute le directeur de l'IT et des infrastructures. Et le réseau s'appuie sur la technique de segment routing, une couche d'automatisation qui permet d'opérer très vite le réseau et de gérer tout type de flux multimedia. » Le réseau accueille les fabriques de services "as code", le cloud hybride Alix et progressivement les flux SMPTE 2110 (contenus multimedia sur IP) du groupe, comme précisé sur Linkedin.
Le projet a duré moins d'un an avec quatre mois de préparation et un premier test grandeur nature concluant en septembre 2025, suivi des premières migrations dès le mois d'octobre et d'une mise en service généralisée en mars dernier. À temps pour les Municipales. Le projet se poursuit entre autres avec le passage des environnements de streaming sur le nouveau réseau. Du fait de la migration massive vers l'IP des contenus vidéo et audio dans le monde audiovisuel, « nous basculons également nos premiers sites [vers le nouveau réseau] pour le streaming, ajoute Heikel Manai. Nous aurons terminé cette opération avant fin 2026. »
Article rédigé par
Emmanuelle Delsol, Journaliste
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