Stratégie

ROI de l'IA : les DSI jouent leur survie

ROI de l'IA : les DSI jouent leur survie
Auditabilité, explicabilité, gains mesurables : selon une étude de Dataiku, la pression monte pour les DSI. (Photo : Alexandra Koch/Pixabay=

Dans les projets d'IA, les DSI font face à une responsabilité croissante, en matière de gouvernance mais aussi de retour sur investissement. 74% d'entre eux estiment que leur poste serait menacé si les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous.

PublicitéPrès de trois DSI sur quatre regrettent au moins une décision majeure prise au cours des 18 derniers mois concernant un fournisseur ou une plateforme d'IA. D'après une étude de Dataiku publiée en février, 62 % des responsables IT affirment par ailleurs avoir été confrontés à des questions ou des remises en cause directes de la part de leur PDG quant à ces choix. Les regrets concernent d'ailleurs davantage les DSI français que la moyenne. Ainsi, 12% des responsables en France déplorent au moins 5 décisions en matière d'IA, contre 4% seulement en moyenne, tous pays confondus.

L'étude, menée par Harris Poll auprès de 600 DSI de 7 pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon, Corée du Sud et Singapour), montre aussi que les échéances se rapprochent en matière de mise en évidence du retour sur investissement de l'IA. Plus de 7 DSI sur 10 estiment que les budgets alloués à la technologie seront probablement réduits ou gelés si les objectifs ne sont pas atteints d'ici mi-2026. Et trois-quarts des responsables IT s'attendent à ce que leur poste soit en danger dans les deux ans qui viennent si des gains mesurables ne sont pas associés aux investissements dans l'IA. Sur ce terrain encore, les DSI sont observés de près par les directions générales : 95% d'entre eux échangent ainsi régulièrement avec leur conseil d'administration au sujet des gains issus de l'IA, dont un sur deux sur une base mensuelle.

Déficit de gouvernance

L'étude souligne encore les lacunes de la technologie en matière de traçabilité et d'explicabilité. 85% des responsables IT notent ainsi que ces facteurs ont retardé, voire empêché, la mise en production de certains projets d'IA. « Les DSI passent de la phase d'expérimentation à la phase de responsabilisation plus rapidement que la plupart des organisations ne l'avaient anticipé », commente Florian Douetteau, cofondateur et Pdg de Dataiku, dans un communiqué. 7 DSI sur 10 s'attendent d'ailleurs à faire face à de nouvelles attentes en matière d'audit ou d'explicabilité dans les 12 prochains mois.

Car, la gouvernance de la technologie se met en place alors que l'IA s'est déjà diffusée dans les organisations. L'étude pointe ainsi le fait que, selon 82 % des DSI, les employés créent des agents et des applications d'IA plus rapidement que les services informatiques ne sont en mesure de les superviser, contribuant ainsi à la prolifération de systèmes peu ou mal encadrés. Autrement dit, à mesure que les entreprises intègrent des agents d'IA à leurs processus critiques, le déficit de gouvernance se creuse.

Une responsabilisation choisie, plutôt que subie

PublicitéSi 87% des DSI affirment que des agents d'IA sont d'ores et déjà intégrés à des systèmes critiques, seuls 25% d'entre eux assurent avoir une visibilité complète sur tous les agents en production, selon Dataiku. « La pression est réelle et les délais sont serrés, mais la voie du succès est possible, assure Florian Douetteau. Elle favorise les DSI qui agissent avec détermination dès maintenant, en concevant des systèmes d'IA qu'ils peuvent expliquer, gouverner et garantir avant que la responsabilité [de ces sujets] ne leur soit imposée plutôt que choisie. »

En complément de cette pression croissante sur les outils 'officiels', les DSI restent confrontés à un phénomène qui les suit depuis la sortie de ChatGPT : le Shadow IA. Plus de la moitié des responsables IT interrogés reconnaissent que les employés de leur organisation utilisent des outils, applications et plateformes d'IA non autorisés pour accomplir des tâches professionnelles. Selon près de 9 DSI sur 10, ces accès illimités à l'IA vont engendrer une dette technique significative au sein des organisations.

En 2025, selon une étude de Netskope, le nombre d'utilisateurs de GenAI en SaaS en entreprise a quasiment triplé, et près de la moitié d'entre eux ont continué d'exploiter des identifiants personnels pour accéder à des applications comme ChatGPT d'OpenAI, Gemini de Google, et même Grok de xAI.

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