Les risques liés à l'IA au coeur des préoccupations des entreprises
Dans le baromètre des risques 2026 d'Allianz, l'intelligence artificielle concurrence désormais les incidents cyber en tête du classement. L'IA figure désormais parmi les cinq risques majeurs dans toutes les régions et dans presque tous les secteurs d'activité analysés.
PublicitéLa quinzième édition du baromètre des risques d'Allianz au niveau international fait apparaître une nouvelle préoccupation des entreprises, celle des risques liés à l'intelligence artificielle. Elle fait son entrée dans le top 10 des risques en réalisant la plus forte progression. « Elle apparaît ainsi comme une source de préoccupation majeure pour les entreprises de toutes tailles à travers le monde, au côté d'autres menaces plus anciennes », souligne Thomas Lillelund, directeur général d'Allianz Commercial.
Des risques qui s'intensifient
« L'IA a dominé une grande part des débats socio-économiques. Il n'est donc pas surprenant qu'elle réalise la plus forte hausse dans le baromètre des risques d'Allianz. En plus d'offrir des opportunités considérables, elle possède un potentiel de transformation, associé à une adoption et à une évolution rapide, qui redessine le paysage des risques », reprend le dirigeant. L'IA entre ainsi dans le top 3 des risques pour les grandes, moyennes et petites entreprises.
Le développement rapide des systèmes d'IA générative et agentique, associé à leur utilisation de plus en plus fréquente, accroît l'exposition aux risques. En raison de son adoption rapide ainsi que de son intégration dans les activités essentielles, les participants à l'enquête anticipent une augmentation des risques particulièrement en ce qui concerne les questions de responsabilité. En France, l'intelligence artificielle se classe directement au huitième rang du top 10 des risques avec 15% des réponses, les incidents cyber continuant à truster la première place avec un score de 40%.
2026 marque un tournant
« Ces tendances indiquent que 2026 sera une année charnière, marquant le passage de l'IA de la phase d'expérimentation à celle de la mise à l'échelle [...], élargissant à la fois sa valeur stratégique et l'étendue des risques que les organisations doivent gérer », déclare Ludovic Subran, économiste en chef chez Allianz.
Dans l'ensemble de l'enquête, trois catégories de risques liés à l'IA sont soulignées. Les risques opérationnels, les risques juridiques et de conformité, et les risques liés à la réputation. Face à ce constat, les organisations voient la gouvernance et la conformité de l'IA comme les priorités technologiques les plus urgentes pour 2026.
« Les entreprises considèrent de plus en plus l'IA comme un puissant outil stratégique, mais aussi comme une source complexe de risques opérationnels, juridiques et réputationnels », explique Ludovic Subran. Les entreprises seront confrontées à des défis de plus en plus importants liés à la fiabilité des systèmes, la qualité des données, l'intégration informatique et la pénurie des personnels qualifiés. En matière de cybersécurité, l'IA amplifie les menaces, augmente la surface d'attaque et accentue les vulnérabilités déjà existantes. De plus, des risques en termes de responsabilité émergent, associés aux prises de décisions automatisées, aux modèles biaisés ou discriminatoires, à l'exploitation abusive de la propriété intellectuelle. Et des ambiguïtés subsistent concernant la responsabilité des parties en cas de préjudices résultant d'une décision liée à l'IA.
PublicitéLes bénéfices dominent les risques
Au niveau mondial, les risques liés à l'IA occupent la deuxième place du classement Allianz, juste après les incidents cyber. Citée par 32 % des entreprises, l'IA progresse ainsi de 22 points en seulement un an. Environ la moitié des participants à l'enquête pensent toutefois que l'IA offre plus de bénéfices qu'elle ne présente de dangers pour leur entreprise. Mais un cinquième des répondants est persuadé du contraire.
A l'échelle européenne, l'IA fait son entrée dans le top 10 des risques en s'installant directement sur le podium, à la troisième place (29%), parmi un échantillon de 1599 participants.
Article rédigé par
Hanna Elgodjam, Journaliste
Commentaire
INFORMATION
Vous devez être connecté à votre compte CIO pour poster un commentaire.
Cliquez ici pour vous connecter
Pas encore inscrit ? s'inscrire