Management

Le recrutement en informatique toujours délicat

Le recrutement en informatique toujours délicat
82 % des DSI et CDO éprouveraient des difficultés à recruter au sein de la DSI, selon une étude publiée par le cabinet de conseil en management Voirin.

Une étude publiée par le cabinet Voirin l'affirme : le recrutement dans les SI n'a rien de facile. Faible nombre de candidats dû à la relative nouveauté des métiers concernés, manque d'attractivité des offres, forte concurrence... L'étude cherche des pistes d'amélioration et liste quelques alternatives plus ou moins durables.

PublicitéTrouver le candidat idéal dans les SI, un chemin de croix ? C'est en tout ce cas l'une des conclusions de l'étude « Les métiers informatiques à l'aune du numérique », publiée en mai 2018 par le cabinet de conseil en management Voirin. Réalisée avec le Lab des usages (la cellule R&D et veille du cabinet), le Bureau d'économie théorique et appliquée, et la Faculté des sciences économiques de Strasbourg cette enquête a pour but de dégager les tendances du secteur et les défis à relever d'ici 2020. Elle porte sur un échantillon de 101 personnes, majoritairement des DSI et CDO, aussi bien dans le privé que dans le public.

Selon elle, 82 % des dirigeants interrogés éprouveraient des difficultés à recruter au sein de la DSI. C'est notamment vrai dans l'analyse et la science des données, la sécurité et la gestion de projet, trois domaines cités à plus de 35 %. « Ce sont des champs de compétence qui ont fait une entrée relativement récente dans les systèmes d'information, d'où la difficulté à trouver des profils complets », commente Quentin Hellec, chargé d'études chez Voirin. L'enquête évoque ainsi des périodes allant jusqu'à dix mois de recherche pour un architecte système et sécurité. Durant cette période, la DSI concernée a choisi d'externaliser cette fonction auprès d'un prestataire, un choix palliatif souvent privilégié.

Etude Voirin

Certaines compétences sont particulièrement difficiles à trouver pour les DSI. (Crédit : Voirin)

Faible nombre de candidats, manque d'attractivité des offres

La principale raison de ces difficultés de recrutement est évidente : à 69 %, les sondés ont évoqué le faible nombre de candidats, conséquence de la nouveauté de ces métiers évoquée plus haut. En seconde position, le manque d'attractivité de l'offre est quant à lui cité à 43 %. La forte compétitivité, évoquée par exemple très récemment par Enedis, fait monter les salaires d'entrée. De fait, certaines entreprises ne peuvent pas suivre, notamment dans le public, où il faut travailler sur d'autres avantages comme l'éventualité d'une carrière au long cours ou la diversité des missions et des interlocuteurs.

Une prise de conscience qui s'ajoute à une évolution des aptitudes requises dans le secteur : « De plus en plus, on se rend compte que le coeur de compétence de la DSI s'éloigne de la technique pure pour aller vers plus de stratégie et de management », poursuit M. Hellec. L'esprit d'équipe (74 %), l'esprit d'initiative et l'autonomie (68 %), la capacité d'adaptation (65 %) et l'ouverture d'esprit (56 %) sont ainsi les quatre compétences non-techniques les plus privilégiées par les sondés au moment du recrutement.

Publicité Etude Voirin

Dans le public, l'attractivité des offres est un problème qui pose beaucoup de questions en raison de la limitation des salaires propre au secteur. (Crédit : Voirin)

Une issue possible : la formation

Face à ces complications, la formation est un instrument qui revient régulièrement chez les sondés. Qu'elle soit en présentiel (61 %), en ligne (42 %) ou mixte (58 %), la formation est un bon moyen de faire évoluer ses employés vers ces nouveaux métiers, notamment dans le secteur public, où 81 % des interrogés envisageaient de recourir à cet outil dans les six mois suivant le sondage. La preuve selon Quentin Hellec que « les problématiques liées aux SI en dépassent peu à peu les frontières ». C'est d'autant plus vrai depuis la réalisation de l'étude : « il y a une vraie prise de conscience dans les directions générales », affirme le chargé d'études de Voirin, qui continue de suivre les tendances du secteur.

Une autre possibilité d'amélioration se trouve évidemment dans la formation universitaire, avec laquelle les passerelles sont encore trop peu établies. « Les entreprises ont un intérêt à construire des projets avec les universités et les écoles », conclut Quentin Hellec. Un bon moyen de trouver des pistes d'innovation, mais aussi et surtout de trouver et façonner ses futures recrues directement à la source.

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