Tribunes

La « GY », quatrième partie prenante au SI de l'entreprise

La « GY », quatrième partie prenante au SI de l'entreprise

L'état d'un régime de gouvernance de systèmes d'information (SI) passe par une analyse des relations entre parties prenantes au SI et la trilogie « DG-DM-DSI » est souvent utilisée. Le développement du Cloud Computing couplé à la montée de la génération Y (« GY »), qui comptera plus d'un actif sur deux en 2015, pourrait se traduire en une quatrième partie prenante,  la communauté des nouveaux utilisateurs de SI.

PublicitéOn pourrait faire remonter la phase de maturité de la gouvernance de systèmes d'information (SI) en France avec la création de l'IGSI en mai 2004 [1], une époque où le Cloud Computing, l'Open Source et les architectures orientées services (SOA) étaient en gestation. Le développement de ces dernières invite à revisiter la gouvernance de SI [2] [3].

Deux modèles de gouvernance

Ainsi, lors de la séance d'ouverture de l'assemblée générale de 2010 du CIGREF, le professeur Venkatraman a été cité lors d'une intervention. Avec C. Henderson, celui-ci est l'auteur d'une réflexion  publiée par IBM en 1993 [4] et avançant quatre perspectives d'alignement (« perspectives  of alignment») désignées par « Strategy Execution », « Technology Transformation », « Competitive Potential » et « Service Level » mettant en jeu quatre parties prenantes.
Représentées en damier, ces parties sont définies par une double césure de l'entreprise : la première (« Fonctional Integration ») est tracée entre le métier (« Business ») et les systèmes d'information (« IT ») ; elle rend compte de l'intégration entre la fonction métier et la fonction SI ; la seconde (« Strategic Fit ») sépare le niveau stratégique (« External ») du niveau exécutif (« Internal ») ; elle mesure le couplage entre la stratégie et les opérations. Les  quatre perspectives d'alignement naissent en déterminant parmi les parties prenantes l'origine d'une décision pour un nouveau service SI ainsi que son cheminement. Alliant pertinence et esthétisme, ce modèle est la source de nombreuses études académiques et a inspiré des études pratiques.

Nous retiendrons ici une étude réalisée conjointement en 2004 par le CIGREF et McKinsey [5]. Cette étude observe quatre « domaines d'activités pour les DSI » qui, disposés également en damier, sont regroupés deux à deux pour donner naissance à quatre « grandes facettes du rôle de la DSI ».  Trois facettes sont rapprochées de trois « modèles de relations » caractérisés par la « focalisation des interactions » entre la direction générale (DG), la direction métier (DM) et la direction des systèmes d'information (DSI).  Ces modèles sont désignés par « Résoudre le problème informatique », « Optimiser les investissements informatiques » et « Transformer l'entreprise à l'aide des systèmes d'information ».

Génération Y et Cloud Computing

En septembre 2009, le CIGREF organisait un premier colloque dans le cadre de « Information System Dynamics », un programme international de recherche sur les dynamiques des usages des systèmes d'information. Y était présenté un premier exercice de prototypage avec un panel de la génération Y constitué  par des collaborateurs des entreprises du CIGREF.

La génération Y désigne pour les sociologues les personnes  de 15 à 30 ans qui ont grandi avec le PC et l'Internet : elles ont utilisé des services d'achats électroniques, vécu le support après vente des opérateurs télécoms,...Mais également, les éléments les plus jeunes ont utilisé pendant leur formation les services Cloud Computing destinés aux professionnels : services d'annuaire de relations professionnelles, de veille économique, de promotion de CV, d'édition personnelle, de communication à l'intérieur d'un groupe fermé...

PublicitéAinsi, préalablement à leur entrée dans l'entreprise, ces éléments ont acquis des connaissances sur les services d'information et de communication ainsi qu'une réelle expérience d'utilisateurs de SI ; ils se sont forgés des convictions et des attentes ; enfin,  ils embarquent leurs propres systèmes d'information et de communication personnels.  

Régime de gouvernance de SI

En 2015, la génération Y comptera un actif sur deux. Pour les entreprises souhaitant puiser dans la richesse Y, la gouvernance de SI devra évoluer. Comment représenter ces nouveaux utilisateurs ? Quelle place donner à la génération Y (« GY ») dans les instances de gouvernance de SI ?

Jusqu'à présent, la gestion de SI pouvait se décider au sein d'un comité de pilotage articulé autour de la DG, de la DSI et des Directions Métiers. Pour assurer une bonne contribution de la communauté des nouveaux utilisateurs aux performances de SI, donner un siège à la GY  dans les organes de gouvernance ne sera peut être pas suffisant. Instaurer un régime de gouvernance de SI où la GY pourra se reconnaître pourrait être opportun.

[1] Rapport annuel CIGREF 2004.
[2] « Une gouvernance différenciée pour le cloud computing », Tru Dô-Khac, Cio-online, 4 octobre 2010.
[3] « Les régimes de gouvernance SOA, Tru Dô-Khac, Cio-online », 18 octobre 2010.
[4] « Strategic Alignment: leveraging information technology for transforming organizations ». C. Henderson, N. Venkatraman, IBM Systems Journal, Vol 32, N°1, 1993.
[5] « Dynamique des relations autour des systèmes d'information dans les équipes de directions des grandes entreprises françaises », Livre blanc, CIGREF McKinsey, Septembre 2004.

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