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Chez Aïda Kreuzfahrten, la croisière se connecte

Chez Aïda Kreuzfahrten, la croisière se connecte
L'Aïda Bella, un des onze navires de la flotte d'Aïda Kreuzfahrten. (Photo Aïda - Julian Gloeckner)

Le croisiériste allemand Aïda Kreuzfahrten transforme complètement l'infrastructure réseau d'un navire en deux semaines. Au programme, open roaming, VXLAN, partage optimisé de la bande passante, etc. et le pilotage du projet depuis un jumeau numérique.

PublicitéEn 2026, même les passagers d'une croisière sillonnant les mers du globe s'attendent à disposer d'un WiFi efficace, partout, à tout moment. C'est une des raisons pour lesquelles Gordon Poppe, DSI du croisiériste allemand Aïda Kreuzfahrten et son équipe, se sont lancés dans la transformation d'un gigantesque navire, véritable ville flottante, en un site ultra-connecté. Un défi d'autant plus important que la mise en oeuvre devait se dérouler en un temps record de seulement 14 jours. C'est le temps d'immobilisation maximum que l'entreprise s'autorise, une fois tous les 5 ans, pour l'inspection et les travaux techniques de chacun de ses 11 paquebots, comme l'Aïda Bella.

La DSI profite elle aussi de cette courte mise en cale sèche, pour déployer certains projets informatiques d'envergure. Et c'est le cas de la récente modernisation des infrastructures réseau à bord. Cela se traduit entre autres par le remplacement de 60 km de fibre optique pour passer du multimode au monomode, et le déploiement d'un Wlan en open roaming (connexion automatique au WiFi) et d'un réseau virtualisé VXLAN. Pour garantir que l'opération se déroule sans faille, Gordon Poppe et son équipe informatique ont créé Aïdaqube, un jumeau numérique qui simule à l'identique, à terre, l'infrastructure IT des navires. Ce jumeau reproduit les systèmes IT et leur comportement, mais intègre aussi l'environnement complet du navire, des cabines passagers aux systèmes de télévision en passant par les caméras de sécurité, qui ont tous besoin du réseau.

Tester les installations et les futures applications

L'Aïdaqube remplit simultanément plusieurs fonctions. Il sert, par exemple à tester rigoureusement les installations de base et les correctifs. Elle sert également à tester des configurations spécifiques, les flux de données critiques et les environnements système. De plus, c'est avec ce jumeau numérique que sont créés les manuels d'exploitation et les procédures de déploiement automatisé. De cette façon, une mise à jour peut être réalisée d'un simple clic, sans intervention manuelle des techniciens sur site.

Le jumeau sert aussi à valider les innovations et les futures applications. Aïda Kreuzfahrten établit une distinction claire entre simple cas d'usage et cas apportant de la valeur. « Les cas d'usage sont légion, confirme Gordon Poppe. Mais notre principal défi consiste à identifier, parmi cette multitude de possibilités, les projets qui génèrent une réelle valeur ajoutée pour l'entreprise ou le client. Ils doivent améliorer l'expérience de vacances du client ou rendre les opérations plus efficaces, voire plus sûres. »

4 cas d'usage à valeur ajoutée

Le DSI liste quelques-uns de ces projets.

- Pour optimiser la consommation de carburant, l'IA va calculer la charge moteur optimale du navire en tenant compte des conditions météorologiques, des courants et des facteurs tels que les organismes marins présents sur la coque. L'objectif est d'optimiser le fonctionnement du navire.

Publicité- Une autre IA va calculer les commandes de nourriture et de boissons pour rendre l'approvisionnement plus efficace. L'IA prend en compte des caractéristiques comme la démographie des passagers (par exemple, davantage d'enfants à bord en été) ou les prévisions météorologiques.

- L'utilisation des données et des points de contact numériques, comme l'app mobile Aïda, permet de proposer aux clients des offres individuelles personnalisées, telles que des dégustations de vin ou des soins de bien-être en fonction de leurs préférences.

- Des technologies telles que l'open roaming ou le digital wayfinding (assistance à l'orientation sur le navire ) avec Cisco Spaces, sont destinées à offrir au client une expérience utilisateur fluide pendant son voyage.

Liberté de mouvement sur le navire

Gordon Poppe est particulièrement fier de la mise en oeuvre de l'open roaming, « d'autant que nous sommes les premiers à le déployer à bord d'un navire de croisière ». Cependant, la connexion WiFi automatique ne représente que la moitié du chemin parcouru ; de nombreux défis restent à relever. Le premier consiste à fournir un accès internet rapide et fiable à un navire en mer. Aïda Kreuzfahrten poursuit une double stratégie technologique pour ce faire : le système VSAT classique en orbite géostationnaire et en orbite terrestre moyenne et Starlink en orbite terrestre basse.

Pour garantir une connexion stable, même en cas de fortes tempêtes et de houle importante, l'entreprise exploite des antennes à nivellement automatique. Aïda Kreuzfahrten a aussi imaginé un dispositif ingénieux pour ses antennes Starlink : elles sont montées en biais sur les flancs du navire, de sorte que même en cas de gîte importante. Un des deux côtés bénéficie ainsi toujours d'une vue dégagée sur le faisceau principal du satellite. De cette façon, la disponibilité de la connexion dépasse 99 % avec un taux de panne jugé remarquablement bas par le DSI.

Répartir la bande passante de façon équilibrée

Trois groupes d'utilisateurs à bord se disputent la précieuse bande passante proposée par cette infrastructure.

- Les opérations à bord : cela comprend le trafic business sur le réseau comme la relève de données de télémétrie ou les mails. Mais l'équipage utilise par ailleurs des systèmes en temps réel pour les commandes et la communication interservices, remplaçant ainsi les processus papier et évitant les retards dans les inventaires.

- L'équipage : Internet est le lien précieux entre les employés qui restent à bord pendant plusieurs mois et leurs proches. Et le streaming et les réseaux sociaux ne sont pas considérés comme un luxe, mais un véritable atout pour favoriser la satisfaction au travail.

- Les passagers : ils s'attendent à bénéficier des mêmes performances numériques pendant leur voyage qu'à domicile, comme la retransmission en direct de matchs de football ou d'autres événements, par exemple.

Pour répondre de façon équilibrée à cette demande en bande passante, Aïda a décidé de segmenter le réseau et de le répartir dynamiquement entre l'équipage et les clients. Comme le trafic corporate, des services indispensables à la satisfaction des passagers, tels que la télévision en direct, nécessitent une bande passante garantie. « Pour cela, nous avons élaboré avec Cisco un plan de modernisation complète de l'architecture réseau, qui a été exécuté dans la fenêtre de
14 jours impartie », résume Gordon Poppe.

Mise en place d'un VXLAN

Pour mettre en oeuvre la segmentation prévue, le réseau a été migré vers une infrastructure VXLAN moderne, pour garantir une connectivité standardisée, sécurisée et redondante. La nouvelle architecture bascule aussi les tâches de sécurité du pare-feu directement vers la matrice de commutation. Cela augmente le débit et les performances globales du réseau.

Outre l'open roaming, le cahier des charges exigeait une itinérance sans interruption. Cela signifie la garantie d'une couverture wifi continue sur l'ensemble du navire, de la salle des machines jusqu'au pont niveau 20. Ceci permet aux équipes d'Aïda Kreuzfahrten de réaliser des tâches techniques à distance et aux passagers d'utiliser le streaming et les réseaux sociaux sans interruption.

Mission accomplie en 2 semaines

Plus de 100 points d'accès Cisco ont été déployés à bord du navire et des tests ont rapidement confirmé l'absence totale de déconnexion du réseau. Après 14 jours en cale sèche, pour le DSI et ses équipes, cela ne voulait dire qu'une chose : mission accomplie. Mais d'autres projets se profilent déjà, comme le déploiement d'intelligence réseau directement à bord pour surveiller les performances des navires. Et pour garantir la qualité de service, une analyse plus approfondie et transparente du réseau est prévue. L'objectif principal est une connectivité standardisée, sécurisée et redondante pour l'ensemble de la flotte afin d'accroître la résilience opérationnelle.



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