Le Monde Informatique (groupe IT-News-Info, comme CIO France) a interrogé Massimo Spada sur le déploiement de Microsoft Office 2010/Office Live sur 60 000 postes chez Alstom. Le DSI de l'entreprise détaille les raisons de ce choix.
LMI : Quel était l'objectif d'Alstom dans le cadre de cet appel d'offres qui a notamment opposé Google et IBM à la solution Microsoft ?
Massimo Spada : Nous voulions une suite intégrée capable de résoudre les problèmes d'obsolescence de nos installations logicielles. Notre parc, au niveau bureautique, était équipé des versions 2000 d'Office ainsi que de versions obsolètes de Lotus Notes, et il était grand temps de mettre à niveau l'ensemble des stations de travail. Mais nous voulions aussi développer la collaboration dans l'entreprise, notamment avec la mise en place du programme Alstom Collaborative Way. Il nous manquait les outils techniques pour réellement développer ce plan au sein de l'entreprise. Dans cette optique, nous avons commencé à réfléchir à ce bouleversement il y a environ deux ans, puis il y a un an nous sommes rentrés dans une phase plus opérationnelle, avec par exemple des visites de sociétés en train de mener le même type de projet, des rencontres avec des analystes, etc. Puis il y a quelques mois, on s'est dit qu'il fallait se lancer, prendre une décision rapide cette année. Les outils du « package » de Microsoft répondaient à nos objectifs, et donnaient cette bouffée de modernité à travers le passage sur Online Services. Cette démarche s'inscrit complètement dans notre plan de transformation des systèmes informatiques d'Alstom.
LMI : Pensez-vous que les salariés utiliseront la version Live ?
M.S. : Nous donnons la possibilité à tout un chacun de l'utiliser en tout cas. Au moins pour la messagerie, nous allons passer de Lotus Notes d'IBM à celle comprise dans le package, cela donne un réel sentiment de rupture dans l'entreprise, et l'opportunité d'aller vers une plus grande collaboration. La logique consistait à mettre à disposition des salariés les outils collaboratifs pour en faciliter l'utilisation. De plus, nos messageries se trouvaient sur des serveurs internes, dans plusieurs sites. Là nous passons sur un cloud privé, qui va concentrer toutes nos données, et simplifier le fonctionnement de nos systèmes d'information.
Massimo Spada , 52 ans, diplômé en ingénierie électronique au Politecnico de Milan (1983), a entamé son parcours chez IBM à Milan, travaillant sur les méthodes logistiques. Il rejoint en 1986 la filiale italienne de Merlin Gerin, où il occupe diverses fonctions de responsable logistique et industriel. Nommé en 1992 vice-président industriel, logistique et systèmes d'information de Schneider Italie, il est muté en France en 1997 au poste de directeur des systèmes d'information du groupe à Paris, fonction qu'il occupe ensuite de 2001 à 2005 chez Fiat. C'est alors qu'il est recruté par Alcan Packaging France en qualité de vice-président en charge des technologies de l'information. En 2007, il devient DSI chez Alstom, à Paris, où il mène un projet de réorganisation des systèmes d'information.