A l'occasion de l'annonce de la nouvelle version de la suite bureautique d'Oracle, Linagora a fait le point sur ce qui bloque l'usage du logiciel libre sur les postes de travail dans l'entreprise. La société s'est exprimée lors d'un séminaire organisé le 13 juillet à Paris.
...lorsque les solutions ne sont pas conçues pour Linux, l'utilisateur peut malgré tout lancer l'application via Wine, un programme qui permet de lancer un logiciel en .exe (donc prévu pour Windows) sur un noyau Linux.
Reste que selon Michel Loiseleur, il faut miser sur le progressif. Ce que confirme Guillaume Degroisse : « une entreprise ne va pas passer immédiatement et totalement en Open Source ». Il estime que « de plus en plus d'entreprises passent à l'Open Source pour les logiciels applicatifs et non pour le système d'exploitation ». Tous les secteurs sont concernés. Ces entreprises seraient attirées par une réduction des coûts, liée à l'absence d'achat de licence, par une moindre dépendance de l'entreprise vis-à-vis de ses éditeurs, par des migrations simplifiées ainsi que par l'absence de nécessité de renouveler fréquemment le matériel.
Mais face à ces atouts, le libre présente également des inconvénients. Par exemple, Guillaume Degroisse rappelle la nécessité de mener une conduite du changement en raison d'une perception négative qu'ont généralement les utilisateurs. Et, le libre n'est pas réellement sans coûts. Certes les licences sont gratuites, mais il faut tenir compte des frais induits. Certaines entreprises réclament des services personnalisés, modifient le code source en fonction de leurs besoins. Ces services, eux, impliquent des frais. De plus, Guillaume Degroisse donne l'exemple de la reprise ou du traitement de données issues d'applications spécifiques qui s'obtient difficilement sans perte ni frais. On peut également ajouter le fait - concernant les serveurs, et non mentionné durant la conférence de Linagora - que Oracle par exemple impose à l'entreprise qui choisit la version de sa base de données disponible sous Linux d'installer la distribution de Linux de Red Hat qui s'accompagne d'un support payant !
Rendre l'outil plus intuitif et plus accessible Pour attirer davantage et gagner des parts de marché, « les distributions Linux ont longtemps cherché à ressembler graphiquement à du Windows », s'exclame Michel Loiseleur. « Aujourd'hui, ils se différencient ». Il faut marquer la rupture. « La plus grosse erreur a été de faire un gnome [NDLR : interface graphique de Linux] qui ressemble à Windows » ajoute-t-il. Les gens étant encore plus perdus et essayant de retrouver absolument tout ce qu'ils avaient auparavant. Et ils n'y arrivent pas.
Afin de faciliter le passage à Linux dans l'entreprise, la société Linagora indique qu'elle a fait en sorte que le système d'exploitation communique le moins possible avec l'utilisateur. Car comme le résume Michel Loiseleur, « le DSI attend du « zéro question », il ne veut pas de problèmes avec Linux ». Linagora a donc programmé le système d'exploitation pour que les mises à jour soient automatisées à l'arrêt du poste de travail. L'utilisateur ne peut modifier les paramètres, et s'il le fait, tout est réinitialisé automatiquement avec les paramètres de base, assurant ainsi une uniformisation des postes de travail.