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TotalEnergies met l'archivage SAP au service de sa migration S/4Hana

TotalEnergies met l'archivage SAP au service de sa migration S/4Hana
La raffinerie TotalEnergies de Normandie, à Gonfreville-l'Orcher, qui emploie quelque 1500 personnes. L’énergéticien s’est lancé dans un programme de migration vers S/4Hana, qui court sur 8 ans. (Photo : TotalEnergies)

Pour des contraintes légales, TotalEnergies s'est doté d'une solution dédiée d'archivage des données SAP. Un atout dans le cadre de son programme Dolorean de migration vers S/4Hana, qui entre en phase active en fin d'année.

PublicitéTotalEnergies a commencé à s'intéresser à la sauvegarde de ses données SAP pour des questions de conformité. « Sur toute la durée de conservation légale, nous gardions les copies fiscales de SAP sur des systèmes déconnectés, hébergés par un tiers. Nous devions les maintenir sur des OS non patchés, avec de vieilles versions de bases de données et de SAP », raconte Aurélien Nourry, coach spécialisé dans les grands projets ERP au sein de la division applicatifs, plateformes et solutions de l'énergéticien. Ces 'cocons' de données concernaient des sociétés que TotalEnergies a revendues ou les données de celles qu'il a rachetées. Sans oublier les besoins spécifiques de l'Allemagne, où l'administration réclame des copies des systèmes de production chaque année. Au total, 17 systèmes SAP étaient concernés, pour environ 100 To de données.

En 2025, alors que la salle informatique où sont hébergées ces machines s'apprête elle-même à fermer, le groupe pétrolier bascule sur une alternative logicielle. « Nous avons mis trois ans pour trouver le bon outil », raconte Aurélien Nourry. En l'occurrence Data Fridge de l'éditeur d'origine allemande SNP. « En interne, le projet a été vendu comme une assurance, car l'incapacité à présenter des données peut se traduire par une amende se chiffrant en pourcentage du chiffre d'affaires de la filiale concernée », reprend l'expert. Il permet aussi de se conformer aux contraintes légales de stockage dans le pays des données, exigence qu'on retrouve en Inde, aux Emirats arabes unis ou encore en Tanzanie.

Données sauvegardées accessibles dans l'interface SAP

En amont des migrations, une étude, confiée à KPMG, permet de valider l'immuabilité du stockage sur cette solution logicielle et son acceptabilité dans le cadre des règles d'audit, des prérequis essentiels pour TotalEnergies. Hébergé dans le cloud (sur AWS en attendant une possible bascule vers un cloud de confiance), Data Fridge met à disposition des données structurées, accessibles par les utilisateurs directement dans leur interface SAP habituelle. Comme les données de production. « Là où, auparavant, il fallait jusqu'à 2 jours pour rallumer un cocon, la cybersécurité interdisant qu'on maintienne ces systèmes actifs », souligne Aurélien Nourry.

Certes plus chère de 40% que le maintien des vieux systèmes, la solution permet d'accéder à tout moment aux données sauvegardées à des niveaux de performances pas si éloignées de celles de la production, à condition que le middleware prenant en charge les requêtes ne soit pas, au même moment, mobilisé par une migration de données vers le cloud de SNP. « Le principal point d'attention concerne les transactions spécifiques des métiers. Porter chacune d'elle représente un effort de développement que nous avons estimé à 10 jours homme », précise le responsable. Une clarification des investissements auprès des métiers qui a permis de réduire le nombre de transactions spécifiques d'environ 600 à une vingtaine. « Archiver signifie, sauf exception, rentrer dans le standard SAP », dit Aurélien Nourry.

PublicitéUn caillou dans la chaussure en moins pour le programme S/4

Finalisé fin 2025, le projet, qui a duré environ 18 mois, ouvre aussi des perspectives dans le cadre de la migration de l'énergéticien vers S/4Hana, un programme qui touche une centaine de systèmes existants et qui doit s'étaler sur 8 ans. Conduit par une équipe rattachée à la direction financière, le programme, qui prévoit la construction d'un système entièrement rénové portant les processus clefs du groupe (Greenfield), le projet Delorean, et l'import de seulement une année d'historique, est fortement lié à la stratégie d'archivage associée. Comme le dit Aurélien Nourry, l'existence de la solution Data Fridge « était un caillou dans la chaussure en moins au lancement du programme de migration vers S/4Hana », qui comprend également deux conversions de systèmes ECC (migrations dites Brownfield). Pour le volet sauvegarde, le programme peut s'appuyer sur une mécanique déjà rodée, l'archivage de systèmes majeurs étant assurés par SNP lui-même, tandis qu'Accenture prend en charge les opérations plus routinières. La suite d'outils de l'éditeur d'Heidelberg servant également à l'analyse de la complexité des migrations dans les opérations de conversion d'ECC à S/4.

Reste à déterminer la bonne approche tactique en vue de ces migrations massives. « Soit nous archivons filiale par filiale, soit nous archivons à la fin de l'opération, détaille Aurélien Nourry. C'est un choix économique, entre le coût de projet de l'archivage et la poursuite de l'hébergement des systèmes SAP sur AWS pendant plusieurs années », le temps que s'achève la vaste migration du groupe français. « Quoi qu'il en soit, avec ce programme qui prévoit une première migration fin 2026, nous allons démarrer l'archivage de mastodontes, des systèmes représentant chacun entre 20 et 30 To de données », explique le responsable.

Réduire le coût de la pré-production

Au passage, TotalEnergies va aussi profiter de cette phase d'archivage pour optimiser les données conservées, via un moteur fourni là encore par SNP et calculant le taux d'usage des data. « Ce qui permet à la fois de réduire le coût d'archivage et la durée des projets », reprend l'expert. L'outillage fournit aussi des outils de compression, permettant, par exemple, de réduire la taille des archives les plus anciennes. « Et nous nous servons aussi de ces outils pour effectuer des copies sélectives de données de production vers des environnements de préproduction, ce qui permet de réduire le coût de ces derniers », ajoute l'expert. Et d'anonymiser les données dans la foulée.

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