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Nexity construit sa stratégie IA sur des services managés

Nexity construit sa stratégie IA sur des services managés
Laurent Dirson, directeur des solutions et innovations numériques de Nexity, lors du AWS Summit.

À l'occasion de l'AWS Summit, le promoteur immobilier Nexity a détaillé sa stratégie en matière d'intelligence artificielle générative. Une approche structurée, qui repose sur des choix technologiques assumés et une forte orientation business.

PublicitéPlutôt que de céder à l'emballement de l'IA générative, Nexity fait le choix d'une approche structurée et orientée valeur. Présentée lors de l'AWS Summit, sa stratégie repose sur un principe clair : partir des cas d'usage métiers et sélectionner les projets à fort ROI.

Une démarche guidée par les usages

« La démarche que l'on a prise est de ne pas se lancer tête baissée dans l'IA mais plutôt de partir du business et non pas de la technologie », explique Laurent Dirson, directeur des solutions et innovations numériques de la société immobilière. Pour cadrer ses cas d'usage, Nexity a organisé 14 ateliers réunissant 80 collaborateurs issus de fonctions variées, du siège aux opérations terrain. Résultat : 80 cas d'usage identifiés, dont seulement la moitié relève réellement de l'IA générative. « L'IA ne résout pas tous les problèmes. En revanche, lorsqu'on sait l'utiliser pour les bons cas d'usage, on arrive à obtenir des réponses », insiste Laurent Dirson. À l'issue de cette phase, cinq projets à fort ROI ont été retenus suivis de 5 autres au cours de l'année, avec l'objectif d'en porter une dizaine en production d'ici fin 2025.

Une stratégie installée sur le long terme

Cette stratégie s'inscrit dans une transformation IT engagée de longue date. Dès 2019, Nexity a fait le choix du 100% serverless, fermant ses datacenters et supprimant ses 400 serveurs en agence. Aujourd'hui, cette décision facilite l'adoption de l'IA générative via les services managés d'AWS. « Nous nous sommes contraints à ne pas customiser nos services d'IA, ce qui nous permet de changer de LLM très rapidement », explique Laurent Dirson. Un aspect crucial dans un domaine où les modèles progressent rapidement. Par exemple, l'année précédente, cinq LLM distincts ont été évalués par la société en l'espace de dix mois sur un seul cas d'usage. Nexity s'appuie notamment sur Amazon Bedrock, AgentCore ou encore des services d'IA d'Anthropic, avec une approche modulaire. « Nous ne sommes pas une boîte de tech. Ce qui nous intéresse, c'est de jouer avec ces Lego pour créer de la valeur », dit Laurent Dirson.

L'intégration d'agents directement dans le système d'information pousse Nexity à repenser les architectures. « On passe d'un monde déterministe à un monde non déterministe, ce qui change complètement la donne », souligne le directeur des solutions et innovations. D'où l'importance de bien structurer les données en amont et d'intégrer la sécurité dès la conception. Pour encadrer les usages, Nexity a mis en place un système de "badge" : seuls les collaborateurs formés peuvent accéder aux outils d'IA, dans un cadre sécurisé et responsable.

Le "vendeur augmenté"

Parmi les cas d'usage figure ce que Laurent Dirson présente comme le "vendeur augmenté". Cet assistant permet aux clients de Nexity de rechercher des biens immobiliers en langage naturel, en combinant données structurées, non structurées et prédictives. « On a réussi à résoudre une triple complexité », dit Laurent Dirson. Là où les moteurs classiques reposaient sur des critères limités, l'IA permet désormais des recherches beaucoup plus fines et contextualisées. Une première version doit être déployée fin avril, avec une évolution prévue dès juin intégrant l'interaction vocale. « On prend un système managé, on l'intègre, et en trois mois on est capable de livrer une fonctionnalité », résume le responsable.

PublicitéAu-delà de l'expérience client, Nexity cible également ses processus internes. Par exemple, l'analyse des devis dans les projets immobiliers. Un projet peut générer des centaines de propositions, représentant des milliers de lignes à vérifier. « Actuellement, le lancement d'un projet immobilier nécessite des centaines de devis. Or, ils sont tenus de satisfaire l'intégralité du cahier des charges. On parle donc d'analyse de milliers de lignes de devis. Grâce à l'IA, on identifie automatiquement les anomalies par rapport au cahier des charges. Et chaque anomalie identifiée représente un ROI », souligne Laurent Dirson.

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