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Le Cerib bétonne sa future stratégie d'IA

Le Cerib bétonne sa future stratégie d'IA
Rémi Lannoy, responsable du département Construction numérique et IA du Cerib.

Encore en cours d'homogénéisation de la data du secteur, le centre d'excellence en recherche et innovation de la filière béton acte ses premiers pas vers l'IA. Il confie cette mission à Rémi Lannoy, dont le département s'occupe désormais, au-delà du BIM, de la construction numérique et de l'IA.

PublicitéDepuis fin 2025, le Cerib (centre d'excellence en recherche et innovation pour l'industrie du béton, matériau et construction préfabriquée) se lance dans une stratégie d'IA opérationnelle. Pour cela, il élargit le périmètre de son département construction numérique et BIM, qui devient département construction numérique et IA (CNIA), toujours sous la responsabilité de Rémi Lannoy. Le Centre d'excellence veut exploiter la technologie en interne, principalement pour accompagner les industriels vers plus de durabilité, mais aussi une plus grande réactivité dans un contexte économique tendu. Le Cerib représente un millier de sites sur le territoire, appartenant à environ 500 entreprises.

Pour Rémi Lannoy, l'IA constitue un moyen pour « aller au-delà de notre certitude sur nos sujets. Nous avons entre 60 et 70 ans de pratique sur le béton et nos cerveaux sont en quelque sorte formatés par cette connaissance. Nous savons très bien ce qu'est le béton, ce qu'est la durabilité, ce qu'est la performance du matériau, etc. Mais l'IA pourrait extraire le monde du béton de son carcan analytique et systémique. » Le responsable du CNIA imagine ainsi de cette façon, d'une part, identifier des idées nouvelles, y compris les plus iconoclastes, pour répondre aux enjeux divers du secteur et, d'autre part, s'appuyer sur l'IA pour confronter ces pistes avec la réalité, et sélectionner les plus prometteuses, mais aussi les plus réalistes.

Viser les progrès opérationnels du secteur

Depuis plusieurs années, le département travaille principalement sur le BIM (building information modeling) et des modèles d'homogénéisation des données souvent éparpillées et hétérogènes au sein de la filière, ainsi que sur des référentiels de data cohérents. Objectif : favoriser le partage et l'exploitation de ces données par les acteurs du secteur. Mais pour le Cerib, les travaux autour de l'IA s'inscrivent dans un accompagnement plus directement concret que ceux réalisés sur la data. « Les enjeux de nos expérimentations data étaient plutôt institutionnels et servaient essentiellement à la normalisation, rappelle Rémi Lannoy. Avec l'IA, le sujet principal, c'est la progression très opérationnelle du secteur béton. Et cela s'inscrit dans un contexte économique de baisse de l'activité - le béton ne fait pas exception. Avec l'IA, nous voulons donc arriver à trouver plus rapidement de nouveaux canaux de progression économiques et techniques et apporter aux industriels tous les outils pour réagir encore plus vite. »

Avant d'entrainer ou de déployer des IA, le Cerib doit cependant réaliser un important travail sur ses data. « Nous allons d'abord devoir procéder à de l'archivage documentaire, précise Rémi Lannoy. La démarche va bien au-delà de la simple sauvegarde de documents sur un serveur. C'est une question d'attributs, de droits, de modalités d'interrogation de ces informations. Une fois que ce sera fait - et je ne connais pas encore l'ampleur de la tâche -, pour arriver à interroger ce corpus un peu plus structuré avec de l'IA, nous devrons encore indexer ces documents avec de la métadonnée. »

PublicitéIntégrer des compétences IA en interne

Pour toutes ces raisons, le premier enjeu pour la petite équipe de Rémi Lannoy, qui ne compte que trois personnes (sur un effectif total de 200 au Cerib), va consister à monter en compétences sur le sujet. Depuis six mois, et l'évolution de la stratégie, le responsable du département CNIA se sensibilise et se forme à tous les aspects de l'IA, mais compte aussi recruter dans son équipe des compétences de data scientists, de data analysts, etc. « Pour faire de l'IA, nous allons aussi récupérer des fonctions associées à l'infrastructure, complète-t-il. Cela signifie que, comme beaucoup d'entreprises, nous allons devoir passer d'un service SI en support de l'activité à un SI opérationnel. Nous sommes donc en train de calibrer ce périmètre en nous disant que, d'un côté, nous avons un département hyper opérationnel, en l'occurrence le CNIA, et, d'un autre côté, des compétences de type support, à l'informatique, qui pourraient-elles aussi devenir opérationnelles. »

Le département de Rémi Lannoy travaille ainsi désormais en partenariat avec la DSI et ses sujets sont traités directement au comex. Le responsable du département estime que le Cerib a intérêt, en particulier pour développer des environnements pour la filière, à intégrer des compétences IA en interne, même s'il doit un jour externaliser certaines fonctions. Pour ce faire, il va devoir passer par une indispensable étape d'audit de ses bases de données, de ses processus, de ses compétences pour mesurer le saut à franchir.

« Ma nomination est un signal que l'on envoie à nos industriels, conclut le responsable du CNIA, pour leur dire que non seulement l'IA est importante, mais que nous allons y aller tout de suite, et mettre les moyens nécessaires. C'est un impératif à côté duquel nous ne pouvons pas passer. »

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