Stratégie

Digital Workplace : renforcer et fluidifier les relations entre collaborateurs

Digital Workplace : renforcer et fluidifier les relations entre collaborateurs
De gauche à droite : Aurélie Chandeze (rédactrice en chef adjointe de CIO), Bertrand Lemaire (rédacteur en chef de CIO) et Jacques Cheminat (rédacteur en chef adjoint du Monde Informatique).

Le 1er décembre 2020, CIO a diffusé la webconférence « Digital Workplace : renforcer et fluidifier les relations entre collaborateurs » en partenariat avec Aruba (groupe HPE), Citrix, Dell, Klee Group / Jalios, NXO / Alcatel Lucent Enterprise, Sinequa, Vmware / Computacenter et MyFrenchStartUp.

Publicité« La chance ne sourit qu'aux esprits bien préparés. » Cette célèbre citation de Louis Pasteur a trouvé, avec la crise sanitaire Covid-19, une nouvelle application concrète : la bascule brutale et massive en télétravail a été d'autant plus aisée qu'elle avait été bien préparée. Digital workplace et résilience de l'entreprise se sont retrouvés intimement liés à cette occasion. Au delà de la crise, le développement du télétravail et, plus largement, du travail ubiquitaire, ne peut plus être ignoré. Pour faire le point sur les meilleures pratiques en la matière, La CIO.expériences du 1er décembre 2020 a été sur le thème « Digital Workplace : renforcer et fluidifier les relations entre collaborateurs ».

Cette webconférence a été réalisée en partenariat avec Aruba (groupe HPE), Citrix, Dell, Klee Group / Jalios, NXO / Alcatel Lucent Enterprise, Sinequa, Vmware / Computacenter et MyFrenchStartUp. Son Grand Témoin a été Nadi Bou Hanna, Directeur Interministériel du Numérique. Elle a aussi permis de découvrir d'une part la start-up Atolia, d'autre part les principaux résultats de l'étude CIO La Digital Workplace à l'heure du télétravail généralisé.


« Digital Workplace : Comment réinventer les façons de collaborer ? » se sont interrogés François Guiraud, Directeur du Business Développement & de la Transformation Digitale chez NXO (à gauche), et Moussa Zaghdoud, Head of Cloud Business Unit chez Alcatel-Lucent Enterprise (à droite).

Bien entendu, la crise sanitaire a été un fil rouge de la matinée et la question de l'adaptation brutale au premier confinement au printemps 2020 récurrente. « Pour nous, cela a été relativement simple car nous étions habitués au télétravail et nous avions déjà mis en place des outils collaboratifs » s'est souvenu François Guiraud, Directeur du Business Développement & de la Transformation Digitale chez NXO. Par contre, les méthodes de travail ont dû s'adapter chez cet intégrateur avec l'obligation de prévoir de l'installation à distance plus systématique chez les clients, ce qui a permis que ceux-ci puissent s'adapter rapidement. Cette nouvelle approche, plus efficiente, s'est pérennisée. Pour Moussa Zaghdoud, Head of Cloud Business Unit chez Alcatel-Lucent Enterprise, « au-delà de la préoccupation concernant la santé de nos collaborateurs, nous avons vécu en direct une réelle transformation digitale, avec des outils de connectivité effectivement utilisés. »

Trois enjeux sont à prendre en compte. Le premier est la digitalisation des interactions. « Il faut comprendre que c'est un chantier métier et pas technique » a insisté François Guiraud. La réorganisation des espaces de travail (au sens physique du mot, c'est à dire les bureaux) et l'adaptation des infrastructures IT sont les deux autres. Moussa Zaghdoud a d'ailleurs rappelé : « quand on parle de transformation digitale, le plus important, c'est 'transformation', c'est à dire que l'on parle d'un effort pour changer. Cela implique qu'il ne peut y avoir transformation qu'avec l'adoption de celle-ci par l'utilisateur final, à tous les niveaux de l'organisation. » Pour lui, la simplicité (et son corollaire l'ergonomie) est pour lui une condition de la réussite. Ce qui s'est mis en oeuvre avec la crise a été une accélération d'une transformation initiée précédemment et, clairement, un certain nombre d'acquis devrait être conservé.

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Comment « Déployer un collaboratif ubiquitaire en interne » a été expliqué par Nicolas Houzeau, spécialiste de l'expérience collaborateur chez Citrix.

Il s'agit bien de libérer un potentiel pour les collaborateurs au travers de l'espace numérique de travail. « Le digital workspace est le résultat de trente ans d'évolutions et d'innovations » a constaté Nicolas Houzeau, spécialiste de l'expérience collaborateur chez Citrix. De la simple virtualisation d'un poste, on est ainsi passé à une unification des ressources dont l'accès est rendu simple, au-delà du PC individuel. Cette unification permet d'ajouter des services pour faciliter la vie des utilisateurs et ainsi accroître leur performance. Un exemple typique de cette simplification est celle de l'authentification via le SSO.

Mais on peut aussi aller beaucoup plus loin au travers, par exemple, de micro-applications qui vont permettre de réaliser rapidement des actions récurrentes dans des applicatifs divers sans avoir à les ouvrir, par exemple poser des congés dans le SIRH. Bien sûr, quand l'action n'est pas l'une des actions fréquentes prévues, l'ouverture de l'application complète s'impose. D'une manière générale, il s'agit d'automatiser et de simplifier tout ce qui peut raisonnablement l'être, avec des notifications sur les tâches à faire. Comme il ne s'agit plus de seulement gérer un accès à un datacenter précis (comme il y a trente ans) mais d'accéder à toutes les ressources (notamment SaaS), la sécurité est un aspect essentiel à examiner et à adapter grâce à de multiples outils ajoutés à ce digital workspace.


Cédric Foll, Directeur des Infrastructures Numériques de l'Université de Lille, a détaillé comment l'Université de Lille a mis en oeuvre un collaboratif interne pour 80 000 utilisateurs.

Un exemple de mise en place d'outils de collaboration en ligne a été fourni par l'Université de Lille. Celle-ci est le résultat de la fusion des trois anciennes universités de la métropole nordiste au 1er janvier 2018. Première de France en effectif, 74000 étudiants s'y forment grâce à plus de 7000 collaborateurs administratifs ou enseignants sur une dizaine de sites pour un total de 650 000 m² de bâtiments. 15 000 postes de travail et 3000 éléments actifs de réseau sont gérés par la DSI. « Notre premier enjeu était de nous adapter au nomadisme » a noté Cédric Foll, Directeur des Infrastructures Numériques de l'Université de Lille. Un utilisateur doit pouvoir retrouver ses données sur n'importe quel PC en n'importe quel lieu. Les utilisateurs, d'ailleurs, commençaient à couvrir leur besoin en shadow-IT. Première étape, donc : mise en oeuvre de la solution open-source NextCloud et mise à disposition autant des étudiants que des personnels d'un espace de stockage synchronisé supérieur (et plus sécurisé) que sur les solutions gratuites externes.

Mais ce qui manquait au départ était l'édition de document collaborative. C'est Collabora Online qui a été ajoutée pour cela. Il s'agit de la version « online » de Libre Office qui se connecte nativement avec NextCloud. Plutôt que des briques open-source on-premise, pourquoi ne pas avoir choisi une solution tout intégrée comme proposée par Google ou Microsoft ? Cédric Foll affirme : « nous avions plusieurs raisons pour cela. » Tout d'abord, les prestataires proposent des packages avec des modules pouvant entrer en concurrence avec d'autres solutions déjà en place et dont le remplacement n'avait aucune utilité et le cumul pouvait amener de la confusion. « Il y a aussi une certaine insécurité juridique autour de toutes les solutions des GAFAM ou américaines, d'autant que nous avons à gérer des documents, notamment de recherche, relativement sensibles » observe-t-il également. Enfin, l'université promouvant des formats ouverts, la solution Collabora Online s'est imposée face à son concurrent OnlyOffice qui, au contraire, utilise nativement les formats Microsoft. Et l'architecture choisie il y a un peu plus de deux ans, qui comprend également la messagerie Zimbra, a parfaitement supporté la sur-utilisation liée à la crise sanitaire.


« Digital Workplace : Découvrez comment la Croix-Rouge française a répondu à la crise sanitaire » a été présenté par Tatiana Babsky, Responsable de projets stratégiques digitaux à la Direction de la communication et des affaires publiques de la Croix-Rouge Française (à gauche), et Béatrice Cros, responsable de comptes à la Direction des Systèmes d'Information de la Croix-Rouge Française (à droite), à l'invitation de Klee Group.

La crise sanitaire a aussi entraîné un besoin d'adaptation d'organisations telle que La Croix Rouge, présente dans plus de 190 pays dans le monde. Sa branche française est une association indépendante, avec 17 000 salariés et 60 000 bénévoles dans un millier de sites dont 577 établissements. La Croix Rouge opère cinq métiers : l'urgence et le secourisme, l'action sociale, la formation, l'action internationale et les établissements de soins. A l'invitation de leur partenaire Klee Group, Tatiana Babsky, Responsable de projets stratégiques digitaux à la Direction de la communication et des affaires publiques de la Croix-Rouge Française, et Béatrice Cros, responsable de comptes à la Direction des Systèmes d'Information de la Croix-Rouge Française, sont venus témoigner de l'adaptation de leur organisation. Les outils numériques doivent faciliter la collaboration et le sentiment d'appartenance mais aussi accompagner la transformation numérique.

Techniquement, ces objectifs se traduisent par une plate-forme unique de collaboration avec une gestion des identités pour en garantir la sécurité. Cette plate-forme doit aussi rendre disponible les applications métiers en respectant les profils utilisateurs. « Nous avons voulu faire de notre digital workplace l'outil central de notre communication interne et d'accès aux applications pour les salariés comme pour les bénévoles » a indiqué Tatiana Babsky. Cette digital workplace comprend également un réseau social interne. Du coup, l'outil, bien implanté et largement utilisé, a facilité l'adaptation à la crise sanitaire. Un espace dédié avec une animation quotidienne y a été défini. La plate-forme est construite autour de la solution Jalios intégrée par Klee Group. Le prochain enjeu sera l'intégration du SaaS bureautique Google Workspace (anciennement G Suite) à cette digital workplace. Le replay de la webconférence « Digital Workplace » présente le témoignage intégral des deux responsables de la Croix Rouge Française.


Alain Mercier, Directeur Adjoint des Systèmes d'Information de Grand Besançon Métropole, a détaillé comment le Grand Besançon Métropole s'est adapté à la crise sanitaire en sécurisant le télétravail.

Autre témoignage, celui d'Alain Mercier, Directeur Adjoint des Systèmes d'Information de Grand Besançon Métropole. Cette communauté urbaine est composée de 68 communes et comprend 200 000 habitants, 30 000 étudiants et 11 000 entreprises. Gestion de l'habitat et de l'urbanisme, des transports, de la voirie, de l'assainissement et du développement économique font notamment partie de son périmètre d'action. La DSI de la communauté urbaine est aussi celle de la ville de Besançon et de son centre d'action sociale mais pas des autres communes, même si certains services sont mutualisés. Avant la crise sanitaire, il existait une solution permettant le télétravail et notamment la télémaintenance des installations pour les agents d'astreintes et certains prestataires assurant du support sur les applications métier, à base de connexion par VPN. En 2018, une expérimentation a commencé avec une trentaine d'agents qui a été étendue progressivement jusqu'à 150 agents début 2020. Ces agents disposent de terminaux portables mais, pour candidater, ces agents devaient disposer d'une connexion Internet de qualité suffisante à leur domicile.

Et puis est arrivée la crise sanitaire de mars 2020. L'ensemble des agents s'est retrouvé confiné du jour au lendemain or il fallait assurer la reprise puis la continuité d'activité. « Dans l'urgence, nous avons équipé autant que possible les agents en ordinateurs portables malgré la pénurie mais nous avons voulu leur permettre de travailler avec leur propre matériel, en mode BYOD mais sécurisé » a expliqué Alain Mercier. Durant cette période, Systancia a mis à disposition gratuitement sa solution Systancia Gate. Une fois la décision prise, en un week-end, 300 connexions simultanées ont été rendues possibles. De chez eux, sur leur poste, les agents ont pu dès lors se connecter à leur propre PC fixe professionnel resté dans leur bureau avec un simple navigateur. Le témoignage complet d'Alain Mercier est dans le replay de la webconférence « Digital Workplace ».


« Relever le défi de la digital workplace, grâce à Sinequa » a été explicité par Sébastien Lemarié, Sales Head of Industry chez Sinequa.

« L'objectif d'une digital workplace est de délivrer un environnement de travail numérique où le collaborateur va retrouver l'ensemble de ses activités, applications et données » a alors résumé Sébastien Lemarié, Sales Head of Industry chez Sinequa. Quelque part, la digital workplace est le successeur des anciens intranets, avec beaucoup plus de collaboration, une intégration applicative plus poussée, une SSO (pas toujours exhaustive), etc. Mais l'environnement applicatif est assez varié mais il y a parfois des difficultés d'intégrer effectivement les différentes briques. Parfois, on accède aux différentes briques via une place de marché d'applications.

Unifier l'espace de travail c'est bien. Unifier l'information, c'est mieux. Et c'est là que le rôle d'un moteur de recherche est essentiel. Celui-ci doit être agnostique et intégré à l'ensemble du paysage applicatif. Bien sûr, le moteur doit tenir compte des différentes formes (données structurées, non-structurées...) et des différentes langues, avec une gestion adaptative grâce au machine learning. Au delà de la meilleure expérience utilisateur, celui-ci devant bénéficier d'une transparence quant à toutes les difficultés techniques, il faut aussi une préservation des données avec respect des réglementations type RGPD et donc aucun recours à des clouds non-maîtrisés.


Nadi Bou Hanna, Directeur de la DINUM, a été le Grand Témoin de la matinée pour détailler le Digital Workplace à l'échelle de l'État.

Le Grand Témoin de la matinée a été Nadi Bou Hanna, Directeur de la DINUM (Direction Interministérielle du Numérique). Cette « DSI groupe de l'Etat » anime l'ensemble des DSI ministériels en établissant et contrôlant la stratégie générale mais aussi en apportant une dimension de conseil et d'expertise, notamment dans les grands programmes. La DINUM joue également un rôle d'opérateur de systèmes mutualisés, par exemple avec le RIE (Réseau Interministériel de l'Etat). Enfin, la DINUM dispose d'un fonds d'investissements pour les « start-ups d'Etat ». Bien entendu, la DINUM a dû accompagner l'adaptation des administrations à la crise sanitaire. « Sur les 750 000 agents (en dehors des enseignants), 60 000 environ avait un accès au télétravail complet avant la crise sanitaire » a-t-il relevé. Cette capacité a été multipliée par quatre. Donner à chaque agent l'accès à son e-mail à l'extérieur des locaux ou à un collaboratif, c'est en soi un effort conséquent lorsque l'on est à l'échelle de l'État. Entre le premier et le deuxième confinement, il y a une énorme différence : désormais, tous les services publics sont ouverts.

La DINUM a permis, en deux mois et demi, la généralisation nationale d'une plate-forme de collaboration, Resana, mise en oeuvre initialement en Aquitaine avec un acteur national, Interstice. Nadi Bou Hanna a pu se réjouir : « en quelques semaines, nous avons atteint les 25 000 utilisateurs tout en maintenant un taux de croissance hebdomadaire très soutenu de 2 à 3 % ». Au bout de quatre mois, 200 000 documents étaient partagés sur cette plate-forme. « Le premier ennemi, ce n'est pas Microsoft, Google ou un autre éditeur mais bien le shadow IT » a insisté Nadi Bou Hanna. Il faut donc veiller à ce que les agents disposent des bons outils. Mais la dépendance fournisseur et l'extra-territorialité des clouds sont des points particuliers d'attention. En particulier, une bascule vers une solution de type Office365 est exclue, même si la DINUM n'a pas vocation à devenir éditeur mais plutôt à s'appuyer sur des offres industrielles. Pour la messagerie instantanée, la DINUM avait cependant investi pour développer une offre souveraine en propre. Le témoignage complet de Nadi Bou Hanna est dans le replay de la webconférence « Digital Workplace ».


« Le digital workplace n'existe pas » a provoqué Grégory Gatineau, Category Manager d'Aruba France.

Provocateur, Grégory Gatineau, Category Manager d'Aruba France, a lui prétendu que « Le digital workplace n'existe pas ». « En fait, il n'existe pas parce qu'il est embarqué avec les utilisateurs, ce terme étant au sens large, collaborateurs ou même objets dans le cadre de l'IoT » a justifié Grégory Gatineau. Les collaborateurs ainsi lovés dans le digital workplace peuvent entièrement se consacrer à leur productivité au lieu de réfléchir aux outils techniques nécessaires. Et quand un métier veut déployer un nouvel outil, l'infrastructure ne doit pas être une question ou un problème : elle doit s'adapter, donc être flexible, automatisée et sécurisée, en particulier au niveau du réseau. La bascule brutale au télétravail en lien avec la crise sanitaire est un bon exemple de l'application concrète de cette exigence.

A son domicile, le collaborateur, en utilisant son propre terminal personnel, le cas échéant avec des périphériques propres comme une imprimante, peut, avec cette approche, travailler comme s'il était à son bureau, avec les mêmes niveaux de performance et de sécurité. Pour parvenir à la mise en place de cet objectif, les infrastructures classiques peuvent être enrichies au fur et à mesure de briques successives, pour commencer une unification. Ensuite, la mobilité et la sécurisation des accès avec administration centralisée seront aussi à ajouter.


Benoît Moraillon, Directeur des Systèmes Numériques du Département d'Ille-et-Vilaine, a expliqué comment l'Ille-et-Vilaine s'est adaptée au Covid-19.

La crise sanitaire a supposé une adaptation rapide. C'était l'objet du témoignage suivant, celui de Benoît Moraillon, Directeur des Systèmes Numériques du Département d'Ille-et-Vilaine. Les 4250 agents dépendant de ce Conseil Départemental interviennent sur de nombreux sites et dans de nombreux domaines tels que la protection maternelle et infantile, les collèges, les routes, le patrimoine, le développement territorial... Du coup, la base du SI est son infrastructure réseau afin de desservir tous les sites et les outils collaboratifs. « Avant la crise sanitaire, on avait des serveurs de fichiers, de la bureautique Microsoft classique et du Sharepoint » s'est souvenu Benoît Moraillon. Chance ou anticipation, le télétravail avait été prévu par un vote de l'Assemblée Départementale début 2020, avec une base d'une journée par semaine.

Du coup, Benoît Moraillon s'est réjoui : « nous avons moins ressenti les effets de la crise que d'autres collectivités, simplement parce que nous avions préparé un télétravail élargi ». Mais, quand la crise est survenue, il a fallu déclencher un plan de continuité d'activité avec une priorisation des métiers à passer en urgence sur le télétravail, notamment en les dotant des ordinateurs portables récemment acquis. La DSI s'est constituée en cellule de crise pour configurer les nouveaux terminaux et les remettre aux agents en ordre de priorité. « En Mars, on avait peu d'information sur le virus et nous étions donc en environnement quasiment clinique avec une distribution sans contact » a pointé Benoît Moraillon. Chaque semaine, une centaine de portables était ainsi distribuée. Sans attendre une éventuelle nouvelle crise, la décision a été prise de doter tous les agents d'ordinateurs portables, avec un développement des usages de Microsoft Teams mais aussi du partage de fichiers avec NextCloud. Le témoignage complet de Benoît Moraillon est dans le replay de la webconférence « Digital Workplace ».


« Migrer 90 000 collaborateurs vers le Digital Workplace » a défié Nicolas Guetin, Head of Client Solutions France chez Dell.

« Chez Dell, cela fait une dizaine d'années que l'on a mis en place une stratégie de télétravail pour nos collaborateurs » a observé Nicolas Guetin, Head of Client Solutions France chez Dell. La pérennisation du télétravail au-delà de la crise sanitaire est, selon une enquête mondiale, prévue par 74 % des entreprises (60 % en France) et cette pratique est donc bien partie pour perdurer. 34 % envisagent d'accroître la part du cloud dans leur SI. Une problématique majeure liée à cette évolution des modes de travail, c'est bien sûr la sécurité. Avec la crise sanitaire, 30 000 collaborateurs de Dell ont été basculés en télétravail. D'une part, c'est passé par des terminaux adaptés mais aussi, d'autre part, par une adaptation du SD-WAN sur 176 sites dans le monde et le déploiement d'outils collaboratifs. Le VPN a été mis à niveau pour supporter 90 000 connexions simultanées, ce qui correspond aux besoins de l'ensemble des personnels pouvant désormais télétravailler. Au delà de la bascule en urgence, désormais ce sont 130 000 collaborateurs qui sont en télétravail.

La crise a permis de tirer des enseignements à trois niveaux : environnement physique, dimension culturelle et technologies. Sur le premier point, il s'agit de bien penser à l'emplacement du bureau au domicile et à sa configuration ainsi qu'à des évidences telles que la qualité de la connexion Internet ou la fourniture de casque audio. « Cela paraît anecdotique mais c'est en fait très important » a insisté Nicolas Guetin. Avec la DRH, une discussion a dû avoir lieu sur la limite temps personnel/temps professionnel, problème culturel essentiel car la frontière physique n'existe plus. Enfin, sur le plan technique, des enseignements ont été tirés sur le support à distance et le choix des postes selon le profil utilisateur, de la simple bureautique à des tâches consommatrices de puissance. Tous ces enseignements, bien entendu, ont été utilisés chez des clients ayant les mêmes préoccupations, par exemple dans l'assurance. Nicolas Guetin a conclu : « la pérennisation est une demande des employés, la stratégie étant plus une adoption de travail flexible plutôt que du seul télétravail. »


Sandrine Vara, Présidente de la Commission Numérique du Conseil National des Barreaux, a raconté comment le CNB a permis aux avocats de numériser leur pratique.

La digitalisation peut n'avoir strictement aucun lien avec la crise sanitaire. C'est le cas notamment chez les avocats, ce qui a été décrit par Sandrine Vara, Présidente de la Commission Numérique du Conseil National des Barreaux (CNB). L'actuelle présidente du CNB (jusqu'au 31 décembre 2020), Christiane Féral-Schuhl, intervient d'ailleurs régulièrement dans nos colonnes. Le CNB est un établissement d'utilité publique représentant les 70 000 avocats français et ayant reçu, par la loi, plusieurs missions relatives à l'organisation de la profession. En particulier, le CNB a dans ses compétences le fait d'opérer le système de communication entre les avocats et les juridictions, travaux pilotés et mis en oeuvre par la Commission Numérique.

En 2007, le CNB avait ainsi mis en oeuvre e-Barreau v1. « Il s'agit d'une plate-forme de messagerie sécurisée entre les avocats et les juridictions » a expliqué Sandrine Vara. A ce stade, la communication électronique n'était pas obligatoire et il ne s'agissait de rien d'autre que d'une messagerie. Mais, petit à petit, cette communication électronique s'est généralisée de façon obligatoire. Si la première version continue de répondre aux exigences légales, elle était de plus en plus obsolète techniquement. A l'occasion de la refonte, la plate-forme a été repensée en fonction des attentes en termes d'expérience utilisateur, avec en particulier une approche dossier. D'autres outils se sont également ajoutés en périphérie des fonctions de base. Le témoignage complet de Sandrine Vara est dans le replay de la webconférence « Digital Workplace » où elle explique en détail comment tous les outils ont été intégrés, avec une SSO basée sur une signature électronique qualifiée.


« Libérez vos utilisateurs avec un espace de travail digital, intelligent et sécurisé » a plaidé Adélaïde Maillard, Experte Digital Workplace chez VMware.

Des projets de transformation des outils et des méthodes de travail se multiplient de la sorte. « La technologie fait désormais partie de notre vie quotidienne et les utilisateurs veulent avoir une expérience digitale autant personnelle que professionnelle » a rappelé Adélaïde Maillard, Experte Digital Workplace chez VMware. Les événements divers (sociaux, climatiques...), avec la crise sanitaire du Covid-19 comme summum, ont poussé les entreprises depuis des années à mettre en place des possibilités pour le télétravail. Il y a une conséquence à cela : les équipes IT s'éloignent physiquement des utilisateurs. Les entreprises sont donc à la recherche de solutions pour devenir plus agiles et réactives dans un tel contexte pour maintenir et renforcer la productivité des collaborateurs.

Adélaïde Maillard a résumé : « les utilisateurs doivent pouvoir accéder à des services applicatifs, peu importe où ils se trouvent, peu importe quel terminal -personnel ou professionnel- il utilise. Il s'agit aussi d'améliorer la satisfaction des employés et d'accroître la sécurité dans un contexte de cyber-menaces en forte croissance. » Face à ces enjeux, la digital workplace apporte trois réponses : élever le niveau de l'expérience utilisateur, moderniser les outils (par exemple via la gestion unifiée, la virtualisation, les catalogues applicatifs, le SSO, etc.) et assurer la sécurité de bout-en-bout (notamment avec des droits contextualisés). Un client de VMware a pu déployer plus de 30 000 postes en 15 jours en utilisant cette approche. Ce qui a été déployé à large échelle à cause de (ou grâce à) la crise sanitaire répond en fait aux besoins durables en matière de travail ubiquitaire. La pérennisation semble donc s'imposer.


Guillaume Nominé, PDG Fondateur d'Atolia, a présenté les apports en matière de collaboration unifiée de la solution de cette start-up.

En partenariat avec MyFrenchStartUp, la conférence s'est achevée par la présentation de la start-up Atolia. Celle-ci propose une digital workplace agile et sécurisée pour permettre aux entreprises de travailler en télétravail. L'application se base sur des groupes de travail où des utilisateurs vont collaborer et partager, y compris en travaillant simultanément sur des documents. Les tâches peuvent être affichées sous forme de tableaux ou de diagrammes de Gantt. Bien entendu, Atolia est une entreprise française non-soumise au Cloud Act. La solution peut être déployée en interne on premise même si une version hébergée par le groupe Dassault est disponible en SaaS.

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