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Jacques Attali : « Les logiciels propriétaires sont un obstacle à l'innovation »

Jacques Attali : « Les logiciels propriétaires sont un obstacle à l'innovation »

Lors du Gala des DSI, Jacques Attali participait à une table ronde. L'économiste s'est lancé dans une diatribe contre les rentes de situation.

Le 10 février en soirée, l'Agora des DSI organisait le deuxième Gala des DSI à l'Hôtel Westin à Paris. La première table ronde accueillait l'économiste et écrivain Jacques Attali [en photo] au côté de Jacky Galicher, DSI de l'Académie de Versailles, de Franck Le Moal, DSI de Louis Vuitton Malletier, et du journaliste Martial You [de gauche à droite sur la photo]. Si la table ronde était consacrée au DSI au coeur de la numérisation et de la transformation des métiers, elle a surtout été l'occasion pour Jacques Attali de lancer un pavé dans la mare.

Pour l'économiste, choisir des logiciels propriétaires est une grande erreur pour les DSI. Pour lui, « les logiciels propriétaires sont un obstacle à l'innovation ». Les DSI se doivent donc de choisir des technologies ouvertes, même si le terme « open-source » n'a jamais été prononcé. Les éditeurs de logiciels propriétaires (et surtout de formats propriétaires, subtile nuance non-précisée par Jacques Attali) ont en effet un modèle économique qui repose sur la rente de situation. Or, pour lui, « l'innovation technologique a toujours tendance à casser les rentes ».

Le numérique contre les monopoles

Il se trouve que le 10 février était aussi la journée d'une grève nationale des taxis contre les alternatives qui mettent ces professionnels en difficultés : voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) ou services d'auto-partage notamment. Jacques Attali s'est appuyé sur cet exemple pour illustrer son propos : si les taxis, au lieu de tout faire pour garder leur rente de situation liée à leur statut, avaient cherché à fournir le service aujourd'hui fourni par leurs concurrents, ils n'en seraient pas là. Or, a souligné Jacques Attali, les VTC ou l'auto-partage reposent beaucoup sur des applications numériques, notamment mobiles, qui permettent de disposer du meilleur service au bon moment. Bref, « le numérique casse les monopoles » a-t-il renchéri.

Face au DSI de l'Académie de Versailles, le constat a également été fait que le numérique remet en cause les monopoles ailleurs que dans l'économie. Ainsi, l'enseignant ne peut plus se considérer comme détenteur monopolistique du savoir. Il doit faire face à la concurrence de Google ou de Wikipedia. « Le rôle de l'enseignant doit changer » a insisté Jacques Attali.

Le numérique pour optimiser le temps



Le numérique pour optimiser le temps

Mais le numérique peut aussi aider l'enseignement si celui-ci se transforme. Il a ainsi cité l'exemple : « en Corée du Sud, des gens qui ont deux ou trois heures de transports en comun par jour y préparent des diplômes du supérieur ». Cela implique de pouvoir disposer de solutions d'e-learning mobiles. Chez Louis Vuitton Maroquinier, le numérique a rattrapé des salariés avec des années d'ancienneté dans des métiers très manuels (comme la maroquinerie). Les maroquinières utilisent ainsi le RSE (Réseau Social d'Entreprise) pour transmettre leur savoir et s'échanger de bonnes pratiques.

La mobilité et l'ubiquité des collaborateurs a cependant un revers : le burn-out de collaborateurs sans arrêt sollicités, sans séparation forcée du temps professionnel et du temps personnel. L'ancien conseiller de François Mitterrand ne peut décemment pas accepter un tel recul social. Chez PlaNet Finance, l'organisation non-gouvernementale qu'il a fondé et dirige, Jacques Attali interdit donc aux salariés de répondre aux mails en dehors de leurs heures de travail.

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