SAP sur un cloud de confiance : l'USF attend toujours une offre hexagonale
S'il applaudit les directions prises lors du sommet franco-allemand sur la souveraineté, l'association ne peut que constater l'absence d'hébergement cloud de confiance pour SAP dans l'Hexagone. L'USF compte en priorité sur Bleu pour combler cette lacune l'an prochain.
PublicitéLe club des utilisateurs SAP francophones, l'USF, tire un bilan positif du sommet franco-allemand sur la souveraineté numérique, qui s'est tenu à Berlin le 18 novembre. Un sommet au cours duquel le premier éditeur européen a notamment annoncé sa participation à un consortium européen (un EDIC, European Digital Infrastructure Consortium), aux côtés du Français Mistral, pour bâtir un ERP pour le secteur public dopé à l'IA. Dans un communiqué, l'USF y voit « une réponse concrète aux attentes formulées depuis plusieurs années par les utilisateurs SAP francophones : disposer de services cloud et d'outils d'IA à la fois performants, transparents et conçus dès l'origine pour garantir la maîtrise des données. »
L'USF milite surtout pour l'existence d'une offre permettant d'exploiter SAP sur un cloud échappant aux lois extraterritoriales, en particulier américaines. Comme l'avait déjà expliqué Gianmaria Perancin, le président de l'association dans nos colonnes, cette option intéresse 15% de la base installée présente au sein de l'USF (soit 450 entreprises - dont 75% du CAC 40 - et 50 administrations). A ce jour, une telle option est notamment en cours de déploiement de l'autre côté du Rhin, avec Delos, filiale à 100% de SAP qui s'appuie sur les technologies Microsoft Azure pour proposer un cloud de confiance pour les administrations allemandes.
Bleu ne suffit pas
« En France, ce sera probablement Bleu (la co-entreprise entre Capgemini et Orange qui bâtit un cloud de confiance sur Azure, NDLR) qui proposera les premières offres d'hébergement 'souverain' de SAP », dit Gianmaria Perancin. Reste que, pour l'heure, aucun calendrier précis n'a filtré, celui-ci dépendant surtout de la qualification SecNumCloud de Bleu par l'Anssi, attendue début 2026. Sur cette base, l'USF espère de premières offres d'hébergement SAP sur des environnements certifiés SecNumCloud 3.2 à partir de fin 2026.
Surtout, l'USF aimerait que Bleu ne soit pas la seule option possible pour ce type d'hébergement. « Il faudrait qu'il y ait plusieurs acteurs pour instaurer une concurrence, ce qui donnerait aux entreprises davantage de marges de négociation. En Allemagne, outre Delos, disponible uniquement pour le secteur public, des offres d'hébergement SAP sur des environnements cloud maîtrisés sont disponibles chez T-Systems ou Schwarz IT (qui dépend du groupe de distribution Lidl, NDLR) », souligne Gianmaria Perancin. Et ce dernier de citer, comme autres options possibles dans l'Hexagone, OVHcloud et S3NS, la co-entreprise Thales-Google qui construit un cloud de confiance sur la base des technologies GCP.
Rapprochement franco-allemand : les clubs aussi
En parallèle, l'USF envisage de se rapprocher de son homologue germanophone (le DSAG) pour arriver à une position commune sur l'EDIC regroupant SAP et Mistral. « Ne serait-ce que pour être associés à ces travaux et être consultés quand ce sera pertinent », précise Gianmaria Perancin. Ce dernier se dit notamment attentif aux modalités d'accès aux innovations qui sont censées naître de ce consortium. « Aujourd'hui, les entreprises qui n'ont pas accompli leur migration vers le cloud sont coupées des services d'IA de SAP, rappelle le président de l'USF. Nous sommes toujours en discussion avec l'éditeur pour trouver des moyens permettant aux utilisateurs de SAP d'accéder à ces innovations à leur rythme. »
Article rédigé par
Reynald Fléchaux, Rédacteur en chef CIO
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