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Les DRH français partagés face à l'intelligence artificielle

Les DRH français partagés face à l'intelligence artificielle
Selon l’enquête d’Axys Consultants, les outils d’IA les plus déployés dans la fonction RH sont les bots de gestion des candidatures, suivis par l’analyse de documents.

Une étude réalisée par le cabinet Axys Consultants montre que les DRH français sont assez partagés dans leur perception de l'intelligence artificielle (IA). Jugée utile au quotidien, la technologie apparaît néanmoins comme un risque pour le lien social.

PublicitéAprès une première étude en octobre 2019 sur la manière dont les DRH français perçoivent les solutions d'intelligence artificielle (IA) le cabinet Axys Consultants s'est de nouveau penché sur la question en septembre 2021. Les 162 professionnels des ressources humaines interrogés se révèlent plutôt partagés : si 82% apprécient d'un côté les gains de temps procurés par l'automatisation, 43% redoutent néanmoins une déshumanisation de leur métier, contre un quart seulement en 2019.

Les résultats de l'enquête témoignent d'une légère progression de l'adoption depuis 2019, 13% des répondants ont mis en oeuvre de telles solutions en 2021 contre 11% en 2019. Par ailleurs, 34% ont commencé à travailler sur le sujet, contre 32% précédemment. Enfin, ils sont 48% à déclarer que le sujet n'est pas à l'ordre du jour, contre 55% en 2019. Sans surprise, le premier domaine pour lequel l'IA est jugée utile est la gestion administrative : l'automatisation aide ainsi à simplifier et optimiser ces activités pour 66 % des sondés. Par ailleurs, près de la moitié (49%) estiment également que l'IA permet aux salariés de gérer eux-mêmes leurs congés, carrière ou formation, et tout autant qu'elle les aide à donner leur avis sur l'entreprise, à travers un assistant personnel RH. En seconde place vient le développement du marketing RH (59%). L'enjeu d'attractivité ressurgit également en 4e et 5e position, la technologie pouvant contribuer à la fidélisation des salariés (54%) et au recrutement des meilleurs profils (49%). Enfin, le troisième grand domaine d'application de l'IA concerne la protection des données personnelles et sensibles des candidats/salariés, citée par 57% des sondés.

Redonner du sens en supprimant des tâches fastidieuses

En termes de solutions, les plus souvent déployées sont les chatbots et agents conversationnels pour gérer les candidatures, citées par 44% du panel. Les outils d'analyse et de génération automatisée de documents (37 %) et ceux d'automatisation des tâches administratives (34 %) viennent ensuite, les premiers affichant le plus fort taux de progression (+43%). Un tiers des sondés évoque les assistants personnels RH, dont l'adoption progresse de 36%. Enfin, les outils d'analyse de données pour le prédictif (pour recrutement, formation, mobilité, GPEC), qui étaient peu déployés en 2019, affichent aussi une progression notable, passant de 18 % à 26 % de déploiements. Interrogés sur leurs projets dans les 18 prochains mois, les répondants plébiscitent l'automatisation. Ainsi, plus de sept sur dix devraient être équipés d'outil d'automatisation des tâches administratives, 69% de bots pour gérer les candidatures et 69% de solutions d'analyse et de génération automatisée de documents, pour répondre par exemple aux candidatures.

PublicitéEn 2021, les DRH français sont une majorité à estimer que l'IA va avoir un impact positif sur l'organisation du travail (71 %). Si plus de huit sur dix considèrent que ces outils vont nécessiter une montée en compétence de leurs collaborateurs (81%), 78% estiment que l'IA va redonner du sens à leur travail en supprimant des tâches répétitives et 76% en assistant les salariés. La même proportion (76%) pense toutefois que la vigilance s'impose quand de tels outils sont déployés, notamment sur les conditions de travail et le bien-être des salariés. La moitié des sondés redoutent en particulier des conséquences sur la qualité du lien social, un taux en hausse par rapport à 2019 (où il était de 43%). Les trois-quarts craignent également une hausse notable des demandes de reporting et d'indicateurs de performance RH consécutive aux projets d'IA.

Le coût reste le principal frein

Le principal frein à l'usage de l'IA dans les fonctions RH reste les coûts de mise en oeuvre. Néanmoins, celui-ci a fortement diminué, cité par 73% des sondés en 2019, mais seulement 45% en 2021. Le manque de sponsoring interne est quant à lui pointé par 35% des répondants, tandis qu'environ un quart d'entre eux évoquent le manque de formation technique et la culture d'entreprise.

La pandémie semble avoir joué un rôle d'accélérateur dans ce domaine : 52% des DRH déclarent s'être davantage appuyés sur les solutions d'IA pour les aider durant la crise sanitaire et 23 % auraient même apprécié avoir davantage d'outils à leur disposition. Les solutions les ont notamment aidés pour la gestion administrative (70%), l'onboarding (68%), l'adaptation des formations (66%), la gestion des mouvements de personnel (58%) et enfin la mise en oeuvre des protocoles sanitaires (53%). Enfin, alors même que 50% des DRH interrogés craignent l'impact de l'IA sur le lien social, tout autant indique que ces solutions les ont aidés à préserver ce lien durant la crise sanitaire.

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