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La SACEM face à la tempête numérique

La SACEM face à la tempête numérique

Jean-Noël Tronc, nouveau directeur général de la SACEM, tient la barre dans la tempête numérique. Il veut poursuivre la réinvention de la filière culturelle.

PublicitéDiplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et de l'Essec, Jean-Noël Tronc a toujours eu un important « engagement associatif et citoyen ». Il a travaillé, comme étudiant, pour le Parlement européen, puis chez Andersen Consulting (devenu depuis Accenture) et au Commissariat Général du Plan, avant de devenir conseiller « nouvelles technologies et société de l'information » du Premier ministre Lionel Jospin de 1997 à 2002.
Il dirige aujourd'hui la SACEM où le numérique constitue le défi majeur.

Lire l'interview complète dans CIO.PDF 56

CIO : Pour vous, que change réellement la révolution numérique ?

Jean-Noël Tronc : Plus de complexité des droits mais plus d'utilisation de la musique. Les oeuvres sont de plus en plus morcelées pour leurs droits, comme l'illustre certaines oeuvres de l'électro ou du rap qui font un carrière internationale et où il peut y avoir des dizaines d'ayants-droits concernés. Les droits perçus sont de plus en plus du micro-paiement, quelques millièmes d'euros pour une écoute en streaming par exemple. Et l'univers des terminaux numériques multiplient les conditions différentes d'écoute et de copie. (...)

CIO : Les téléchargements légaux sont-ils plus importants que les titres piratés ?

Jean-Noël Tronc : Oui, c'est plus. La dernière étude sur Bit Torrent en France au premier semestre 2012 montre 67 millions de titres téléchargés. Dans le même temps, 76 millions de titres ont été achetés légalement en téléchargement en France. Et pourtant beaucoup de gens continuent à expliquer que quasiment toute la musique sur le web est piratée. Bien sûr, les formes du piratage sont multiples, mais la tendance au développement du modèle numérique légal est réelle. (...)
Nous devons expliquer la valeur de l'immatériel, et expliquer qu'il n'y a pas la culture d'un côté et le numérique de l'autre. C'est même le contraire, en tout cas en France. Nos industries informatiques et télécoms sont mortes. Ce constat me désole, mais c'est la réalité. En revanche, le numéro 1 mondial de la musique est français. Dans le cinéma, l'édition ou les jeux vidéos, autres industries culturelles, nous avons des champions internationaux. (...)

CIO : Pourtant, vos interlocuteurs changent et vous devez discuter, par exemple, avec Apple pour son service iTunes...

Jean-Noël Tronc : La SACEM a plus de 300 contrats avec les acteurs de l'Internet et du numérique Le contrat avec iTunes date du lancement du service en Europe, en 2004: là aussi, on est loin de l'image reçue de la Sacem. (...)

PublicitéCIO : De fait, la redevance pour copie privée (...)


CIO : De fait, la redevance pour copie privée est combattue par tous les fabricants de matériels. Que répondez-vous à l'accusation de l'augmentation du coût générée par celle-ci ?

Jean-Noël Tronc : D'abord, un petit rectificatif. Ceux qui multiplient les contentieux contre le système de la loi de 1985 se présentent comme des industriels. Or, ce sont de simples importateurs. (...)
S'agissant de l'argument du coût, nous avons fait un comparatif amusant : un iPad 16 Go est plus cher à Londres, où la copie privée n'existe pas, qu'à Paris. Et puis parlons du consommateur : qu'est-ce qui justifie de payer aujourd'hui plusieurs centaines d'euros un mobile multimédia, alors qu'il est souvent bien moins performant d'un point de vue téléphonique qu'un portable qui coûtait le quart du prix, et avait une autonomie quatre fois meilleure il y a cinq ans ? C'est le fait qu'on peut écouter toute sa musique dessus. Sachant que les sommes prélevées reviennent en gros à répartir 1 centime d'euro par chanson entre interprètes, musiciens, auteurs, compositeurs, éditeurs et maisons de disque. (...)

CIO : La mauvaise image de l'industrie culturelle n'est-elle pas liée à la guerre menée contre le numérique au lieu d'accompagner cette évolution de la société ?

Jean-Noël Tronc : Quand j'étais conseiller du Premier ministre, en pleine bulle internet, l'incompréhension face à la révolution internet était assez générale, et pas limitée aux acteurs de la culture. Mais la conversion au numérique de la musique, qu'il s'agisse des maisons de disque, de la Sacem ou des
musiciens eux-même, a déjà plus de 5 ans. (...)

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