Annoncés en cascade chez les acteurs des NTIC, les licenciements surprennent encore moins chez les équipementiers télécoms, chancelants bien avant le déclenchement de l'actuelle crise économique. Ce qui se passe chez Nortel Networks SA dépasse toutefois ce cadre par la mise en oeuvre de procédures juridiques inédites en France et l'impact sur les opérateurs clients du Canadien.
Des représentants CFTC de Nortel reçu par le cabinet de Christine Lagarde
Ensuite, le syndicat relève que des sommes ont été transférées de NNSA France vers NNSA Grande-Bretagne. La France est en effet l'un des quatre centres mondiaux de R&D de Nortel dans le monde. Un contrat permettait à la maison mère d'injecter de l'argent dans ces quatre centres en cas de profit, mais en cas de pertes, c'est l'inverse qui s'applique, permettant à Nortel de rapatrier des fonds. Or, tous les fonds transférés échappent à la procédure en cours et ne serviront pas à indemniser les salariés français.
Le dossier Nortel contient d'autres volets. Les opérateurs télécoms clients de Nortel sont nécessairement très vigilants sur le compte du repreneur. Il en va de la maintenance de leurs réseaux. Quant aux partenaires distributeurs, ils sont déjà inlassablement sollicités par les concurrents du Canadien.
Les représentants CFTC de Nortel ont rencontré vendredi dernier le cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi, pour expliquer la situation et montrer l'ampleur du dossier.