Selon la dernière étude du cabinet Markess International sur le sujet, seules 6% des administrations ne trouvent pas d'innovations en lien avec l'usage de l'open-source.
Le cabinet Markess International vient de publier sa sixième étude sur l'open-source et le secteur public, cette fois intitulée « L'Open Source dans le Secteur Public - Facteur d'Innovation et Nouvelles Approches avec le Cloud Computing ». « En 2010, plus neuf responsables des administrations françaises interrogées (ministères, organismes sous tutelle, collectivités territoriales) sur dix considèrent l'open source comme facteur d'innovation » indique le cabinet.
Il ne s'agit pas d'innovations en termes de technologies mais d'abord en termes d'organisation (67% des répondants) puis d'usages (52%) et de méthodes de conduites de projet (43%). Seuls 6% des répondants ne voient pas dans l'open-source un vecteur d'innovation.
L'open-source permet, pas sa culture propre, de faciliter le travail collaboratif et l'organisation horizontale (par opposition à une vision hiérarchique du travail). La grande flexibilité qu'elle offre amène également à tester de nouveaux usages sans investir lourdement dans des outils propriétaires aux coûts initiaux importants (notamment via des licences onéreuses). Ainsi, la culture propre de l'open-source est un facilitateur de la méthode itérative de création d'un outil informatique. Markess International juge ainsi : « nombreux sont les responsables d'administrations ayant tirés partie de l'open source pour stimuler le lancement de projets qui ne l'auraient peut-être pas été sans ce recours. » Et le cabinet cite les exemples des applications métiers dans les collectivités territoriales et des ENT (environnements numériques de travail).
Le recours au cloud encore marginal
L'autre grande innovation de ces dernières années, l'informatique en nuages, semble destinée à se combiner avec l'open-source. Si seulement 6% des répondants déclarent déjà héberger des applications open-source dans le cloud (avec une avance des collectivités locales sur les administrations centrales), c'est une possibilité qui éveille de l'intérêt chez la plupart des responsables interrogés par Markess International. Ils privilégient d'abord le SaaS open-source et seulement en second lieu l'IaaS.
L'open-source continue sa croissance dans les budgets informatiques du secteur public avec une valeur de 16% du budget global (soit environ un milliard d'euros) et il devrait croître de 15% par an dans les prochaines années.
Fiche technique de l'étude
Le cabinet Markess International décrit ainsi sa méthodologie : « La méthodologie suivie pour réaliser cette étude repose sur une analyse approfondie menée auprès d'organisations publiques (54 interviews en ligne de responsables et décisionnaires réalisées de juin à août 2010, plusieurs centaines d'entretiens qualitatifs conduits tout au long de l'année 2010 avec des responsables d'administrations centrales et locales et portant sur le thème de l'open source, retours d'expérience de projets open source) ainsi qu'auprès de prestataires du marché (30 entretiens en ligne de prestataires disposant d'expertise dans le domaine de l'open source ou en train d'en développer).
Cette étude fait partie du « Service Administration & TIC » de MARKESS International, destinée aux entreprises qui accompagnent l'administration dans sa modernisation ainsi qu'aux responsables en charge de ces projets. »