Les analystes du CXP promettent l'émergence du cloud à tous les étages. Mais celui-ci se fait encore souvent attendre dans les exemples présentés au Forum CXP.
Le Forum CXP présente à chaque édition la vision du monde des progiciels par le cabinet d'analyse CXP. L'axe fort présenté par les analystes, de l'aveu même des orateurs, était le passage des progiciels sur site au mode cloud. Malgré tout, les exemples présentés en appui manquait singulièrement de cloud.
Ce discours général a été renforcé par la présentation en session plénière de Andrès Hoyos-Gomez, directeur associé du cabinet Mc Kinsey : « cloud is in the air » [le nuage est dans l'air]. Si l'orateur reconnaissait le caractère de « buzz word » au terme « cloud » et aux concepts associés, certains vendeurs peu scrupuleux les associant à tout et n'importe quoi, il maintient trois caractéristiques fondamentales au « véritable cloud » : le redimensionnement « à la demande » (scalabilité), l'emploi d'une même implémentation par de multiples utilisateurs (multi-tenant), et un mode de facturation au service rendu (XaaS : Iaas, PaaS ou SaaS). Selon lui, il n'existe pas aujourd'hui d'acteur véritablement dominant dans le monde du cloud et les entreprises peuvent donc y retrouver les bénéfices d'une concurrence qui a pratiquement disparu partout ailleurs. A cela s'ajoutent les avantages classiques : flexibilité, réactivité et coûts étalés dans le temps au lieu d'un gros investissement initial.
Du pire au meilleur
Andrès Hoyos-Gomez a cependant reconnu que le Cloud présentait dans la pratique le pire comme le meilleur. Il a ainsi cité un groupe financier où les responsables centraux s'opposaient pour des raisons de sécurité à l'emploi du cloud par une filiale : après audit, le cloud choisi était plus sécurisé que le système de la maison-mère. A l'inverse, un industriel a totalement échoué dans son implémentation fraîche et joyeuse sur une vision enthousiaste du PDG : cela reste en effet un projet informatique à mener avec sérieux et méthode. Levi's et Pepsi ont, au niveau mondial, été des utilisateurs heureux du SaaS avec une baisse significative du taux de rupture de stock pour le premier et une optimisation logistique pour le second.
Globalement, selon Mc Kinsey, le logiciel en SaaS est globalement mature, avec une certaine variété par domaine : grande maturité pour la GRC ou la messagerie, absence de service convainquant dans la gestion de production, par exemples. Côté IaaS et PaaS, par contre, les PME peuvent trouver des offres dédiées à leurs cas assez matures mais pas les grandes organisations.
Relation clients : le nuage et le social laissent des traces
La « curation » : un buzz-word pour un phénomène vieux de plusieurs siècles
Le terme de « curator » dérive du mot américain signifiant notamment « conservateur » (d'un musée). Mais son emploi actuel comme buzz-word en ferait plutôt un équivalent de « veilleur » sélectionnant des contenus pré-existants et les mettant en valeur à l'attention d'une population intéressée par un thème.
Ce rôle de « curator » se développe en ce moment face à l'« infobésité », c'est à dire la submersion par l'information trop importante. « La plainte concernant la trop grande masse d'information disponible s'entendait déjà au XVIIème siècle et c'est pourquoi, à l'époque, les scientifiques ont développé les index, la prise de note et les résumés » a rappelé Dominique Dupuis, directrice de la recherche au CXP. A cette époque, pourtant, un individu se trouvait soumis durant toute sa vie à une masse d'information comparable à une seule édition du New York Times.
Ce « veilleur » n'a cependant pas un rôle très défini. S'il sélectionne, éditorialise et partage des contenus issus de tiers en engageant sa propre crédibilité, il peut se contenter d'accumuler des liens plus ou moins commentés (sur Twitter, Scoopit...) ou bien mener un véritable travail de documentaliste (en s'aidant de text mining et de catégorisation) voire créer à son tour un contenu de mise en valeur des contenus tiers.
L'exemple le plus développé en France du dernier cas est le site LeMonde.fr où des schémas, des fresques historiques et des diaporamas rassemblent des liens illustrés vers des articles du site autour d'une thématique d'actualité. Le créateur de ces mises en valeur, infographiste, est bien distinct des créateurs des contenus principaux, journaliste.