« Le pilotage par la destruction de valeur » est une nouvelle tendance promue en France par le cabinet Cost House et déjà utilisée à La Poste.
Le SI peut, par ses dysfonctionnements, détruire de la valeur au lieu d'en créer au sein de l'entreprise. Au lieu de le cacher, pourquoi ne pas utiliser cette réalité pour piloter le SI ?
C'est le raisonnement sacrilège tenu par Olivier Brongniart et Joachim Treyer, du cabinet Cost House, qui préparent un ouvrage attendu pour la rentrée 2009 sur « Le pilotage par la destruction de valeur ». Ce cabinet a réuni des DSI, des consultants et des chercheurs au Press Club à Paris le 18 mars 2009 pour présenter la démarche et en discuter.
Si le SI a une valeur qui est surtout une valeur d'usage donc une valeur métier, la mesure de cette valeur et la mesure de sa variation lorsque l'on réalise des projets est très complexe à mesurer. De ce fait, un calcul de ROI n'est pas toujours simple, du moins si on veut être rigoureux. En ces temps de crise, défendre un projet est donc devenu compliqué. « Il est donc plus simple de mesurer la destruction de valeur lié à une absence de projet ou à des dysfonctionnements non-réparés » a soutenu Joachim Treyer.
Jean-Louis Mineo, un autre consultant, a défendu la création de valeur propre à la démarche de pilotage par la destruction de valeur : « comme, pour mesurer le coût d'un dysfonctionnement, on interroge le terrain, on se préoccupe de sa souffrance, la démarche recréé du lien entre la DSI et le terrain, ce qui a, en lui-même, une valeur. »
Ce type de démarche, comme l'a rappelé Stéphane Rouhier, chargé de mission au Cigref, a déjà été employée dans le passé, par exemple pour vendre des projets de sécurité : le projet était rentable par le coût d'un éventuel incident de sécurité, ou d'une insécurité.
Au contraire d'une démarche qualité classique, le « pilotage par la destruction de valeur » ne part pas d'un modèle théorique et des écarts constatés par rapport à ce modèle pour définir une méthode de rapprochement de la réalité de la théorie. Il s'agit bien de partir du terrain, de la réalité et de valoriser en euros, de façon compréhensible par la direction générale, les dysfonctionnements. En rapprochant cette valeur du dysfonctionnement au coût d'un projet, on en constate la rentabilité, donc l'opportunité.
La Poste : un cas d'usage du modèle