Pour garder la richesse de ses multiples intranets tout en partageant les bénéfices des informations qui y sont contenus, Bouygues Construction a installé un moteur de recherche basé sur la solution Sinequa, en le renommant Némo.
Eric Juin insiste : « les finalistes avaient en main dès ce stade le protocole de recette précisant exactement ce que nous allions juger et comment, avec le critère essentiel : la pertinence des réponses aux requêtes. Comme au patinage artistique, un éditeur de logiciel est toujours bon dans les figures libres et on ne peut véritablement le juger que dans les figures imposées. Nous avons identifié trois situations de recherche : je sais exactement ce que je cherche (mais quelle durée cela va-t-il prendre de trouver ?), je cherche qui peut m'aider sur un sujet et enfin je cherche quelque chose sans connaître le bon mot clé. Pour illustrer ce dernier cas, si vous cherchez des informations sur du béton colémanite, il est peu probable que le terme apparaisse dans la base documentaire car tout le monde le désigne sous le terme de béton au borate de calcium... Pour chaque situation, nous avons jugé deux phases : d'un côté sans les aides à la navigation, à la Google ; de l'autre avec ces aides comme les filtres, les indications de nature du document, les suggestions de mots-clés complémentaires etc. L'un des critères importants était aussi la capacité à obtenir des noms de personnes ayant rédigé quelque chose sur un sujet. Or, la grande difficulté, c'est que les chantiers ont généralement le nom de la rue où ils se situent. Nous avons ainsi appris que Charles De Gaulle et Gabriel Péri avaient beaucoup écrit sur les usages du béton... et que nous avions embauché Pierre de Taille, Pierre de Façade et Marjorie Warren, une gériatre anglaise ayant donné son nom à un hôpital que nous avons construit... ».
L'application d'un protocole clair a permis un dialogue avec les éditeurs pour éliminer des aberrations de ce type par un paramétrage approprié de l'outil.
« Chacun des deux candidats avait ses points forts et ses points faibles » juge Eric Juin. Il mentionne par exemple : « Lingway est très bon pour les thésaurus, et nous avons d'ailleurs travaillé avec eux sur ce sujet spécifique, et leur produit est capable de décrire que dans le bâtiment, un corbeau n'est ni un oiseau ni un expéditeur de lettre anonyme mais une partie d'ouvrage et que personne ne s'assoit sur un tabouret. Exalead-Lingway était globalement très bon pour les extractions d'entités et de noms ainsi qu'en ergonomie. A l'inverse, Sinequa était le meilleur en pertinence et en homogénéité des résultats. »
Les éditeurs ont eu des devoirs de vacances pour l'été 2006
Lors du premier bilan des prototypes, le 1er juillet 2006, les éditeurs sont repartis avec des « devoirs de vacances » : l'objectif était de corriger les derniers soucis rencontrés et de faire une proposition financière pour le projet final.