Stratégie

L'ADEN défend un New Deal du numérique devant NKM

L'ADEN défend un New Deal du numérique devant NKM

L'association de fournisseurs et d'institutionnels a remis mercredi 3 juin une lettre ouverte à la secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique.

PublicitéNathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat notamment au développement de l'économie numérique, a été reçue mercredi 3 juin 2009 au deuxième diner du cercle de l'économie numérique organisé par l'ADEN France (Association pour le développement de l'économie numérique en France). Olivier Midière, président de cette association de fournisseurs (éditeurs de logiciels, constructeurs, prestataires de services...) et d'institutionnels (Assemblée des Chambres Françaises de commerce et d'industrie, Afnor, Afnic, Aproged, Fing...), a remis à cette occasion à la secrétaire d'Etat une lettre ouverte défendant un « New Deal numérique à la française ». Le terme créé par Franklin Delano Roosevelt a déjà été largement galvaudé en de multiples occasions. En l'occurrence, l'Aden souhaite « favoriser l'innovation, la croissance et la création d'emplois en France par le numérique ». Sans jamais citer Nikolai Kondratieff ou Joseph-Aloïs Schumpeter (références plus pertinentes que la politique de Roosevelt), cette lettre ouverte s'appuie sur les cycles économiques longs basés sur les révolutions technologiques pour justifier une intervention massive de l'Etat Quatre « priorités nationales » sont ainsi dégagées, chacune divisées en plusieurs mesures cadres. 1 - Mettre en place les piliers d'une économie numérique performante Cette première priorité regroupe le développement des infrastructures très haut débit fixes et mobiles, des « outils de la confiance » de la dématérialisation, du Green-IT et de l'interopérabilité. 2 - Accroître la diffusion des TIC dans les PME Cette volonté de diffusion des TIC dans les PME par une intervention d'Etat n'est pas neuve et plusieurs rapports, missions (comme celle du député Jean-Paul Charié) ou plans gouvernementaux n'ont eu que des effets pratiques assez négligeables alors même que cette diffusion est au coeur de la compétitivité des entreprises. La lettre de l'Aden est muette sur les moyens concrets à mettre en oeuvre en dehors de nouvelles incitations fiscales dont la pertinence budgétaire est discutable en ces temps de déficit, comme l'a rappelé ensuite la secrétaire d'Etat. 3 - Favoriser la croissance des entreprises du secteur des TIC Encore une fois, l'Aden se fait le relai de demandes d'incitations fiscales diverses, issues de nombre d'organisations sectorielles (Syntec, Afdel...). Lorsque, poussant la thématique, Jean Mounet, président du Syntec, a réclamé la déduction fiscale des développements informatiques dit « innovants » sur le modèle du Crédit Impôt Recherche, la secrétaire d'Etat lui a rappelé que c'était la troisième fois qu'elle lui disait publiquement non. 4 - Développer une politique industrielle nationale pour le numérique Olivier Midière a publiquement regretté la disparition et le discrédit du concept même de stratégie politique industrielle d'Etat depuis les années 1970. Dans la foulée des travaux de Kondratieff et Schumpeter, pourtant jamais mentionnés, l'Aden souhaite identifier les opportunités de marchés liés aux nouveaux besoins, identifier forces et faiblesses de l'industrie TIC nationale, sélectionner les marchés sur lesquels les firmes françaises sont les plus pertinentes et enfin favoriser l'émergence de champions français en s'appuyant sur une capacité reconnue de formation. Si la démarche a rencontré un succès certain à l'époque de Jean-Baptiste Colbert, l'expérience Bull devrait refroidir les ardeurs pour ce qui concerne les TIC : le constructeur français a dû son salut et son développement à la fin de toute implication de l'Etat dans son capital et sa stratégie. En réponse à la lettre ouverte de l'Aden, Nathalie Kosciusko-Morizet a vu dans cette démarche un encouragement à sa politique, notamment le plan France Numérique. Après avoir répondu franchement à certaines questions, elle a dû se rendre rapidement à l'Assemblée Nationale qui étudiait une évolution de la législation sur le télétravail. Elle n'a ainsi pas pu répondre de la cohérence de ces belles paroles avec la mise en oeuvre actuelle d'une législation interneticide (Hadopi, Loppsi...).

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