À l'Hopital Foch, des IA opèrent les comptes-rendus cliniques
L'hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine) déploie un système de compte-rendu de consultation par IA auprès de tous ses personnels.
PublicitéChaque année, au sein de l'Hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), près de 300 médecins réalisent 260 000 consultations hors maternité et urgences. Or, la réalisation des comptes-rendus de ces dernières est chronophage pour ces soignants, les personnels paramédicaux et les secrétaires médicaux. Mais ils sont aussi, selon l'établissement, source de stress à la fois pour les personnels médicaux et pour les patients qui peuvent avoir l'impression que leur médecin n'est pas totalement à l'écoute. Pour toutes ces raisons, l'établissement des Hauts-de-Seine a choisi de s'équiper d'ici au mois de septembre 2026 d'une solution de réalisation automatique par IA de ces comptes-rendus cliniques. Il a choisi l'assistant IA destiné à accompagner les personnels médicaux de la start-up suédoise Tandem Health, fondée en 2023 par un ancien de Google X et de Uber avec deux anciens de McKinsey.
À l'Hôpital Foch, l'assistant enregistre la consultation entre le médecin et son patient et la retranscrit en temps réel sous la forme d'un compte-rendu structuré, en s'appuyant sur des normes de classification des maladies, par exemple. L'outil combine pour ce faire la technologie de transcription audio Whisper d'OpenAI entraînée spécifiquement sur des données médicales, dans plusieurs langues, ainsi que du NLP (natural processing language) et un LLM maison pour réaliser le compte-rendu proprement dit. Le résultat est directement interfaçable avec le DPI (dossier patient informatisé).
Une gouvernance IA et données de santé
Reste la question de la sensibilité des informations partagées lors d'une consultation médicale, qu'il s'agisse de données personnelles ou d'informations sous secret médical. Les données de santé engagées dans un traitement par IA sont encadrées par plusieurs règlements et législations. Le RGPD pour commencer, qui les qualifie de données sensibles, et donc protégées en tant que telles, l'AI Act européen et même la loi bioéthique amendée qui impose d'informer le patient sur l'utilisation d'outils d'IA dans les actes médicaux, insiste sur la transparence du traitement et le consentement éclairé des patients. Elle précise également que les professionnels de santé ne doivent utiliser que des systèmes agréés. Tandem Health garantit en l'occurrence ne pas stocker les fichiers audios de façon permanente et n'entraîner ses modèles qu'avec des données médicales synthétiques. L'Hôpital Foch, de son côté, a mis en place une gouvernance spécifique avec un comité multidisciplinaire et travail depuis un semestre avec la société de conseil Ethik-IA, spécialisée dans la conformité à la régulation en la matière.
Un millier de consultations a déjà été réalisé avec l'outil selon l'établissement, en urologie ou en neurologie, entre autres. Après ces premiers tests, l'Hôpital estime que l'assistant médical IA a un effet sur la qualité des soins médicaux, notamment en ce qui concerne l'interaction avec le patient. L'Hôpital compte aussi étendre son usage dans l'année à l'Institut Mutualiste Montsouris (IMM) qu'il a intégré en 2025.
Article rédigé par
Hanna Elgodjam et Emmanuelle Delsol
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