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Jacques Attali et des DSI se confrontent à la criseEdition du 08/12/2008 - par Bertrand Lemaire L'éditeur du générateur d'applications Blu Age, Netfective, a organisé pour la deuxième fois une confrontation autour d'un thème d'actualité entre Jacques Attali et une dizaine de DSI. En lien avec le dernier ouvrage de l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand, le thème était cette fois la crise financière actuelle. Comme lors de la première rencontre de ce type organisée par Netfective, Jacques Attali s'est confronté lors d'un repas-débat à une dizaine de managers des SI de grands comptes privés ou publics ainsi qu'à quelques dirigeants de grands prestataires. Le thème était cette fois, en lien avec le dernier ouvrage de l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand, la crise financière. Comme la fois précédente, nous avons garanti aux participants l'anonymat, à l'exception de Jacques Attali, bien sûr. Si la crise a des origines financières, ses fondements ne sont pas très éloignés des systèmes d'information. Et surtout de nos rapports individuels à ces SI et, au delà, à notre travail. Il reste probablement, pour mieux survivre à cette crise et aux suivantes, à corriger notre attitude... L'IFOP est d'abord intervenue lors de ce débat-repas sur le thème de la perception de la crise par la population. Cette crise est ainsi perçue comme celle d'un système parti en dérive sans aucun contrôle où la réalité a laissé la place à des informations virtuelles. Les systèmes d'information ont ainsi pris le pas sur les réalités concrètes dont ils étaient pourtant seulement les représentations. Ce phénomène est conjoint à une accélération perçue du temps : tout allant de plus en plus vite, ce qui est dit, décidé ou fait un jour peut être totalement obsolète le lendemain. Pour voir les choses venir, il faut donc être en mesure de percevoir les « signaux faibles ». Ce qui rend ce besoin particulièrement délicat à gérer est le décloisonnement des univers : un signal faible dans un univers A (par exemple le secteur immobilier) peut devenir un phénomène de grande ampleur dans un univers B (par exemple : la banque). Malgré tout, la culture actuelle est celle du résultat dans un univers de plus en plus complexe et rapide à changer, ce qui rend la réactivité à la fois nécessaire et risquée. Le rôle des systèmes d'information se retrouve dans une position ambivalente : outils de la flexibilité, de la réactivité et de l'adaptabilité, ils sont aussi quelque part la cause de la crise. En effet, comme nous le mentionnons dans notre dossier « Crise financière : Bâle II inutile ou insuffisamment mis en oeuvre ? » (dans CIO Nouvelle Génération n°1, pages 11-12), tout était en place pour que les décideurs puissent savoir... s'ils le voulaient. « Il est faux de dire que personne n'avait vu la crise et je donne de nombreux exemples de personnes qui ont vu à temps (sans être écoutées) dans mon livre » a martelé Jacques Attali.
Autopsie d'une crise Jacques Attali a pris l'habitude d'écrire rapidement sur des sujets chauds tout en gardant un certain recul, d'être précis tout en étant clair, compréhensible et agréable à lire. Avec cet ouvrage sur la crise, l'habitude est préservée.
Il ne s'agit pas, bien sûr, de trouver dans ces pages le scoop du siècle. Et c'est peut-être là le message le plus important de l'ouvrage : quand il analyse la crise, Jacques Attali démontre que chacun savait ou, du moins, pouvait avoir conscience qu'il savait. Même s'il n'est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre et pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
L'ancien conseiller spécial de François Mitterrand en vient à plaider, pour résoudre durablement les causes profondes des crises financières, pour un état de droit mondial auquel, bien évidemment et par réalisme, il ne croit pas dans l'immédiat.
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