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Éco-stockage : poudre aux yeux ou réalité ?

Éco-stockage : poudre aux yeux ou réalité ?

Stocker intelligemment et écologiquement, sans céder aux modes et aux a-priori.

PublicitéCertains sujets ou concepts suscitent parfois un tel intérêt qu'ils finissent par se transformer en une véritable « campagne » : notre esprit critique disparaît et nous finissons par accepter des idées toutes faites. Que ce soit dans le domaine de la santé (« l'eau en bouteille est plus pure que celle du robinet ») ou de l'informatique (les exemples sont légion), il suffit qu'un groupe de personnes ou d'entreprises suffisamment important conjuguent leurs activités de promotion pour qu'un sujet, quel qu'il soit, devienne un phénomène incontournable. Le respect de l'environnement est le dernier exemple en date dans le domaine de l'informatique et l'un des sujets les plus controversés au sein de la communauté informatique. Alors, poudre aux yeux ou problème réel ? Ce débat s'appuie sur un certain nombre de faits avérés qui ont élevé « l'éco-informatique » au rang de problématique d'entreprise : - La limite imposée à l'ajout d'équipements supplémentaires dans un centre informatique par les capacités maximales de consommation électrique et de refroidissement ; - Le coût consacré en permanence par les entreprises à l'alimentation électrique et au refroidissement de leurs centres informatiques ; - Les nouvelles réglementations et directives promulguées au niveau de l'Union Européenne ou par les différents pays. La remontée du débat sur l'éco-informatique entre la Direction des Services Informatiques (DSI) et le haut management d'une entreprise compte parmi les facteurs qui ont contribué à la « flambée » de ce sujet. Jamais une question technique n'a suscité un intérêt aussi vif auprès des hauts dirigeants d'entreprise dans un laps de temps aussi bref. À n'en pas douter, ceci est en partie dû au fait qu'être « écologique » est positif pour l'image de marque des entreprises. À ce titre, de nombreux Vice-présidents et CEO ont à coeur de s'assurer que l'impact de leur centre informatique sur l'environnement est réduit, voire inexistant. Toutefois, les responsables des centres informatiques et les DSI communiquent-ils efficacement pour établir une éco-stratégie fructueuse ? Les premiers disposent-ils de tous les éléments nécessaires pour débattre de ce sujet avec les seconds et, à terme, neutraliser les émissions de CO2. Les DSI sont-ils au fait de la consommation énergétique de leur infrastructure ? De l'énergie nécessaire à son refroidissement ? En connaissent-ils les coûts ? Savent-ils combien de machines supplémentaires peuvent être installées dans leur centre informatique pour soutenir la croissance de leur entreprise ? Ont-ils créé des outils efficaces pour mesurer le rendement de leur centre informatique ? Grâce à l'activité des fournisseurs de solutions informatiques et de produits de stockage au cours des deux dernières années, de plus en plus de solutions technologiques affichent un grand respect de l'environnement, même si ceci n'est pas si évident à première vue. Le débat sur l'écologie ne se limite pas à la consommation et au refroidissement. En 2005 et 2006, tous les constructeurs dont les produits sont commercialisés au sein de l'Union Européenne ont appliqué la directive RoHS relative à l'élimination des substances nocives dans leurs produits et plusieurs pays européens mis en oeuvre des processus relatifs au recyclage des déchets électroniques. La haute densité de nouveaux composants (serveurs, périphériques de stockage et produits de connectivité) explique en partie la soudaine prise de conscience du problème posé par la consommation et le refroidissement des centres informatiques. Par exemple, un rack de serveurs lames entièrement chargé peut consommer plus de 20 kW - idem pour les périphériques de stockage -, soit une augmentation par un facteur de quatre, six, voire huit, par rapport aux années précédentes. Les centres informatiques les plus anciens ne sont pour leur part pas en mesure de satisfaire de telles exigences. Quelles sont les mesures dont disposent les DSI pour résoudre ces problèmes ? Les médias se sont considérablement intéressés à ce débat et de nombreuses informations sont disponibles à ce sujet sur Internet. Toutefois, pour offrir aux entreprises des éléments objectifs et indépendants, la SNIA a récemment formé la SNIA Green Storage Task Force et un groupe de travail consacré aux aspects techniques, le Green Storage Technical Working Group. Résultat de ces initiatives, l'Association propose d'ores et déjà un tutoriel conçu pour aider les professionnels de l'informatique à mieux comprendre ce sujet. L'industrie du stockage a mis en oeuvre de nouvelles technologies et architectures permettant de réduire la consommation d'énergie et le coût des centres informatiques. Il s'agit par exemple des lecteurs SAS (Serial Attached SCSI) de 2,5 pouces qui réduisent de façon considérable la consommation et les besoins en refroidissement. De même, la dé-duplication des données, la virtualisation et la consolidation du stockage limitent le volume de stockage physique nécessaire, ce qui abaisse le nombre d'équipements utilisés, l'empreinte carbonique des entreprises et, à terme, les frais d'exploitation et les investissements des entreprises. Au-delà des activités de la SNIA, l'initiative « Green Grid » (www.thegreengrid.com) représente une excellente source d'information pédagogique au niveau des centres informatiques. Respecter l'environnement est une attitude valorisante qui permet aux entreprises de réduire à la fois leurs coûts et leur impact sur l'environnement. L'industrie informatique, avec l'appui d'organismes indépendants tels que la SNIA Europe, a déjà accompli d'importants progrès en identifiant les premières mesures pouvant être prises pour contribuer à l'efficacité des centres informatiques sur le plan de la consommation d'énergie et du refroidissement. Progressivement, de nouvelles mesures seront définies pour permettre aux entreprises de connaître avec précision l'origine et l'importance de leur empreinte carbonique en vue de prendre les mesures correctives. Dans l'intervalle, le déploiement de technologies telles la déduplication des données, le Thin Provisioning (allocation des ressources de stockage à la demande) et l'archivage sur bandes permettront déjà aux centres de données de mieux respecter l'environnement.

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