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Ces guerres qui nous attendent : le cyber simple composante de tactiques plus larges

Ces guerres qui nous attendent : le cyber simple composante de tactiques plus larges
Dans ce second volume, le collectif Red Team détaille deux nouveaux scénarios d'anticipation : un conflit où le vivant devient une arme et une guerre où les armées doivent s'adapter au manque d'énergie. (Crédit : DR)

Le collectif Red Team, où des auteurs de science-fiction imaginent avec l'Armée française les conflits de demain, publie un second volume détaillant deux nouveaux scénarios futuristes : des manipulations génétiques massives et une guerre basse énergie.

PublicitéUtiliser l'imagination des écrivains de science-fiction pour éclairer les conflits de demain, sur la base des analyses prospectives du ministère des Armées et de travaux scientifiques. Cette initiative menée par le collectif Red Team débouche sur la publication d'ouvrages détaillant certains scénarios d'anticipation, permettant d'éclairer les menaces pesant sur nos sociétés à l'horizon 2030-2060. Le second ouvrage du collectif, publié fin janvier, explore deux scénarios d'anticipation, élaborés dans une série d'allers et retours entre des autrices et auteurs et des militaires, des échanges éclairés par les experts scientifiques. L'objectif, selon les animateurs du programme Red Team : « traiter des sujets qui sont de réels impensés ».

Ainsi du premier scénario, qui imagine la manipulation à grande échelle des écosystèmes et du vivant. Dans ce futur, une cinquième révolution industrielle, marquée par une hybridation des technologies de l'information et des biotechnologies, donne naissance à des conflits où les bricolages génétiques visent tant à handicaper les capacités d'action de l'ennemi qu'à mettre les écosystèmes au service de son armée. Par exemple, en transformant des végétaux manipulés en radars permettant de détecter les mouvements ennemis. Mais c'est le second scénario qui se révèle le plus éclairant pour la communauté IT. Il décrit un conflit où c'est l'accès à l'énergie qui détermine en premier lieu les capacités d'une armée.

Autoproduction d'énergie et sobriété

Dans un monde ravagé par les crises écologiques, et où les ressources en énergies fossiles sont épuisées, les organisations apprennent la frugalité énergétique, ce qui affecte le développement des usages numériques. Chaque requête sur un moteur de recherche se traduit par un coût énergétique dont doit s'acquitter l'utilisateur. En zone de conflit, dans un monde où tout gaspillage d'énergie est considéré comme criminel, les armées misent sur l'autoproduction - via notamment des combinaisons individuelles récupérant la chaleur du corps et l'énergie mécanique induite par les mouvements - et la sobriété. Elles ont par ailleurs mis au point des tactiques adaptées - intégrant des attaques cyber ou l'usage de nuées de drones - en fonction des niveaux d'énergie dont elles disposent. « Les armées basse énergie ne sont pas nécessairement basse technologie », résument les auteurs.

Il est à noter que, contrairement à certains scénarios développés dans le premier volume publié par la Red Team, le numérique est ici plutôt considéré comme une composante des conflits, sans en être le terrain de jeu principal. Une évolution qu'on peut relier aux réalités de terrain observés dans la guerre en Ukraine, un conflit où le cyber n'est pas absent des opérations militaires mais où il n'y tient pas le rôle central.

PublicitéRed Team
Ces guerres qui nous attendent, 2030-2060, saison 2
Editions des Equateurs
22 €

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