Proposé par Hexagon

Comment l'IT du luxe peut gagner en visibilité sur les opérations et les coûts

Les groupes de luxe ont-ils les moyens technologiques de leurs ambitions ? La question se pose à la lumière d'une étude menée par le Comité Colbert et le cabinet Bain auprès des décideurs du secteur en France. Parmi eux, 37 % estiment disposer aujourd'hui des capacités technologiques et des données nécessaires à la mise en oeuvre de leur stratégie.

Comment l'IT du luxe peut gagner en visibilité sur les opérations et les coûts

L’enquête met également en évidence des budgets contraints par l’existant : si les grands groupes consacrent en moyenne 3,2% de leur chiffre d’affaires à la technologie et aux données, les deux tiers de ce budget sont absorbés par le fonctionnement des systèmes déjà en place.

Historiquement, les investissements sont concentrés sur les activités “visibles”, comme le merchandising ou le service client, au détriment du “cœur de métier”, comme la production ou la logistique : “Les investissements récents sont principalement portés sur l’innovation front-end. Nous entrons désormais dans une phase clé, qui exige une attention renforcée sur la donnée, l’intelligence artificielle, les opérations, la chaîne d’approvisionnement et la transformation du back-office,” confirme un DSI.

L’autonomie des Maisons et ses conséquences technologiques


Du côté des opérations production, logistique, approvisionnement, l’IT du luxe est confronté à plusieurs difficultés.

Le premier est la fragmentation des outils. Des systèmes vieillissants cohabitent encore avec des outils plus récents, créant des chaînes applicatives fragmentées et parfois opaques. Cette superposition de solutions rend plus difficile l’automatisation, ralentit la circulation de l’information et complique l’adoption de nouveaux usages basés sur la donnée, comme la mise en place de l’intelligence artificielle.

 À cela s’ajoutent deux spécificités fortes du secteur :

  • L’autonomie des maisons où chaque marque et chaque atelier a développé ses propres pratiques au fil du temps.
  • Le rythme soutenu des acquisitions, qu’il s’agisse de fournisseurs, de distributeurs ou de maisons emblématiques, comme le rachat de Versace par Prada, qui a eu lieu en décembre 2025.
On obtient ainsi une répartition complexe, avec de nombreuses zones grises entre l’IT groupe et l’IT des maisons. Le groupe est généralement responsable de l’ERP, du système RH et de la gestion du cloud, tandis que les maisons prennent en charge l’appareil de production (MES, PLM) ainsi que la gestion du retail.

Trois facteurs qui fragilisent la répartition des rôles traditionnelles


  1. Cette organisation, longtemps stable, est aujourd’hui fragilisée par trois évolutions majeures : les obligations réglementaires
Face à la multiplication des obligations réglementaires notamment celles liées au Passeport digital de produit européen (DPP), les groupes doivent désormais produire des données fiables et cohérentes à l’échelle mondiale. Mission impossible lorsque les outils sont hétérogènes, les boutiques gérées au cas par cas et les ateliers équipés sans inventaire centralisé. 

  1. La duplication inefficace de pratique
Maintenance des équipements critiques, gestion des boutiques, exploitation des centres de distribution : autant de domaines où la multiplicité d’outils et de processus entraîne inefficacité et coûts supplémentaires.

  1. Le besoin d’outils transverses
S’il est difficile, voire impossible, d’uniformiser les outils liés aux métiers, les grands groupes cherchent en revanche à renforcer l’usage d’outils transverses dans leurs opérations, afin de mieux maîtriser coûts et imprévus. C’est notamment le cas des plateformes de gestion d’actifs (EAM) et de gestion de la qualité (QMS), de plus en plus centralisées, mais configurables pour s’adapter aux spécificités des différents savoir-faire.

L’exemple d’autres secteurs


Bien que fortement présentes dans l’univers du luxe, ces problématiques ne lui sont pas exclusives.

D’autres secteurs confrontés à des chaînes de valeurs étendues et à de fortes exigences qualité peuvent ainsi servir d’inspiration. C’est le cas de la logistique où les systèmes locaux, les solutions maison et les processus papier ont longtemps constitué un frein à la visibilité opérationnelle.

Des groupes comme FM Logistic, acteur international présent dans la logistique omnicanale, de la grande consommation à la santé et au luxe, ont ainsi entrepris de remplacer des solutions disparates à périmètre limité par une plateforme globale, HxGN EAM. L’objectif : centraliser l’information, normaliser les pratiques et soutenir l’excellence opérationnelle dans des environnements complexes à fortes contraintes de temps et de conformité.

Dans un groupe où les marques ont un fort niveau d’autonomie, comme dans le luxe, la force de l’EAM est sa capacité à apporter aussi bien de la valeur au groupe qu’à ses maisons.

Sa mise en place est souvent pilotée par l’IT groupe, car elle permet des bénéfices transverses (gestion d’actifs industriels, boutiques, entrepôts, équipements standards), réglementaires et mutualisables : mêmes processus de maintenance, d’audit, de cycle de vie des actifs. Mais les avantages sont aussi manifestes pour les maisons, qui ont tout à gagner à un taux de disponibilité des équipements plus élevé ou à une gestion simplifiée de la documentation ou de la conformité.

Comment l’appareil de production du luxe se modernise


Le cas récent d’un grand groupe européen de mode en offre une illustration parlante. Face à l’expansion rapide de ses sites de production et de distribution, ses équipes IT ressentaient un besoin accru de visibilité globale, d’audibilité renforcée et de gestion plus prédictive de l’ensemble de leur appareil de production

Le choix du groupe s’est tourné vers HxGN EAM pour développer un registre central des actifs, capable d’harmoniser les pratiques, d’améliorer la collaboration avec les fournisseurs et de réduire les coûts opérationnels. La solution est désormais utilisée dans des dizaines de sites, soutenant à la fois production, distribution, sécurité et ingénierie.

Cette centralisation a aussi renforcé la conformité, facilité le suivi des indicateurs de performance, tout en réduisant le recours au papier et en améliorant l’impact environnemental. L’exemple a été si concluant que le groupe a décidé d’étendre la pratique à la gestion des actifs et de la maintenance en boutique, vivier fréquent d’inefficacité et de gestion réactive.

Ces réussites, dans la logistique comme dans la mode, montrent ce qu’un EAM moderne peut apporter aux maisons de luxe. À mesure que les ateliers, les boutiques et les centres de distribution deviennent plus nombreux et plus connectés, un système centralisé devient indispensable pour garantir cohérence, disponibilité des équipements et qualité irréprochable. En remettant l’EAM au cœur du paysage IT groupe, les groupes peuvent moderniser leur appareil de production, répondre aux nouvelles contraintes réglementaires et soutenir des ambitions créatives toujours plus fortes.

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