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Henri Petitet

Externalisation offshore : cessons de nous voiler la face !

Henri Petitet - Directeur Général de Valtech Technology


(18/08/2008)

La mondialisation des services informatiques est en marche. Pour en profiter pleinement et sortir de la pénurie des compétences, les entreprises françaises doivent tourner le dos à une vision trop restrictive de l'externalisation offshore, pour s'engager dans un véritable plan de redéploiement industriel à l'échelle mondiale de leur informatique.

Un jour, il faut aller en Chine, le lendemain à Poitiers ou Grenoble. Et le surlendemain, c'est à Marrakech qu'il faut installer son centre externalisé de développements informatiques. À lire les enquêtes régulièrement publiées sur le sujet, tout se passe comme si la problématique de l'externalisation offshore devait se résumer au choix d'une destination. Un choix qui s'effectuerait à tâtons, dans le secret des comités de direction, discrétion oblige. Cette obligation de discrétion a largement contribué à créer une vision simpliste du problème.

Dans de nombreuses entreprises, l'externalisation offshore est encore vécue comme une menace par les équipes informatiques, bien que voulue par la direction, confrontée à la problématique de raréfaction des compétences. Dans la plupart des cas, ce conflit d'intérêts a été résolu en déplaçant la responsabilité sur les sous-traitants. Pour être référencés auprès des grands comptes, les SSII et intégrateurs doivent aujourd'hui démontrer leur capacité à externaliser dans une optique toujours globale de compression maximale des coûts.

Le marché français approche du point de rupture

Mais déplacer un problème n'a jamais permis de le résoudre. Et ce sont aujourd'hui les SSII qui sont confrontées de plein fouet à l'effet de ciseaux provoqué par la pénurie des compétences d'une part, et l'obligation de réduire les coûts d'autre part. D'année en année, la situation s'aggrave. En 2006, le taux de chômage des informaticiens en France flirtait avec la barre des 5%, soit deux fois moins que la moyenne nationale (Source ANPE, 2006). Simultanément, la pression accrue sur les coûts continue de réduire la marge de manoeuvre des entreprises et des SSII, et leur capacité à attirer les compétences expertes dont elles ont besoin.

Les deux phénomènes sont intimement liés. Car plus les budgets sont comprimés, moins les rémunérations proposées récompensent la rareté ou l'étendue des compétences demandées. Le risque, c'est celui de l'asphyxie. Même si la profusion de SSII, une spécificité bien française, peut encore faire illusion pendant un certain temps, le marché se rapproche dangereusement d'un point de rupture, où la situation ne sera tout bonnement plus tenable ni pour les uns, ni pour les autres.

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