La succession des réponses nationales indique un probable rejet d'Office OpenXML par l'ISO. La France, représentée par l'Afnor, a choisi un rejet avec des commentaires visant à une refonte technique du projet de norme.
Pour commenter la position de l'Afnor, Olivier Peyrat, son directeur général, avait fait le déplacement lors de la conférence de presse du 3 septembre. Les travaux de la commission de normalisation ont été présentés par son président, Frédéric Bon, PDG de CleverAge, créateur d'un convertisseur OpenDocument/OpenXML.
Aussi bien Frédéric Bon que Olivier Peyrat ont multiplié les précautions oratoires et les préliminaires sur la démarche de normalisation, notamment sur le principe de consensus au sein de la communauté économique du secteur concerné, avant d'annoncer que l'Afnor optait pour un « non avec commentaires ». Cette position est issue de l'absence de consensus au sein de la commission de normalisation et de la décision souveraine de la direction de l'Afnor, Olivier Peyrat insistant sur le fait que ce choix est le plus pertinent pour la prise en compte des commentaires selon les procédures mêmes de l'ISO.
Mais la recommandation de l'Afnor est précise et remet en cause toute la stratégie de Microsoft. En effet, par sa voix, la France demande à l'ISO de scinder Office OpenXML en deux normes : une norme « core » (coeur) d'un côté et des « extensions » facultatives de l'autre (ci-après, respectivement : OOXML-Core et OOXML-Extensions).
Tous les éléments litigieux seraient destinés à être relégués dans OOXML-Extensions : les dessins vectoriels utilisant le format d'origine Microsoft VML, les schémas métier visant à faire de la suite bureautique l'interface unique du SI, l'intégration des formats binaires issus des anciennes versions de Microsoft Office pour garantir la reprise à l'identique de l'existant...
Quant à OOXML-Core, l'Afnor demande à ce qu'il soit l'objet d'une nouvelle rédaction pour intégrer les commentaires et améliorer sa qualité intrinsèque : ne prévoir qu'une seule implémentation par fonction (et non pas deux ou trois possibilités concurrentes), suppression de toute référence à des éléments extérieurs aux formats ISO (reprise exclusive du format de date YYYY/MM/DD, des dessins vectoriels SVG, du système métrique...), etc.
Ce doublon OOXML-Core et OOXML-Extensions pourrait alors obtenir un statut ISO/TS valide trois ans. Les « TS » (« Technical specification ») sont destinées à des standards trop peu matures ou trop mouvant pour faire l'objet d'une véritable norme. Ils sont souvent employés dans l'industrie automobile.