Projets

Munich abandonne Linux

Munich abandonne Linux
Après plus de dix ans sous une distribution Linux, les ordinateurs de la capitale bavaroise vont repasser sous Windows. Ci-dessus, l'hôtel de ville de Munich.

Le conseil municipal de Munich, en Bavière, a voté hier un retour à Windows sur les postes de travail de la ville. Depuis deux ans, des critiques s'élevaient sur l'utilisation de Linux et d'applications open source sur une grande partie du parc informatique municipal, alors que de nombreuses applications spécifiques utilisées par la ville fonctionnent sous Windows.

La rumeur courait déjà depuis deux ans et demi. La ville de Munich, qui exploitait Linux depuis 10 ans sur ses ordinateurs, va lâcher le système d'exploitation open source pour retourner à Windows. Plus précisément, les employés municipaux utilisaient LiMux, une distribution customisée très vantée, ainsi que des applications de productivité open source sur leurs postes de travail. Mais, hier, une majorité de conseillers municipaux ont voté en faveur du développement d'une image cliente Windows standard sur les ordinateurs utilisés par la capitale bavaroise.

Les conseillers ont donné à l'administration la date butoir du 31 décembre 2020 pour déployer une architecture client uniforme basée sur une base Windows nouvellement développée. Le conseil municipal a demandé des fonctions de base : traitement de texte, tableur, logiciels de présentation. Il a également indiqué que des produits standards devaient être utilisés dans l'ensemble de la ville, pour garantir le maximum de compatibilité en interne et en externe, ainsi qu'avec d'autres logiciels tels que SAP.

Actuellement 15 000 postes sous LiMux et 5 000 sous Windows

C'est en 2003 que les conseillers municipaux avaient choisi de migrer les postes de travail de la ville vers des solutions open source. L'objectif était alors d'envoyer un message à Microsoft et à son offre monopolistique, et aussi de faire des économies. La transition n'a toutefois pas été simple. Certaines applications spécifiques à la ville n'ont pas pu être migrées vers Linux et le nombre d'utilisateurs de telles applications, uniquement disponibles sous Windows, augmente. Actuellement, environ 15 000 ordinateurs de la ville tournent sous LiMux et 5 000 sont encore sous Windows. Le fait que le parc se répartisse entre 2 OS a été critiqué au cours des dernières années, en particulier au moment où la mairie a changé de main. La pression s'est alors renforcée vis-à-vis de LiMux.

L'an dernier, Accenture a recommandé de retourner à Windows, dans le cadre d'une étude demandée par le Maire. Le cabinet de conseil a indiqué qu'il serait préférable d'utiliser la suite Office standard de Microsoft. Accenture a calculé que faire fonctionner en parallèle l'open source et les nouveaux clients Windows coûterait initialement autour de 18,9 millions d'euros. L'étude a suggéré que le client LiMux soit amélioré et de reconstruire entièrement le client Windows, mais elle a clairement indiqué que LiMux n'avait pas d'avenir. Certains se sont interrogés sur l'indépendance de cette étude, tandis que d'autres ont demandé si la transition proposée était lié au déménagement du siège social allemand de Microsoft depuis la banlieue vers le centre de Munich. Au conseil municipal, l'opposition estime que ce projet coûterait des millions d'euros à la ville et Florian Roth, du parti des Verts, s'est plaint que le débat ait omis de porter sur les fonctions de LiMux. Il s'est demandé si le retour à Windows était légal vis-à-vis des achats au sein de l'Union européenne sans appel d'offres concurrentiel.

Article rédigé par Martin Bayer / Computerwoche (traduction et adaptation par Maryse Gros)

Partager cet article

Commentaire

Avatar
Envoyer
Ecrire un commentaire...

INFORMATION

Vous devez être connecté à votre compte CIO pour poster un commentaire.

Cliquez ici pour vous connecter
Pas encore inscrit ? s'inscrire

    Abonnez-vous à la newsletter CIO

    Recevez notre newsletter tous les lundis et jeudis

    UTILISATION DES COOKIES

    En poursuivant votre navigation sur ce site,
    vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.

    Pour en savoir plus, consultez notre politique relative à la vie privée.

    La question du moment
    Votre direction générale est-elle sensibilisée au risque juridique et financier lié à la non-conformité GDPR ?