L'annonce de Microsoft sur l'ouverture documentée des API et protocoles de ses principaux produits a été diversement accueillie. Nous ouvrons le débat.
Une annonce importante, mais à relativiser...
On peut légitimement se demander quelle sera la portée de l'annonce de Microsoft ? On peut en effet qualifier la population des millions de développeurs en cinq catégories : les développeurs de Microsoft et de ses grands partenaires qui - directement pour les uns et via les licences pour les autres - ont accès à la documentation de l'éditeur. Dans les deux cas, ils ne sont pas impactés par l'annonce.
La foule des développeurs qui prennent appui sur les plates-formes de Microsoft, mais sans accéder au code de celles-ci, ne seront probablement pas impactés non plus, de même que la majorité des développeurs Linux et Open Source. Qu'iraient-ils se plonger dans une documentation de 30.000 pages pour modifier leur méthode de travail ? Et d'ailleurs en auront-ils le temps ?
Restent les experts du développement Open Source - à peine quelques milliers d'individus capables de retoucher au noyau Linux ou de s'attaquer à une application critique - qui sauront tirer parti de la documentation qui leur est désormais proposée gratuitement. On remarquera cependant qu'au travers des accords passés avec Novell, des distributions Linux, des Samba, MySQL ou Jboss, ils disposent probablement déjà d'un accès certainement plus approfondi que les seuls API et protocoles aux technologies de Microsoft.
Lorsque Steve Ballmer déclare par ailleurs que la décision du géant des logiciels n'aura qu'un impact économique faible sur ses revenus, il ne prend pas trop de risque... En revanche, l'impact sur les développements futurs et sur l'incorporations au sein des plates-formes Windows de programmes en provenance d'autres éditeurs, pourrait bien être sensible, mais délicate à mesurer dans le temps. Microsoft ne se risque pas à effectuer des pronostics...