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Le SI condamné à passer au vert


Edition du 18/08/2008 - par Yves Grandmontagne

Le DSI devient acteur du développement durable

En 2005, chaque utilisateur consommait en moyenne 3 Mo de bande passante par mois ; ce chiffre n'a pas changé, sauf dans sa périodicité : il est passé à 3 Mo par jour en 2007. Des chiffres qui marquent une tendance : la consommation et l'échange de données numériques ne cessent de progresser à un rythme exponentiel, nécessitant la démultiplication des réseaux et de leurs performances, des centres de données et de leurs capacités de calcul.

La contrepartie porte sur l'augmentation de la densité et de la consommation électrique (KW/m2) des équipements IT et des salles informatiques, ainsi que de leur refroidissement.

La consommation d'énergie totale mondiale est évaluée à 16 000 terawatt heure/an soit environ 1 100 milliards d'euros. Si l'on extrait de ces chiffres la seule consommation électrique des serveurs, elle représente 123 milliards de kWh/an, soit 0,8 % de la consommation électrique totale, ou l'équivalent de 15 centrales nucléaires !

Que penser de ces chiffres ? L'équation qui s'offre à nous devient étonnante : la démultiplication des usages et des usagers, et l'évolution des technologies réduisent les dépenses IT à l'échelle de l'individu, tandis qu'elles augmentent singulièrement les dépenses d'énergie et de refroidissement. C'est l'effet ciseau des dépenses informatiques dont l'incidence devient particulièrement sensible.

Pour la DSI également les effets vont se faire ressentir avec de plus en plus d'acuité, d'autant que le périmètre géré par les directeurs informatiques s'est sensiblement modifié, et élargi vers les dépenses de fonctionnement et les communications. Un simple exemple, ils doivent désormais rendre des comptes sur la consommation électrique, alors que celle-ci relevait précédemment des services généraux... Face à l'augmentation de la consommation des centres de données, le coût de l'électrique et du refroidissement limite alors d'autant les investissements dans l'infrastructure informatique.

Résultat annexe de cette équation, la valeur du temps de fonctionnement des équipements est beaucoup plus importante que le coût des équipements eux-mêmes ! "Pour l'entreprise, la boîte coûte plus cher que le contenu, et son entretien coûte également très cher", nous confirme Thibaut Simeon, consultant Critical Building en assistance à maîtrise d'ouvrage du datacenter.

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